‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 262 sur 829 · Cf. HoLTZMANN, N T · texte numérisé non relu

Cf. HoLTZMANN, N T

2. I Apol. 21. Justin (op. cit. 33) dit de l'Esprit divin : /.joçosr,37.' -âpÔEvov -e-oLTizs, ce qui est le sens exact de Le. i, 3Î).

3. V. 35. 010 Y.tx'i -0 Yevvw[ji£vov aytov y.Xï]6^'CT£Ta'. jtoç Oeou. Un certain nombre de témoins ajoutent h. aoù, d'après Mt. i, 16, entendant, par t6 Y^wfoaEvov, « ce qui doit naître » ; mais le sens est plutôt (conformément à Mt. i, 20) : « le Saint qui doit être engendré », l'être saint que Marie va concevoir, qui va être engendré par l'Esprit.

4. « Vocahitur, id est, erit filiiis Del, quia non a viro, sed a Deo, virtute spiritus sancti generabitur. Neque enim de Christi natura, sed de modo generationis angélus agebat. » Maldonat, II, 48. Il est vrai cependant que cette génération par l'Esprit doit avoir pour résultat la présence permanente d'un élément divin dans « le Saint engendré », ou bien il n'y aurait que miracle et non génération.

5. H\'LL.nATiîi,Jahrbùcherf. protestant. Théologie, 1891, 213-231 ; J. Weiss,305; Harnack, Zeitschrift f. neutestain. Wissenschaft [ZNTW.), 1901, 53-57; Usener, même revue, 1903, 16. Kattenbusch, Apostol. Symbol, II, 623; Merx, Die vier

joutée dans un récit où il n'était pas parlé de conception virginale. On a déjà vu que d'autres indices corroborent cette hypothèse. De même que la question de Marie vient inopinément, l'allocution de l'ange paraît se continuer suivant la ligne indiquée par le premier discours, sans tenir compte de la réponse qui vient d'être faite. Pour confirmer la vérité de sa promesse, Gabriel va donner à Marie un signe, et ce signe n'est pas autre que la grossesse d'Elisabeth. Les paroles : « Voici que ta parente Elisabeth a conçu, elle aussi, un lils dans sa vieillesse ' », ne sont pas amenées naturellement par ce qui précède. Un signe est-il nécessaire avec ou après le miracle de la conception virginale? Un plus grand prodige a-t-il besoin d'être garanti par un moindre? La comparaison de ces deux conceptions ne devient-elle pas forcée, presque choquante, si l'une des deux ressemble si pevi à l'autre ? Celui qui a écrit : « Elisabeth, elle aussi, a conçu », voit-il une autre différence que celle qui est rappelée par " la vieillesse >' d'Elisabeth ? A-t-il pu dire, pour faire ressortir le miracle dont celle-ci a été l'objet : *■< parce que rien n'est inq^ossible à Dieu ■ >' en oubliant qu'il vient de signaler

kanonischen Evnnyelien, II, i, ISO, retranchent seulement, comme glose i-il av5pa ou yivdWxf). ce qui supprime une difficulté, sans expliquer la constitution (lu récit. Selon Harnack, les vv. 34-.35 auraient été insérés après coup dans rKvangîle. Ses arguments semblent décisifs contre l'unité du récit, mais non pour l'interpolation postérieure à la rédaction définitive du livre. Les incohérences de la rédaction ne sont pas plus fortes que celles qui se rencontrent dans le C()r[)s de l'ouvrage, et les indices tirés du vocabulaire sont assez faibles. Meux [op. ril. l'.Ki) observe que le ms. lat. h, amenant le v. 38 a à la place du v. 34 donne une meilleure suite; mais c'est à condition qu'on omette le v. 35. Ce témoignage pourrait être allégué en faveur de l'hypothèse de Harnack. L'évangéliste aurait écrit, après le v. 33, 3H a : « Et Marie dit : Je suis la servante du Seigneur, ([u'il m'arrive selon ta parole » 3.') a. Et l'ange, répondant, lui dit : 3(>. « Voici (|ue ta cousine Elisabeth, etc. -37. 38 i. Et l'ange la quitta. »

1. V. 3(3. /.T.: io'/j 'EXtaâpST r, Tjyy£v;ç tou za'. aÙTY, a'jVcîX7]©sv uiov h/ yrjp£^ aùi"?];. L'existence dimc ti-adition sur l'origine lévitique et davidique de Jésus est attestée par un fragment d'Irénée (fragm. xvii, éd. Stieren, ap. Resch, A'm- (JheitsEvanyeliiim. 96), par Origène (Select, in Num. xxxvi, 6; ibid. 97), et le Teslamenl des douze patriarches (ibid.) en plusieurs endroits, notamment Siméon, 7 : àvaTTrlast yàp y.uv'o; iz -ou AsjV fbç àp/ispia, zaî l/. xo3 'lojoa w; paa'.Xia. Oîov xaî av6pfo-ov. Paul, l'Épître aux Hébreux (vu, 14), l'Apocalypse ( v, 5) ne connaissent que la filiation davidique.

2. Citalioii de Gen. xviu, 14, pour assimiler le cas d'Elisabeth à celui de Sara.

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un miracle bien plus important? On essaie, il est vrai, de rapporter ces paroles à la conception du Saviveur ' : mais le texte résiste à la violence qu'on lui veut faire.

