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Jésus. En disant, à propos de Jean-Baptiste, que Jésus baptisait ^ puis en se reprenant pour dire que ce n*était pas lui, mais ses disciples ^, le quatrième Évangile a voulu seulement opposer le baptême chrétien au baptême de Jean, les deux ne coexistant que pour la perspective de la narration, et le droit de Thistoire étant sauvegardé par la double remarque de Tévangéliste sur TEsprit qui n'a été donné qu'après la résurrection 3, et sur le baptême conféré seulement par les disciples. Jean, comme Matthieu, sait fort bien que le baptême chrétien n a pas été administré pendant la prédication du Christ. Le rite baptismal apparaît à l'historien comme une coutume née dans la communauté apostolique, d après certains antécédents tels que le baptême des prosélytes juifs et celui de Jean- Baptiste, que Jésus lui-même avait reçu. Il a été d*abord conféré en vue de Tadmission au royaume des cieux, comme le baptême de Jean. Ni Paul ni Tauteur des Actes ne rattachent cette coutume à une volonté formelle du Christ; mais ils ne la conçoivent pas autrement que voulue par TEsprit qui gouverne TÉglise, c'est-àdire par le Christ, qui donne l'Esprit.
C'est parle baptême qu'on devient disciple de Jésus, parce qu'on entre ainsi dans la société qu'il a fondée et 'dont il demeure le chef. Mais le baptême suppose un enseignement préalable, et le vrai disciple n'est pas celui qui se borne à confesser le nom de Jésus, c'est celui qui accomplit la volonté de Dieu, la loi que Jésus a enseignée. C'est pourquoi les apôtres n'auront pas seulement à recruter des disciples en baptisant, ils auront à les préparer, à les former, à les instruire toujours, de façon qu'ils observent tout ce que Jésus a prescrit. Une telle recommandation acquiert un sens particulièrement significatif, si elle est censée donnée à Tendroit même où fut prononcé le discours sur la montagne, auquel l'évangéliste se réfère implicitement ^. Il est évident que l'évangéliste entend définir le rôle permanent de TEglise, et qu'il ne considère pas seulement l'activité personnelle des onze disciples. C'est ce qui résulte également des dernières paroles qu'il met dans la bouche du Christ.
i. Jn. III, 22. Voir QÉ. 333-335.