‹ Les Évangiles synoptiques (volume 4)Chapitre 8 sur 733 · xviii · texte numérisé non relu

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4. Dans les Sejjtante, exxXT)aia correspond aux mots Snp et mV, qui s'emploient pour désigner la communauté israélite.

LE CHRIST \f

parler d'église que quand l'Église a existé, c'est-à-dire après que, le judaïsme ayant rejeté la prédication apostolique, les groupes chrétiens durent se constituer de plus en plus et définitivement en dehors de l'organisation religieuse d'Israël. Il y eut alors des communautés, des églises, dont la réunion idéale, on pourrait dire la raison commune, était l'Eglise. Paul dit l'Eglise de Dieu \ comme on disait le royaume de Dieu. C'est l'Église, en effet, qui est venue au lieu du royaume qu'on attendait, et l'idée de l'Église sest substituée par la force des choses à l'idée du royaume. S'il avait parlé de l'Église, Jésus n'aurait pas plus dit « mon Eglise » qu'il ne disait « mon royaume » ; mais, au temps de Matthieu, et dans l'esprit de cet évangéliste, le Christ n'est plus seulement l'agent du royaume et le représentant de Dieu, il est entré pleinement dans la sphère de la divinité, il agit en Dieu, tout-puissant au ciel et sur la terre, souverain juge des vivants et morts, et ses fidèles lui rendent un culte divin, ils sont devenus son Église. Plein de significalion, si ou le remet dans son milieu d'origine, le discours que Matthieu prête au Sauveur n'aurait eu, à la date indiquée, aucun .sens pour les apôtres. Que Jésus se soit voué à la formation de ses disciples afin de les associer à son œuvre, ce n'est pas encore l'Église ; car les apôtres n'avaient toujours à prêcher que le royaume, et ils n'avaient pas été chargés de l'organiser provisoirement dans une institution quelconque. Il est vrai seulement que Pierre et les apôtres ont pris dans la réalité de l'histoire une situation analogue à celle qui leur était promise dans le royaume espéré; tout en préchant l'avènement du royaume et le retour de Jésus, ils ont institué l'Eglise et l'ont régie en vertu de la mission qui leur était donnée pour le royaume. Si Tévangéliste n'a pas uniquement en vue la personne de Simon- Pierre, ce n'est pas pour lui dénier le pouvoir qu'il a exercé dans l'Église, c'est parce qu'il est préoccupé du pouvoir même autant que de la personne. Il n'a pas songé kune influence, à une autorité, à une action qui devaient disparaître avec l'apôtre lui-même, et qui n'auraient plus été en son temps qu'un souvenir déjà lointain. Simon-Pierre n'est pas que le fondement historique de rKj^^lise, il en est le fondement actuel et permanent; il vit encore, aux yeux de Matthieu, dans une puissance qui lie et délie, qui détient les clefs du royaume, et qui est l'autorité de l'Église elle-même, non pas

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