‹ Les Évangiles synoptiques (volume 4)Chapitre 555 sur 733 · Sur le lieu ordinaire des séances, cf. supr. p. 19J · texte numérisé non relu

Sur le lieu ordinaire des séances, cf. supr. p. 19J

mais il ne prend pas la peine de dire qu'il s'agissait d'un procès et d'un jugement en forme. Après avoir superposé Tarrivée des sanhédustes k celle de Jésus et à l'entrée de Pierre dans la cour, il montre les juges sur leurs sièges et procédant à l'interrogatoire de témoins ' dont la présence à cette heure, chez Gaïphe, est aussi inexplicable, pour le moins, et pas plus expliquée que celle du sanhédrin. Luc^, qui va raconter seulement le reniehient de Pierre, débute avec plus de naturel en montrant Jésus que la troupe amène chez le, grand prêtre, Pierre qui suit à distance et peut pénétrer jusque dans la cour, les gens qui allument du feu, et Pierre qui vient se chauffer avec eux. Soit pour simplifier la mise en scène, soit plutôt pour corriger le récit de Marc, Matthieu ^ semble dire que le sanhédrin était assemblé chez Gaïphe lorsque Jésus y arriva. Tout est dont prêt pour le jugement, et l'on peut supposer, si l'on veut, que Gaïphe avait convoqué l'assemblée dans la soirée : le tribunal aurait veillé en attendant l'accusé, ce qui n'est guère plus croyable que la venue des juges entre minuit et trois heures du matin.

Le tableau esquissé par Marc et reproduit par Matthieu constitue une sorte de triptyque dont les compartiments se dessinent vaguement, l'interrogatoire des témoins i, celui de Jésus ^, et les violences qu'on lui fait subir'' se succédant sans que le rapport logique des trois scènes s'exprime avec netteté. On dirait que les éléments de ce tableau ont été pris de divers côtés par Tévangéliste, et mal soudés ensemble. Or il se trouve que la première scène se déroule autour de la parole : « Je détruirai le temple, et je le rebâtirai en trois jours », parole que Jésus semble avoir réellemnent dite, et qui fut matière à discussion dans les premiers rapports de la communauté apostolique avec les Juifs '. La seconde scène encadre l'aveu de

1. V. 55. oî hï àpyie^oEÎç xaî oXov tô auviôpiov â^^rJTOuv xaT« tou 'Iiriaou (xapTupi'av et;. tô OatvaxôSaa'. auTov, xai oux TjGpKTxov.

2. V. 54. auXXa|îlovTe; f>ï aùiôv xtX. (supr. p. 592, n. 1). ô ôè Ilérpo; TjxoXouôei paxpoOsv. 55. %6pia'|avTfov 8è jcop xtX. 56.'!oou<ja «5È aùrôv ratStaxr, ti; xtX. Cf. supr, p. 595, n.3.

3. V. 57 (cf. supr. p. 592, n. 2). jcpôç KaY«fav tôv àpy^iÉpia o;rou oî Ypa(ji{A«Tiîç xal oî Tt'ieapÔTepoi (iuvT[yOr,aav. Grâce à la construction artificielle de la phrase, Caïphe a l'air de représenter à lui seul la première classe du sanhédrin, les chefs du sacerdoce.

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