Supr. p. 688, n
4. Wellhausen, 3/c.[lVi. IIoltzmanx, 18i, ajoute que les premiers lecteurs,.
AU GOLGOTIIA 693
n*est pas cela que les évangélistes ont dû comprendre. Le centurion -dit une chose qu'ils croient, et il la dit dans les termes où ils l'expriment *. Par conséquent, le centurion dit la même chose que Pierre a dite autrefois à Jésus, quand il Ta reconnu pour le Messie. Ce serait une véritable conversion, et Ton peut se demander jusqu'à <{uel point le centurion ne représenterait pas le témoignage rendu par les Gentils au Christ. Du moins on a tenu à faire rendre ce témoignage par celui qui avait présidé au supplice du Sauveur. On suppose volontiers que Luc a atténué les termes dont Marc s'était servâ, parce qu'il trouvait peu naturel qu'un païen eût parlé du Fils de Dieu comme un juif ou un chrétien. Si Luc a fait oette considération, on aurait tort de Ten blâmer. Mais ^il paraît infiniment probable que l'évangéliste a trouvé plus opportun de faire donner à Jésus par cet officier ime dernière attestation [d'innocence ^ qu'une profession de foi. Après Pilate, qui dit que Jésus n'était pas coupable, le centurion déclare que Jésus était juste. La préoccupation de l'apologiste a dominé celle du théologien ^.
Dans Marc, ce sont les circonstances de la mort qui provoquent les paroles du centurion : mais en quoi cette mort subite, après un grand cri, prouve-t-elle que Jésus était le Fils de Dieu? La plupart des crucifiés ne mouraient pas si promptement ; la rapidité de cette mort, avec le cri qui l'avait précédée, était quelque chose d'extraordinaire ; un habitué de pareilles exécutions ne pouvait que le remarquer, et on ne peut pas dire que la parole du centurion soit invraisemblable. Il est d'ailleurs censé connaître la prétention de Jésus à une mission céleste *. D'autres circonstances avaient pu le prévenir favorablement pour le Christ. Mais l'on conçoit aussi que, si l'incident est historique, il ait pris dans la tradition une forme plus accentuée que dans la réalité ^. La déclaration du centurion
hellénochrétiens, de Marc ont dû l'entendre de même, ce qui paraît contestable : le Christ de Paul, de Marc et des premières communautés hellènechrétiennes est déjà plus qu'un héros divin.