Cor. xv, ;i
LA TRAUiriO-N KVAiNGÉLIQLJK 177
|)()uvail être ell'ecluée que jitir la toi, qui seule pouvait la trouver é\i- (lenle, et couséquemmeut aussi nécessaire que léf^itiine.
Toutefois le thème de la résui'rei'tion ne prêtait pas à de lou^s dévelopj)ements. et la tradition a tiré assez peu de choses des textes. On n'y trouva que des assertions vagues, non des traits faciles à accorder avec les souvenirs primitifs, et propres à les compléter. Mais ce résultat tient |)eut-être autant à l'imprécision des souvenirs qu'à Tinsuflisance des prophéties anciennes. La circonstance du troisième jour, la seule que Paul allègue pour déterminer le fait, ne provient sans doute pas de la Ijible, mais de lidée populaire d'après laquelle le corps et l'âme du défunt étaient délinitivemenl séparés l'un de l'autre au bout de trois jours'. Après ce temps, la l'ésurrection aurait été inconcevable; plus tôt. c'est la mort qui aurait pu sembler douteuse. La foi à la résurrection ne prit consistance qu'un certain temps après la mort de Jésus, et il est probable que pas un de ses disciples n'en avait encore seulement l'idée trois jours après la passion ; mais il est aisé de concevoir que le pi'emier besoin de la iioyance au Ressuscité fut de préciser le temps où Jésus avait cessé d'être mort pour devenir immortel. Le chilfre de trois jours s'imposa ; mais la tradition parait avoir hésité quelque temps sur le mode d'application. Était-ce « après trois jours- de mort ", ou bien x le troisième jour-* ■) après sa mort, que Jésus était revenu à la vie? Selon la première hypothèse, l'aAenture de Jonas dans le j^ros poisson pouvait être présentée comme un exemple typologiquement prophétique de ce que Dieu voulait faire pour le {]hrist '. Dans le second cas. un passage d'Osée "^ olTrail une base à l'argumentation. La détermination du dimanche, surlendemain de la mort, comme jour de la résurrection, ne paraît pas avoir son origine flans un souvenir traditionnel ni dans l'influence d'un texte biblique, mais dans l'u-sage, qui, de très bonne heure, tit du premier jour de la semaine le jour de la réunion chrétienne et le jour du GhrLsl. L'usage lui-même ne résulte peut-être pas seulement de ce que les premiers fidèles de l'Évangile ont été amenés à prendre pour leurs assemblées le premier jour libre après le sabbat, mais de ce que le jour du soleil devint comme naturellement le jour du Sauveur chez les chrétiens arrivés du paganisme *'. .\insi se comprendrait l'anomalie sing-ulière de
1. Le recours au chitTre apocalypticjue i 1/2, proposé par Gunkel, Zurn relit/ionsf/eachicJif lichen VenilandnU rhs N. T. 79-82, ne parait [)as justitié.