J. Weiss.AE
aux trois disciples ; lui-même décrira cette angoisse en traits bien plus forts, au moinsd'après le texte ordinaire, et probablement primitif, du troisième Evangile. Les versets relatifs à la sueur du sang semblent être un développement propre à Luc ; mais la comparaison de ce dernier avec Marc permet de supposer, derrière lun et l'autre, \in récit beaucoup plus simple, où il était question d*ime prière faite par Jésus, pendant que ses disciples veillaient ; au moment où le Sauveur revenait près des siens et les engageait lui-même à se reposer. Judas arrivait avec les satellites pour l'arrêter. Luc se tient plus près de la source que Marc , mais il n'en a pas moins subi l'influence de celui-ci.
Selon les trois Evangiles, Jésus éprouve le besoin d'être seul pour prier, et cependant il souhaite que ses amis ne soient pas trop loin de lui. Dans Marc et dans Matthieu, ayant pris à part les trois disciples, il leur avoue la tristesse qui l'accable, tristesse mortelle * et qui est en effet causée par la perspective de sa mort maintenant imminente. Il faut qu'il se recueille devant son Père, et qu'il surmonte dans la prière cette tristesse qui le pénètre. Il demande à ses disciples de ne pas s'endormir 2, de l'attendre, parce que ce sera une consolation pour lui de les sentir tout près, associés à sa peine, et de converser encore avec eux lorsqu'il reviendra.
Le troisième Évangile, qui ne distingue pas les trois actes de la prière ni les retours successifs de Jésus, lui fait dire à tous les disciples, dès le commencement : « Priez, pour ne pas entrer en tentation 3. » Cette parole, que Luc ramènera encore à la fin du récit *, et que Marc ^ a insérée au milieu, paraît contenir l'idée fondamentale que la tradition a d'abord attachée à la prière de Gethsémani et à la mort du Christ, à savoir, que la mort était la suprême épreuve à
1. Me. 33. xai ^pÇaro ix9a[xpctaeat (cf. ix, 15 ; x,24, 32 ; xvi, 5-6 ; Mt. 37. XujCEtaaai) xal àÔTjfioveiv, 34. xal Xiyei ajToîç 'TrepCXuitt^ç âortv ^ ^X^ l^°" ^^^ OaviTOu (cf. Ps. XLii, 6,7, 12; xLiii, 5 ; Jon. iv, 9).
2. Me. 34 (supr, p. 560, n. 2). Mt. 38. (xeivaTcuiSc xal YpTjyopetTs [jlct' I(xoo.
3. V. 40. Y6vo[XÊvo{ hl snt tou totîou (ce membre de phrase correspond en réalité à Me. 32, supr, p. 360, n. 2; mais Luc ne prend aucun intérêt au nom du « lieu >) ; le membre de phrase précédent ; v. 39 /> : rjxoXou6T)<jav §6 aùxta xal oî fia87)Tat, fait écho, en quelque façon à la conversation que Me. 27-31 a placée sur le chemin de Gethsémani) cIjucv auToîç 'irpcacux^saÔE {jlt) eîaÊXOfiîv lîç 7:sipaa{i.dv.