‹ Les Évangiles synoptiques (volume 4)Chapitre 564 sur 733 · z'àpTi. Cf. XXVI, 29 ; xxiii, 39. Voir B. Weiss. E · texte numérisé non relu

z'àpTi. Cf. XXVI, 29 ; xxiii, 39. Voir B. Weiss. E

promettre l'équilibre du discours qu'à exprimer clairement sa propre pensée. Marc a toute chance d'être primitif relativement à lui; mais la déclaration qu'il prête à Jésus représente la foi des premières communautés ; il entend la présenter comme Téquivalent de Taveu qui sera fait devant Pilate à propos de la royauté d'Israël, et sans doute il aura pensé que cette explication anticipée était indispensable. Elle ne laisse pas d'être conforme à l'enseignement de Jésus lui-même, au moins pour ce qui regarde sa place dans la manifestation du royaume céleste.

Tant pour la question du grand prêtre que pour la réponse du Sauveur, les évangélistes ont voulu garder les formes du langage rabbinique, en remplaçant le nom de Dieu par un qualificatif ou un nom abstrait qui en tiennent la place ' . La description de la gloire du Christ est prise du psaume GX ^ ; celle de l'avènement messianique est prise de Daniel '^^^ et veut signifier que Jésus est le Messie annoncé par ce prophète. Le tout offre beaucoup moins de garanties, comme parole du Sauveur, que l'assertion concernant le temple détruit et rebâti. On peut l'expliquer sans recourir à Thypothèse d'un interrogatoire qui aurait eu lieu le matin, en dehors des formes juridiques, pour préparer l'accusation, et où Jésus aurait dit à peu près ce que lui prête Marc ^. Celui-ci paraît avoir pensé qu'un tel interrogatoire n'avait pu avoir lieu le matin, avant le véritable procès que Pilate a présidé. Mais si l'interrogatoire n'a pas eu lieu le matin, il n'a pas eu lieu du tout, et la parole n'a pas été prononcée. Rien n'empêche cependant que le Sauveur ait dit quelque chose de semblable à Pilate, ni que la parole sur le temple ait été rapportée aussi au procurateur. Il est certain que le procès de Jésus devant Pilate a eu lieu selon les formes du droit, et que les Evangiles ne disent presque rien de ce qui s'y est réellement passé.

Luc n'a pas voulu laisser perdre les données du second Evangile,

1. Me. 61. euXo-piTÔç (Mt, 63. Sfio;) ; 62 (Mt. 64). Suvajiiç. Cf. Dalman, I, 163-

2. LXX (cix, 1). xaOou ix Sejicuv {jloj. Noter remploi du mot Suvajxtç (nma) dans le contexte (v. 2).

3. VII, 13. Cf. Me. XIII, 26 ; supr. p. 431, n. 4. Ici comme plus haut, Me. 62, est conforme à Théodotion, et Mt. 64, aux Septante.

4. Cf. supr. p. 599, n. 3. Holtzmann, 102, parait incliner vers cette hypothèse.

et, ne se rendant probablement pas compte de la marche réelle du procès devant Pila te, il a cru pouvoir introduire dans la réunion matinale du sanhédrin ce que Marc avait raconté de sa réunion nocturne. Au lieu de se borner à dire que les membres de l'assemblée, s'étant concertés dès la première heure, traînèrent Jésus au tribunal de Pila te, il les montre faisant comparaître devant eux le Sauveur et l'interrogeant*. Il n'est pa& question de témoins; mais on voit, par la conclusion de l'interrogatoire, que Luc dépend d'une source qui les mentionnait. « Qu'avons-noùs encore besoin de témoignage? '^ » disent ceux qui ont obtenu de Jésus Taveu messianique. L'évangéliste aura donc trouvé que l'interrogatoire des témoins n'était qu'un développement sans intérêt, et peut-être ne se souciait-il pas de reproduire la parole concernant le temple. Pourquoi fait-il interroger le Sauveur par les sanhédristes en général, et non par le grand prêtre seul ? Ce peut être pour la simplification de la mise en scène, et parce qu'il a introduit d'abord « les anciens du peuple, les chefs des prêtres et les scribes »; mais c'est plutôt parce qu'il ne savait pas identifier le grand prêtre de Marc, et qu'il hésitait entre Hanan et Caïphe. La question messianique est posée tout de suite et directement^. Jésus s'y dérobe d'abord par une remarque sur l'inutilité de la déclaration qu'on lui demande : s'il dit lui-même qu'il est le Christ, on ne le croira pas ; et s'il essaie de discuter avec ses interlocuteurs, on passera outre à ses explications^. Bien que tout le sanhédrin soit censé présent, la question ne semble pas posée dans les formes juridiques, et la réponse de Jésus n'est pas non plus celle d'un accusé qui parle à ses juges.

1. V. 66. xai (oç ly^vETi Tjjxipa, TjyrfyOrj tÔ ^rpEJ^utspiov xou Xaou, ipy^iipilç te xai Ypx(xp.itsî;, xal aTCTJyaYov aùrôv et; rô (jjvi^piîv auxfov, 67. XsyovTe;' staj si 6 Xptoroç, cÎTcôv r^jitv.

2. V. 71, xl ETi £)(^ojiiÊV {lapTupiàç yj^iicLy ; auxoi yàp 7)Xouaa{AEv olizo to'j (Ttd^JiaTOÇ aoToO. Écho de Me. 63;i/i/r. p. 609, n. 1. Cf. B.WEiss,L/f. 658, contre J.Wbiss, Lk, 638. Inutile de poursuivre l'interrogatoire des témoins ; mais c'est seulement dans Marc que les témoins ont été entendus.

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