Tout s'enchaîne parfaitement si 1 on fait abstraction des deux versets qui contiennent l'objection de la vierg-e et la réponse de l'ang-e. Après avoir annoncé à Marie la naissance de Jésus, et déclaré que celui-ci sera le Messie qui doit rég-ner sur la maison de Jacob. Gabriel donnerait à Marie, sans qu'elle le demande, un sig-ne dont elle a besoin, parce que le fait de la conception ne lui g'arantit pas que son enfant sera le Messie promis. Ce signe existe dans la grossesse miraculeuse d'Elisabeth, que Marie ne connaît pas encore. Ainsi la conception extraordinaire du Précurseur, devient, conformément à son rôle, un signe avant-coureur et indiscutable de la qualité de Christ qui appartiendra au fils de Marie. La remarque de l'ange sur le rapport des deux conceptions n'a plus rien qui df)ive surprendre ; ce qu'il dit sur le cas d'Elisabeth ne sert plus qu'à faire valoir l'importance du sig-ne donné ; le rappel de la parenté qui unit Marie et Elisabeth cesse d'être une allusion sans objet, car on comprend que le Messie théocratique. s'il doit se rattacher à la race de David par Joseph, doive se rattacher par Marie à la lignée d'Aaron ; il aura tous les pouvoirs et tous les titres de légitimité, à la différence des rois-pontifes de la famille hasmonéenne, qui étaient issus dune simple famille sacerdotale et n'appartenaient pas à la postérité de David.

L'adhésion de Marie à la parole de l'ange, bien quelle n'eût pas encore vérifié le dire de Gabriel en ce qui concerne Elisabeth, est dans la dignité de son rôle ; l'ange l'a traitée avec plus de respect que Zacharie, et elle ne se montre pas non plus hésitante, comme le vieux prêtre, devant la promesse divine. Il n'eu est pas moins vrai qu'elle ne tarde pas à se rendre auprès d'Elisabeth pour constater la réalité de ce qu'elle a cru. Cette démarche, dont le motif est effacé au point (jue les exégètes sont obligés

11 est possible que Luc ait entendu p%a au sens de « parole », ordinaire dans le Nouveau Testament, et non de c< chose », et qu'on doive traduire : « De la part de Dieu, aucune parole n'est inefficace. >- B. Weiss, E. 284.

i. Hofmann ap. J. Weiss, 304. Maldonat II, 50 : « Probat angélus hypothesim ex thesi, potuisse Deum effîcere et ut ante sterilis, et ul nunc virgo concipiat, qui;) non erit inipofi<<ilji.lp apiifl Dpuw. omne rerbum. »

ANiNONClATIONS 295

maintenant de le chercher, s'expliquait d'elle-même dans le récit primitif. Aussitôt qu'elle était devenue enceinte, Marie allait voir sa parente, pour vérifier le signe après avoir éprouvé la vérité de la promesse.

Telle paraît avoir été l'ordonnance du récit que le rédacteur du troisième Evangile a eu à sa disposition, et qu'il n'a sans doute modifié que très légèrement. (]e récit marque une étape dans le travail de la pensée chrétienne sur les origines du Christ. La rédaction de Luc en marque une autre, notablement plus avancée ; on verra que, sur l'échelle de ce développement, le récit de Matthieu se place entre les deux. Dans la perspective actuelle de la narration, la conception du Sauveur s'accomplit aussitôt après l'adhésion de Marie à la parole de l'ange ' ; l'évangéliste n'a pas cru qu'il fût nécessaire de le dire ; mais l'omission est encore plus facile à comprendre s'il s'est contenté de supprimer la transition qui devait exister dans la source entre le récit de l'annonciation et celui de la visite à Zacharie. La source ne devait pas négliger de dire que Marie devint enceinte, puisqu'elle a eu soin de l'observer pour Elisabeth.

Luc, I. 39. Et Marie s'étant mise en route, en ces jours-ià, s'en alla promptemenl dans la montag-ne, à une ville de Juda^. 40. et elle entra dans la maison de Zacharie et salua Elisabeth. 41. Et quand Elisabeth entendit le salut de Marie, l'enfant tressaillit dans son sein, et Hllisabeth fut remplie d'Esprit saint, 42. et elle parla à voix haute et dit : x Bénie (sois) tu parmi les femmes, et béni (soit) le fruit de ton sein ! 43. Et d'où me vient que la mère de mon Seig'neur entre chez moi ? Car dès que ta parole de salutation est arrivée à mes oreilles, l'enfant a tressailli d'allégresse dans mon sein. 45. Heureuse celle qui a cru qu'il y aurait accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur ! « 46. Et elle dit :

(' Mon âme gloritie le Seigneur, i7. Et mon esprit se réjouit en Dieu mon Sauveur, i8. Parce qu'il a regardé l'humiliation de sa servante;

Car désormais toutes les nations me diront bienheureuse,

1. Non dès le v. 28. Mais n, 21 ne prouve pas que la coïK-eption suive immédiatement l'annonciation, et laisserait plutôt supposer un intervalle ; c'est que u, 21 vient de la source; dans la perspective de l'évangéliste, le nom de .ïésus a été donné à l'enfant « quand il a été conçu )>, et non >' avant ».

2. V. 39. àvca-rà^a oî Map-.àu. iv -olïç f,uLÉQa'.: TaÛTai; s-opcûOr, ii; TfjV ôpjivr,v asTà

296 LES ÉVANGILi:» SYNOPTIQUES

49. Parce que le TouL-Puissant a l'ait pour moi de grandes choses, Et son nom est saint;

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