‹ Les Évangiles synoptiques (volume 4)Chapitre 639 sur 733 · B. Weiss, Mk, 238 ; Holtzmann, loc. cit · texte numérisé non relu

B. Weiss, Mk, 238 ; Holtzmann, loc. cit

5. On peut se poser la question de Strauss, II, 371 : « Faut-il entendre, comme on Ta conjecturé, que, dans l'opinion du deuxième évangéliste (on devrait dire plutôt du rédacteur primitif) le cri suprême avait indiqué que

fait pendant à la formule d'introduction : « Commencement de rÉvangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu » ; elle a dû être conçue à cette lin, sinon dans la source primitive de Marc, au moins dans une rédaction intermédiaire, à laquelle n'était pas encore annexé le récit de la sépulture et de la découverte du tombeau vide.

La mise en scène du premier Évangile justifierait mieux la déclaration des soldats, car, dans Matthieu, les compagnons du centurion s'associent à sa profession de foi. Mais, s'il y avait eu des ténèbres pendant trois heures, s'il y avait eu, pour finir, un tremblement de terre, et si les rochers s'étaient ouverts autour de Jérusalem, ce ne sont pas seulement les soldats romains qui auraient été eCFrayés, c'est Jérusalem tout entière qui se fût émue, et de tels prodiges n'auraient pu être négligés, en aucun cas, par la tradition apostolique. De même que les détails fournis par Matthieu ne sont pas à interpréter historiquement, de même la profession de foi qu'il attribue aux soldats romains n'est pas à prendre à la lettre.

Dans Luc, les paroles du centurion ne s'expliquent pas précisément par l'admiration qu'éprouve cet homme devant des souffrances patiemment supportées et une mort courageuse ^ Le centurion voit (c ce qui est arrivé », non les sentiments de Jésus, mais l'éclipsé de soleil et les circonstances extraordinaires de la mort du Christ. Ce sont ces circonstances merveilleuses, où se manifestent les intentions du ciel, qui prouvent à Tofficier païen que Jésus était sans crime ^. Luc emploie une formule qui lui est familière, mais qui n'est pas exempte d'exagération, lorsqu'il dit que le centurion « rendit gloire à Dieu ^ » . Ces paroles ne signifient pas seulement

Fesprit divin du Messie abandonnait le corps terrestre de Jésus, tout comme les mauvais esprits sortaient généralement du corps des possédés en criant? » Hypothèse bien plus vraisemblable (cf. p. 683, n. 7) que cette autre {ihid,) : « Ou bien Marc voyait-il dans ce cri, qui saisit d'étonnement le capitaine» et dans la promptitude de la mort, qui remplit Pilate de surprise, un signe que Jésus était mort volontairement, avant le moment prescrit par le cours de la nature ? » L'objection de Brandt, 250, contre la première hypothèse» à savoir, que Fesprit divin n*est pas supposé en colère, comme les démons, pour sortir avec un grand cri, ne semble pas décisive. Au point de vue du narrateur, le départ de Fesprit serait toujours une crise violente, tant par rapporta Fesprit que par rapport à Jésus.

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