HOLTZMANN
A. LoisY. — Les Évangiles synoptiques, II. 48
« Quant à moi, je suis avec vous toujours, jusqu'à la consommation <lu siècle *. ') Digne finale de TEvangile, la plus belle qui soit dans les quatre Vies de Jésus que nous a conservées la tradition ecclésiastique. Marc laisse le lecteur en suspens, s'étant arrêté au point où Texistence du Sauveur est entrée dans le domaine de l'invisible. Luc a voulu donner à son livre au moins Tapparence d'une conclusion historique, et il présente la dernière apparition du Sauveur <;omme une véritable scène d'adieux. Jean ^ termine son Évangile comme il convient à une thèse qui doit prouver que « Jésus est le Christ, le Fils de Dieu ». Le rédacteur du premier Évangile, laissant parler seulement la foi de TEglise et la conscience chi-étienne, s'est élevé à une vérité plus haute. Son Christ est ressuscité, il vit; mais il ne prend pas plus congé de ses disciples qu'il ne démontre sa résurrection ; il est avec les siens jusqu'au dernier jour du monde. Ce jour sans doute ne saurait tarder indéfiniment, mais la perspective de l'avènement prochain est rompue : entre TÉvangile de Jésus et cet avènement, qui coïncidera avec la fin de Tunivers maintenant reculée, se place la conquête des peuples, l'organisation de la société chrétienne, une longue vie du Christ lui-même, invisible et présent, dans l'Église qui devient son royaume sur la terre. L'esprit général du livre se reconnaît en ce que l'autorité de l'Église se trouve ainsi sanctionnée par la volonté du Christ immortel ; car sa présence permanente dans la société de ses fidèles est conçue <;omme la garantie de celle-ci, de son institution, de sa durée, de son action. C'est le Christ toujours vivant et tout puissant qui, demeurant avec les siens, peut dire efficacement à ceux qui repré- •sentent et remplacent Pierre et les apôtres : « Ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et ce que vous délierez sera délié ^. »
L'évangéliste, tout en voulant raconter l'apparition galiléenne annoncée dans Mare, parait s'être rendu compte de l'élément idéal