‹ Les Évangiles synoptiques (volume 4)Chapitre 689 sur 733 · V. B. Wbiss, E · texte numérisé non relu

V. B. Wbiss, E

pas question de la régénération intérieure dont le baptême est en même temps le symbole.

L'énumération des trois personnes vise leur participation à l'œuvre du salut, non les relations métaphysiques et absolues qui existent entre elles. La doctrine de la Trinité, c'est-à-dire l'égalité parfaite des trois personnes dans Tunité de la nature divine, n'est pas enseignée dans ce passage, car le mot « nom » est sous-entendu devant la mention du Fils et celle du Saint-Esprit, et il n'est pas signifié qu'un seul « nom », c'est-à-dire une seule essence, appartienne au Père, au Fils et au Saint-Esprit. Le Père est Dieu, qui a envoyé son Fils ; le Fils est le Messie envoyé par Dieu pour le salut des hommes ; le Saint-Esprit est le don messianique, accordé par Dieu aux fidèles en considération du Fils. Il est incontestable d'ailleurs que la mention personnelle du Saint-Esprit et la juxtaposition des trois personnes implique entre elles, indépendamment de leur part respective dans l'ordre du salut, une relation fondamentale dont lu nature est à déterminer par d'autres considérations que celle dont l'Evangile se préoccupe en cet endroit.

Ces paroles du Sauveur ne sont pas données comme la formulé nécessaire du baptême, pas plus que la formule : « baptiser au nom de Jésus-Christ », ne suppose la nécessité de prononcer le nom de Jésus dans l'acte baptismal. Il est oiseux par conséquent de discuter si les apôtres ont conféré le baptême en employant l'une ou l'autre formule, vu qu'ils ont pu n'en employer aucune, et s'en tenir au symbole de l'immersion, après la profession de foi du candidat. Le baptême « au nom de Jésus-Christ » est ainsi appelé pour le distinguer du baptême de Jean et des ablutions juives : c'est la cérémonie de l'initiation chrétienne. Qu'une formule ait fait de bonne heure partie du rite baptismal, il n'est pas permis d'en douter : mais il est très probable que cette formule a varié dans les premiers temps, et que l'on a réellement baptisé « au nom de Jésus », avant de baptiser « au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ».

Cette dernière formule était cefiainoment ea usage dans le temps et dans le milieu où le diseoaordé Matthieu a pris sa forme actuelle ; son emploi est attesté par la Didaché *, et l'on peut croire qu'elle était

1. VII, 1. PaTTTtaaTS si; tÔ ovojxa toC narfô; x*l toCÎ uto3 xal tovî «yiou TUvrijiaTo; èv G6«ti Çwvit. On remarquera que, pour ce précepte, Tauteur ne se réfère pas à rÉvangile, comme il fait |)our TOraison dominicale ;c. viii). Cf. I, 17.

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universellement reçue dans les Eglises chrétiennes au commencement du second siècle. L'usage liturgique a influencé la rédaction de l'Evangile. On a récemment observé * que le passage : « les baptisant aunom du Père, du Fils et du Saint-Esprit », manquait dans les citations d'Eusèbe de Césarée qui sont antérieures au concilede Nicée. Le texte y est reproduit sous cette forme ^ : « Allez, instruisez toutes les nations en mon nom, leur apprenant à observer tout ce que je vous ai commandé ». Le discours se présente ainsi dans un meilleur équilibre 3, et Ton ne pourrait plus alléguer Temploi de la formule trinitaire pour abaisser la date de la rédaction définitive du premier Evangile. Le sens général du passage resterait le même, vu que Matthieu implique certainement le baptême dans a Tinstruction » des croyants, comme il est impliqué dans ce que Luc * et Jean ^ disent de la rémission des péchés.

L ordre de baptiser n'est donné dans Matthieu que par le Christ ressuscité. Cependant le quatrième Évangile dit que les disciples baptisaient déjà pendant le ministère de Jésus. Bien que le texte ordinaire de Matthieu ne signifie pas directement l'institution du rite baptismal par le Christ ressuscité, il ne suppose pas non plus que le baptême chrétien ait pu être conféré avant la résurrection de

1. F.C. CoNYBEARK, Zcitschrift f, neuL Wissenschafl, 1901, 275-288. On a voulu expliquer cette particularité du témoignage d'Eusèbe; mais il ne semble pas qu*on ait résolu à fond l'objection qui en résulte contre Tauthenticité de la formule trinitaire dans Mr. 19. Cf. Wellhausen, ^ft, 152.

2. Dem. eu. III, 6. KopEuOsvTe; {jLaOrjTtujaTE ^rivTot -à ÎÔvy| Jv tw ôvo[i.«ti (lo-j (ce qui signifierait : « à ma place », non « par la vertu de mon nom » ; les apôtres sont substitués au Cbrist pour la prédication de TÉvangile ;cf. Jn. xev, 26 ; QÉ, 756, où la même chose est dite pour la mission intérieure du Paraclet, qui, lui aussi, « enseignera ce qu'a dit » Jésus) 8i5aaxovt£ç auxoùç xxX.

3. Le rapport grammatical et logique des deux participes pa^rciCovric, ou ^oliz- T'javis;, et ôi8a5zovT6ç est passablement embarrassé; le second participe se rattache bien plus naturellement à (xaOrjTsuaaTg, si Ton omet pamT^ovrtç xxX. On observe (Holtzmann, 299) que, avec la leçon pa;:riaavT£ç, ôtSajxovTcç est explicatif de [xaOT)T£u<jaii, mais il l'explique de bien loin ; et que, avec la leçon pan- Tt^ovre;, l'instruction apparaît subordonnée au baptême, comme dans Didaché^ VII, 1; mais, dans la Didaché^ renseignement précède le baptême, et ici Ton dirait qu'il le suit. Ne semble-t-il pas que la mention du baptême altère, par l'intrusion d'une idée particulière, la définition générale du ministère apostolique et ecclésiastique, [i.«071T£ÛgfllI£... 8l8a«TXOVTSÇ...?

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