‹ Les Évangiles synoptiques (volume 4)Chapitre 629 sur 733 · Cf. V. 25 ; 8upr. p. 666, n · texte numérisé non relu

Cf. V. 25 ; 8upr. p. 666, n

3. Noter l'espèce de reprise et de double emploi qui se trouve dans Me. 34. xai T7) IvatTT) tûpa ÈpdT)9cv 6 'lîjaou; çwvtJ txeYûtXTj, et 37. ô ôè *Iï)^ou; âçslç çtavTjv jieya- Xrjv IÇsTTVÊuasv. Cf. Le. 46, où les deux cris sont réunis en un seul.

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songer aux soldais romains ni au centurion qui présidait au supplice ; mais Simon de Gyrène, qui est allé jusqu'au Calvaire, et qui semble s'être joint plus tard aux disciples de Jésus, a pu suivre jusqu'au bout les péripéties de la passion; c'est par lui ou par d'autres personnes, par exemple des pèlerins galiléens, qui se trouvaient dans les mêmes conditions, que Pierre, dès le jour de la passion, s*il était encore à Jérusalem, et les autres disciples, un peu plus tard, ont pu connaître les quelques incidents qui ont marqué la fin de leur Maître.

Jésus, épuisé déjà par la flagellation, souiFrait en silence les douleurs du crucifiement. La perte de sang, causée par le percement des mains et des pieds, n'était pas mortelle, parce qu'elle s'arrêtait bientôt. L'agonie d*un crucifié pouvait être très longue, et durer même jusqu'à trois ou quatre jours. « La vraie cause de la mort était la position contre nature du corps, laquelle entraînait un trouble affreux dans la circulation, de terribles maux de tête et de cœur, et enfin la rigidité des membres ^ » Jésus goûta toutes ces horreurs, en attendant le dénouement fatal. La vie se retirait de lui peu à peu. Il mourut, comme meurent tous les hommes, lorsque le désordre introduit dans son organisme brisa le lien de son existence. On sait que sa mort fut prompte. Quel que soit l'accident particulier qui l'a déterminée, cet accident fut la conséquence immédiate du crucifiement. 11 semblerait qu'une douleur intime, provoquée par la rupture de quelque organe vital, ait causé le cri que Jésus poussa, et la mort qui survint aussitôt.

D'après les deux premiers Evangiles, Jésus, peu d'instants avant d'expirer, aurait prononcé distinctement et à haute voix les premières paroles du psaume XXII : u Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné? » Dans les deux Évangiles, ces paroles sont citées en araméen, puis expliquées ^ La citation araméenne était indispensable pour faire comprendre comment les auditeurs avaient pu, volontairement ou non, confondre le mot « mon Dieu » avec le nomd'Elie. Mais le texte de la formule sémitique n'a pas été fidè-

i. Renan, Jësus, 438.

2. Me. 34. l\w)\ IXtuY Xa(xà va^a'/Oavcî ; 8 Ititiv p.E67}p{xsv£uo{xevov *6 Ocdç (iou 6 6eoç jjLOu, 6ÎÇ Tt i^xa-ziXnzii |Ae ; Mt. 46. repl SI ttjv evitrjv wpav âvEporjacv ô 'Itjœouç 9tov7Î [U^éXr^ Xiytov ^Xsl îjXii Xe;xà aa^a-y^Savei' ; tout* 2(Jtiv 6ei (xou bti |iou, iva t^ jie iyxaléXintç ; Ps. xxii, 2.

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lemeiit gardé dans les inunuscrits. Le mot Eloï dans Marc, qui aime, ainsi quon Ta déjà vu, à citer des formules araméennes', signifie bien « mon Dieu », mais ne se prête pas à la confusion avec le nom d'Elie. Le mot Eli est hébreu; il se rapproche beaucoup plus du nom d'Elie ^, quoique la confusion ne puisse guère s'expliquer que par un jeu de mots et une plaisanterie. I^ma^ [lamma)^ pris comme particule interrogative, est hébreu. Le verbe sabaktani est araméen. Les manuscrits présentent des leçons divergentes; [ quelques-uns paraissent transcrire le texte hébreu *, et il est assez

^' vraisemblable que l'histoire a été rattachée d'abord à ce texte,

V^ quoique les évangélistes aient pu déjà substituer Taraméen à Thé-

breu, en s'autorisant de ce que Jésus parlait ordinairement la première de ces langues ^.

La méprise qu'ils racontent n'a guère pu être imputée aux soldats romains, qui, selon toute probabilité, ne connaissaient pas le prophète Elie ni le rôle que la tradition juive lui ^tribuait par rapport au Messie. Ce seraient donc des Juifs qui auraient fait le jeu de mots ou la méprise ^. Est-ce encore un Juif qui prend une éponge, % la trempe dans du vinaigre, la met au bout d'un roseau, et la pré-

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