Voir l'analyse de Me. xiv, 43-50, mij
:i. Voir l'analyse de Me. xiv. ."l.S-ri'i^, (Hi-72. siipr. \k 102.
k Ci'. SciiïiiiiîH, II, 208-210.
LA CARRIÈRE l)K .lÉSl S 221
relli préUMuliiit évideinnieul ii l;i di^uili' nicssiaiiiquc, par conséquent à i;i royaulé dlsi-aël. (Toù Ion pouvait conclure c[u il méditait le renversement de la domination romaine. D'autre pari, il n'avait commis aucun acte de i-évolte contre cette domination; non seulemenl il n'avait pas l'ait appel aux armes, mais il n avait pas dit un seul mot qui pût exciter ses compatriotes à la rébellion. On a pu voir t'ommenl il avait tourné un problème scabreux, celui du tribut. Sa conduite démentait en quelque façon la prétention qu'on lui attribuait, cl qu'il avait réellement. Il est à croire que les arj^umenls des prèlres étaient, pour la plupart, des paroles mal comprises, des inductions fausses ou de pures calomnies. Le silence de Jésus faisait la partie belle aux accusateurs; mais, quand même d aurait parlé, le fond de la question n'aurait pas été plus intelligible pour Pilate. Jésus aurait pu se disculper sur les détails, il n'aurait pu nier sa propre mission, et celle mission, telle qu il la voyait encore à cette heure critique, ce n'était pas l'institution d'une société spirituelle, compatible avec lous les pouvoirs humains, c'était l'instauration complète du règne de Dieu, à la place de la tyrannie des hommes. Si donc Jésus se tait, ce n'est pas uniquement par dédain pour des adversaires passionnés, ou par suspicion à l'égard du jngc, c'est parce qu il n y a pas d exjilication possible, c est parce que la situation est sans issue.
L'avenir seul et la force des choses pouAaient suggérer les distinctions opportunes. La parole du Chrisl johannique : « Mon royaume n'est pas de ce monde ' ». n'aurait jamais pu être dite par le Christ de l'histoire. Ce que celui-ci a réellemenl dit signifierait plutôt le contraire. Car Jésus a parlé entiii devant Pilate. Il a pu se laire quand on a répété la parole qu'il avait prononcée au sujet du temple "-. ou bien même quand on a prétendu fpi'il eni[)êchait de payer le tribut à Gésai- •', supposé que ce grief ait été formulé. Quand Pilate lui a posé l'interrogation : « Es-tu le roi des Juifs ? » il a répondu afïirmativemenl '. Cet aveu a été, pour ainsi dire, enregistre olïiciellement dans la sentence de mort et sur Técriteau de la croix ■'. Les évangélistes ne se trompent pas toul à fait en laissant entendre que le procurateur ne pouvait se dispenser de la condamnation •*. F]n l'état de la cause, et vu l'impossibilité où il était de discerner tians le inouvemenl évangélique autre chose qu'une agitation dont le résultai nécessaire el préAU, sinon le but avoué, était le renversement de