XX, 30-31 ; QÉ
3. XVI, 17-19; XVIII, 16-20; supr, pp. 5-13, 88-92. Brandt, 358-360; Holtz- MANN, 299. Les deux passages cités et la finale de Matthieu procèdent de la jnôme inspiration, et la forme des discours a de frappantes analogies (noter Tanti thèse du ciel et de la terre) ; mais on ne voit pas ce qu'il peut y avoir en tout cela de judéochrétien. Holtzmann (loc, cit.) allègue à ce propos v, 18-19, 'lont l'origine est tout autre.
qu'il mtroduisait dans sa description. L'absence de toute conclusion de fait confirme Timpression que donne le caractère même du récit. L'auteur n a pas songé à dire que les apôtres étaient descendus de la montagne, ni ce qu ils firent ensuite. 11 ne songeait plus à eux quand il écrivit les dernières lignes de son Evangile. La pensée de Jésus, actuellement présent dans TEglise qu'il a fondée par lès apôtres, Ta emporté sur les préoccupations du narrateur.
En apparence du moins, Luc a voulu se tenir plus près de la réalité ; il a écrit une sorte d'histoire du Christ ressuscité, et Ton pourrait presque dire qu'il le conduit du tombeau jusqu'au ciel. Mais cette précision . est affaire de perspective, et d'une perspective artificielle : la matière historique n'est guère plus considérable dans le troisième Evangile que dahs. le premier.
Luc, XXIV, 13. El il se Irouva que deux d'entre eux, ^ce jour-là même, »en allaient à un village distant de soixante stades de Jérusalem, appelé Emmaûs, 14. et ils discouraient entre eux de toutes ces choses qui étaient arrivées. 15. Et il advint, pendant qu'ils s'entretenaient et discutaient ensemble, que Jésus lui-même, s'étant approché, se mit à marcher avec eux ; 16. et leurs yeux étaient empêchés, pour qu'ils ne le reconnussent pas. 17. Et il leur dit : « Quels sont ces discours dont vous vous entretenez en marchant? » Et ils restèrent tout tristes. 18. Et répondant, l'un d'eux, nommé Gléophas, lui dit : « Tu es donc le seul étranger venu à Jérusalem qui ne sache pas ce qui s'y est passé ces jours-ci? » 19. Et il leur dit : « Quoi ? » Et ils lui dirent : « Ce qui regarde Jésus le Nazaréen, qui était un homme prophète, puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple; 20. et comment les chefs des prêtres et nos magistrats l'ont livré pour le faire condamner à mort, et l'ont crucifié. 21. Et nous, nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël.' Mais, avec tout cela, voici le troisième jour depuis que ces choses se sont passées. 22. Cependant quelques femmes de notre compagnie nous ont fort étonnés : étant allées de grand* matin au sépulcre, 23. et n'ayant. pas trouvé son corps, elles sont venues dire qu'elles avaient vu aussi une apparition d'anges qui ont dit qu'il est vivant. 24. Et quelques-uns des nôtres gont allés au sépulcre, et ils ont trouvé tout comme les femmes Tavaient dit, mais ils ne l'ont pas vu lui-même. » 25. Et il leur dit: « Que vous êtes inintelligents, et que votre cœur est lent à croire tout ce qu'ont prédit les prophètes î 26. Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » 27. Et commençant par Moïse, et tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Écritures ce qui le concernait. 28. Et ils approchèrent du village où ils allaient, et il fit semblant d'aller
plus loin. 29. Et ils le pressèrent en disant : « Reste avec nous, cari! se fait tard, et le jour est déjà sur son déclin. » Et il entra pour rester avec eux. 30. Et il advint, quand il se fut mis à table avec eux, que, prenant le pain, il prononça la bénédiction, et, le rompant, il le leur distribua. 31. Et leurs yeux se dessillèrent, et ils le reconnurent ; mais lui-même avait disparu d'avec eux. 32. Et ils se dirent Tun à Tautre : « Notre cœur n*était-il pas brûlant en nous, lorsqu'il nous parlait dans le chemin, lorsqu'il nous expliquait les Écritures ? » 33. Et se levant à Fheure même, ils retournèrent à Jérusalem, et ils trouvèrent assemblés les Onze et leurs compagnons, 34. disant : « Le Seig-neur est vraiment ressuscité, et il" est apparu à Simon. » 35. Et eux-mêmes racontèrent ce (qui leur était arrivé) en chemin, et comment il avait été reconnu par eux à la fraction du pain.
Les deux disciples qui vont à Emmaùs ne sont point des apôtres, quoique les mots : « deux d'entre eux », dans le contexte donné par Luc à ce récit, paraissent devoir se rapporter au collège apostolique L On trouvera encore d'autres indices qui donnent à penser que l'histoire a été placée par Tévangéliste hors de son cadre primitif. Peutêtre l'énumération des femmes et la notice concernant le mauvais accueil fait à leur discoiu^s proviennent-elles du rédacteur évangé-^ lique. L'incohérence qui vient d'être indiquée disparait si l'on rattache directement cette histoire à la communication que font les femmes « aux Onze et à tous les autres 2. » Mais il est impossible aussi que Luc ait joint tout exprès « les autres » aux Onze pour préparer l'histoire des deux disciples.
Ceux-ci vont à Emmaùs le jour même de la résurrection. Peutêtre n'y a-t-il pas lieu d'insister sur la circonstance du temps. Car Luc va placer en ce jour, au moins pour la perspective, toutes les apparitions du Sauveur et son entrée au ciel. Dans les Actes, il transportera l'ascension quarante jours plus tard, et il dira que les apparitions ont été réparties sur tout ce temps-là. Beaucoup d'exégètes, même rationalistes, profitent de ce temps libre pour conduire
1. V. 13. xal îôoù 8Û0 s; auroiv sv aOrfî tJ Tîfiip? yjaav :copeud[i£voi ciç xcujiijv iirc/ou— aav <iT«8{ouç iÇTjxovTa knô 'lepouaaXTj^i, J ovotia *EpL|xaouç. D, f|aav 8à 8uo 7Zoptij6\kt\oi
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13S, D aurait songé à Béthel, dont Tancien nom est transcrit par LXX OùXajx- (xaûç, Gkn. xxviii, 19. Ss. : « Et il apparut à deux d'entre eux, ce même jour,, comme ils s'en allaient » elc.