‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 129 sur 829 · vil · texte numérisé non relu

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Iruit avec une prophétie qui en fournil la ligne générale, el sur un songe comme moyen surnaturel de résoudre la difficulté que l'idée du fait suggère à Tespril du lecteur. Les récits qui suivent sont édifiés de la même manière, avec des textes caractéristiques et des rêves opportuns; rien n'est plus arbitraire comme exégèse % ni plus faible comme narration fictive. La rédaction est de Tévangéliste, mais non sans doute Tinvention des données principales. En ce qui regarde spécialement la conception miraculeuse, non seulement Tidée en a dû préexister à notre récit, mais elle doit même être antérieure à l'application du texte d'Isaïe, qui la suppose plutôt qu'elle ne Vu suggérée. Les analogies ne manquent pas dans les croyances religieuses païennes; mais il parait difficile d'indiquer une infiuence particulière, tout comme il est impossible de déterminer avec |jrécision le temps et le lieu où celte croyance s'est fait jour dans la tradition chrétienne. Paul -, la source de Luc pour les récits de l'enfance •', el peut-être Jean '' lui-même l'ont ignorée. Toutefois de ce que Jean n'en tient pas compte, on ne peut inférer qu'il ne l'ail point connue, et, même dans celle dernière hypothèse, on ne serait pas encore autorisé à dire qu'elle n'existait pas ailleurs ni même qu'elle n'avait pas encore été traduite en récit. Le rédacteur qui Ta introduite dans le premier Évangile ignorait que la famille de Jésus habitait Nazareth avant la naissance du Sauveur •"'. On peut croire que, si les récits de Matthieu s'étaient formés en Palestine, à une date assez rapprochée des événements, l'on aurait eu recours à quelque combinaison artificielle, comme celle qu'on trouve dans Luc, pour faire naître le Christ à Bethléem. Il est donc probable que ces récits, el conséquemment l'h^vangile dont ils font partie, ont acquis leurs traits essentiels en dehors de la Palestine et des communautés judéochréliennes de ce pays, dans une contrée et à une date où ne subsistait aucun témoin oculaire, ou seulement bien informé, de la vie de Jésus.

La tradition ecclésiastique pensait savoir que le premier des Évangiles canoniques était aussi le plus ancien : il avait été écrit, avant la mort des apôtres Pierre et Paul, par l'apôtre Matthieu, qui l'avait rédigé en hébreu pour les chrétiens de Palestine ''. Suivant une indication contenue dans le livre même, on identifiait Fauteur au publi-

1. Voir surtoutl'appficalion d'Os, xi, I, dans Mt. ii, l*t, el dans ii, 23 la prophétie du « Nazaréen ».

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