‹ Les Évangiles synoptiques (volume 4)Chapitre 520 sur 733 · V. 24; supr. 521, n · texte numérisé non relu

V. 24; supr. 521, n

cette supplication, et que, si la nature inférieure demande la vie, c'est la nature supérieure qui se soumet d'avance à la volonté du Père, supposé que cette volonté ,ait décidé la mort sans appel? Selon Marc, Jésus demande et il obtient la grâce d'accomplir sans défaillance le sacrifice exigé par sa vocation. Sa prière est une prière véritable, non une contemplation des décrets divins, censée interrompue par les réclamations de la nature qui ne veut pas mourir.

Les divers éléments qui sont entrés dans la prière du Christ nen sont pas moins reconnaissables. Marc y introduit d'abord le mot araméen abba « père », suivi de sa traduction grecque, conformément à l'usage des communautés primitives, où abba était comme une sorte de terme sacramentel que Ton faisait suivre du mot « père », au vocatif * ; la demande conditionnelle répète en discours direct l'indication de la source - ; la coupe de mort vient de' Paul et de la cène eucharistique ; la soumission à la volonté du Père est un article de rOraison dominicale 3. 11 n'est pas nécessaire que Pierre, Jacques et Jean aient entendu ces paroles à Gethsémani pour que Marc ait pu les écrire.

Matthieu n'annonce pas, comme Marc, l'objet de la prière avant d'en donner la formule. Néanmoins l'espèce de surcharge que présente à cet égard le second Evangile ne laisse pas d'avoir influencé le premier. En effet, au lieu d'écrire : « Éloigne de moi cette coupe », le rédacteur a écrit : « Que cette coupe passe loin de moi * ! » Il emploie, en parlant de « la coupe », le verbe dont Marc s'est servi en parlant de « l'heure » ; mais l'association est moins naturelle, et le verbe <* passer » convient à la métaphore de « l'heure », le verbe « emporter ^ » à celle de la coupe. De même la formule : « s'il est possible », au lieu de : « Tout est possible pour toi », est un écho de Marc : « Il priait que, s'il était possible, cette heure passât loin de lui ^. » Par une sorte de compensation, le rédacteur du premier Evangile donne encore une formule de prière après le

Page 1