XXIII
Marc, xv, 1-25. Matth. xxvii, 1-31 . Luc, xxiu, 1-25.
Dénoncé par les prêtres comme prétendant à la royauté d'Israël, Jésus a été condamné en cette qualité par le procurateur Ponce- Pilate. La tradition évangélique semble avoir pris à tâche de dégager en cette affaire la responsabilité du magistrat romain, pour imputer uniquement aux Juifs la mort de Jésus. C'est de ce souci, où Ton doit voir sans doute un intérêt du christianisme naissant, que procèdent les modifications qu'ont subies dans nos Evangiles les souvenirs primitifs concernant le procès et la condamnation du Christ.
Marc, xv, 1 . Et dès le matin, après avoir tenu conseil, les chefs des prêtres, avec les anciens et les scribes, et tout le sanhédrin, ayant fait lier Jésus, remmenèrent et le remirent à Pilate.
Matth. xxvu, 1. Et le matin étant venu, les chefs des prêtres et les anciens du peuple tinrent conseil contre Jésus, afin de le faire mettre à mort; 2. et rayant lié, ils remmenèrent à Pilate le gouverneur.
Luc, xxni, I . Et toute leur troupe s'étant levée, ils le conduisirent devant Pilate.
On a pensé que Marc et Matthieu avaient voulu distinguer deux séances du sanhédrin, une séance de nuit dans laquelle avait eu lieu l'interrogatoire de Jésus, et une seconde séance le matin pour prononcer la sentence de mort*. Cette intention des évangélistes est bien loin d'être démontrée. Il est plutôt évident que Marc, ayant placé le reniement de Pierre pendant l'interrogatoire du Sauveur, mais Tayant raconté après, a voulu reprendre la suite de ce qui s'est fait contre Jésus, sans préciser autrement le rapport de la seconde réunion avec la première. 11 ne parait pas possible néan-