Mt. XII, 40 (JoN. ii
o. VI, 2.
ti. (>f. Gi'NKEi.. 73-7H.
A. Luisv. — />es Evangiles syiiDfitiques. li
178 LES É\A^M;lLES SYNOPTIQUES
récits qui montrent Jésus ressuscitant le second jour après sa mort, et où Ton veut voir Taccomplissement de prophéties qui mettent la résurrection au bout de trois jours.
L'économie actuelle de ces récits a été arrêtée lorsque lariiunient des prophéties avait pris une consistance qui ne permettait |)as de le corriger autrement que par voie d'interprétation. Un changement aurait été d'autant plus difTicile que, dans l'intervalle, on avait senti le besoin de transformer en prédictions expresses et détaillées les pressenlinienls que Jésus, au terme de sa carrière, avait pu émettre sur son avenir. Lui-même était censé avoir déclaré ouvertement et itérativemenl à ses disciples que, selon la volonté de Dieu manifestée par les prophéties anciennes, le Christ devait subir la mort et ressusciter » après tr^is jours », ou « le troisième jour » \ La circonstance du temps est toujoui-s là pour donner corps au fait, objet de la foi; mais les prédictions de Jésus ne vont pas au delà, elles ne s'étendent pas, et pour les mêmes causes que Farj^ument tiré des prophéties anciennes, aux autres circonstances de la résurrection considérée comme un événement de l'histoire. S'il en va tout autrement avec l'annonce de la passion, c'est que les souffrances et la mort de Jésus, qui appartiennent à l'ordre de l'expérience historique, fournissaient à l'élaboration apologétique et traditionnelle une base plus solide. Il est vrai que Ton s'enhardit plus lard à formuler (]e^ récits de la résurrection tout aussi précis, mais bien moins concordants, que ceux de la passion. On ne l'osa pas du premier coup, et le rédacteur du second Évangile, qui a dû trouver toutes faites les prédictions de résurrection « après trois jours », se borne à décrire la découverte du tombeau vide en preuve de la résurrection acomplie le second jour après la passion -. Cette preuve de fait n'a pas été suggérée par l'Ancien Testament, mais par le besoin de l'apologétique. Elle paraît avoir été conçue d'après les vraisemblances, par des esprits peu exigeants à cet égard. Mais on ne pouvait s'en tenir à cet argument négatif, et l'on devait nécessairement en venir au développement de l'argument positif, à la mise en leuvre du témoignage apostolique concernant les apparitions du Ressuscité. Cette preuve directe avait été dès l'abord ébauchée dans la prédication chrétienne, et peut-être même est-elle, sous cette forme primitive, antérieure à l'argument négatif dans la tradition écrite de l'Evangile, car le récit de la pêche miraculeuse paraît avoir été conçue comme première apparition du Christ ressuscité, indépendamment de la découverte du tombeau vide •'. ]>a combinaison de la preuve négative et de la preu\e positive se fait