Sclianz, J. Weiss, etc
ANNO-XCIATIONS 283
ration présente, et les pères avec les justes d'autrefois, les patriarches. Moïse, les anciens prophètes : l'union cpi'il s'ag-it d'établir n'est pas la concorde domestique, mais, bien que la partie conservée du texte de Malachie ne se prête qu'à demi à cette adaptation, la conformité des sentiments religieux, l'harmonie de la piété, qui réconciliera la génération présente avec ceux de ses ancêtres qui ont mérité le nom de justes ; c'est en effet par cette conversion et l'accession des pénitents d'aujourd'hui au groupe des saints d'autrefois que se constituera la société messianique. Jean viendra donc pour réconcilier par la pénitence beaucoup d'Israélites avec le Seigneur '. Il précédera l'avènement de Dieu "^ et le préparera : il sera pourvu de l'esprit et de la puissance miraculeuse ' qui étaient dans Elie ; il ramènera le cœur des pères vers les enfants qui s'étaient montrés indignes d'eux, en ramenant ces rebelles eux-mêmes aux sentiments de leurs pieux ancêtres ^ ; par cette conversion ', il formera le peuple à qui Dieu doit se manifester dans son règne. Ce que la tradition évangélique disait de la mission de Jean se trouve ainsi anticipé dans le discours de Gabriel. Zacharie est dans un lieu trop redoutable pour se mettre à rire, comme Abraham et Sara; mais il hésite à croire, et il demande un signe, comme le père des croyants quand lahvé lui promet la Palestine '', comme Ezéchias quand Isaïe lui promet sa guérison ' ;
1. V. It). xa'. noAÀoj; t'ov jifov 'Icroar,/, ï~'.<j-oi'li'. Èzi Kupiov -ry/ Oso/ auToiv. Le Seigneur, Diou d'Israël, n'est pas le Messie.
2. V. 17. y.y.'. aùtô; -yjtkvjai-oLi (BGL, rzpoasAVJ^izxi] Ivcô-tov ajTOj, c'est-à-dire devant le Seigneur Dieu. Dans ces récits, Jean appâtait comme le précurseur du royaume, non précisément du Messie.
.3. iv -v£j;j.a7i xal ouvâa:'. 'IIÀ3;a. Le mot oj/aa'.; ne peut s'entendre de l'action spirituelle du Baptiste : cf. iv, l'i, .36; ix, I : x. 13 : xix, 37 ; xxiv, 49; Me. vi, 14. L'assertion de .Ix. x, 41, n'est pas à considérer pour l'interprétation de Luc.
4. ijîtCTTosia'. ■/.y.yjK-j.z "XTio'ov, l-\ T£zva /ai à-3'.6et; âv «ppovrjast Sixaioiv. Les indications sont vagues et générales, parce que ni les pères justes ni les enfants rebelles ([ui doivent se convertir ne forment des groupes nettement déterminés.
."). ÈT0'.;j.7.7a'. xjp'.';> Aaôv zaT£CTy.£'jaa;a.£vov est une proposition coordonnée, non s\ibordonnée à la précédente. La préparation est acquise par le fait que les rebelles ont pris les sentiments des justes ; /.aT£c>/.Euac7;jJvov s'entend des dispositions morales qui sont nécessaires pour avoir part au royaume. Noter encore que c'est pour le Seigneur Dieu, non pour le Messie, que Jean est censé devoir travailler.
(i. (lEN. XV, S.
:. Il Kois, XX, S-ll.
284 LKS ÉVANGILES SYNOPTIQUES
il dit les raisons de son doute, dans le style de la (ïenèse '. L'ang-e alors, pour l'aire valoir toute l'autorité de sa parole, décline son nom et sa qualité. Il est Gabriel, « l'homme de Dieu-' », un des sept assistants au trône de l'Eternel ■'. Il a été envoyé ii Zacharie, comme autrefois à Daniel, pour lui transmettre la promesse divine '. Puisque ' Zacharie ne l'a pas cru sur parole et veut un signe, il en aura un ; sa rencontre avec l'ange va le rendre muet, comme Daniel ^', mais pour plus longtemps, jusqu'à ce que les paroles qui lui ont été dites, et qu'il n'a pas voulu croire sur-le-champ, aient reçu leur accomplissement. La suite montre que Zacharie ne seia pas seulement incapable de parler, mais aussi d'entendre ' ; il sera sourd-muet '^. Le signe demandé se tourne en châtiment, mais l'ange a soin d'observer que l'infirmité de Zacharie sera temporaire, et d'alïirmei", en terminant, que la promesse se réalisera au temi)s marqué, comme celle de l'ange à Abraham sous le chêne de Mamré .
La cérémonie de l'encensement ne durait pus longtemps ; c'est pourquoi le peuple ne tarde pas à s'étonner que Zacharie ne revienne pas. ()uand il sort enfin, il ne peut dire ce qui lui est arrivé ; les assistants comprennent qu'il s'est passé quelque chose d'extraordinaire, et que son impuissance résulte d'une vision ■^. On sait que, dans l'Ancien Testament, l'apparition de Dieu ou d'un ange pouvait être mortelle ". Le prêtre essaye d'expliquei- le fait par signes ; mais il ne peut rien de plus ; car l'ange a dit vrai, Zacha-