Cf. fiupr. p. 566, n
les conditions du travail rédactionnel. La mention du messager céleste ne répugnerait pas à Tesprit de Tévangéliste qui a conduit une foule d'anges à Bethléem, et qui en amènera deux au sépulcre du Christ et à Tascension * ; Ton pourrait même se demander s'il n'a pas voulu compenser l'omission des anges qui, dans Marc et dans Matthieu, servent le Christ au désert, par l'assistance d'un ange dans l'épreuve suprême du Messie '. Ce qui est dit de la sueur de sang n'est pas plus extraordinaire que ce qu'on lit, dans l'Épître aux Hébreux ^, touchant la prière du Sauveur, et on ne voit pas pourquoi Luc n'aurait pu l'écrire. 11 faut avouer seulement que cette addition très colorée, presque violente, contraste passablement avec la sobriété ordinaire de l'évangéliste, surtout dans les récits de la passion.
En ce qui regarde les témoignages externes, la présence de ces versets dans l'Évangile de Luc est attestée par de très anciens Pères, à commencer par saint Justin *. On les rencontre dans le manuscrit du Sinaï et chez les témoins qu'on appelle occidentaux ^. Par contre, ils manquent dans la version syriaque sinaïtique, dans le manuscrit Vatican et les témoins alexandrins ou palestiniens ^, Un groupe respectable de témoins s'oppose donc à un autre groupe non moins respectable. Aucun de ces groupes ne peut être considéré comme une autorité absolue, et l'absence du passage dans le manuscrit Vatican n'est pas un argument plus décisif contre l'authenticité, que le suffrage des témoins occidentaux n'est un argument décisif en sa faveur. L'omission volontaire pourrait s'expliquer aussi bien que l'addition. Sans doute la spéculation chrétienne s'est exercée sur la scène de Gethsémani, et pourrait avoir produit l'addition. Mais on comprendrait aussi que le sens chrétien ait été