Hoi.TZM.wN, MY.K
u V contredit : car s'il y es( question des frères de .lésus, on ne les présente jamais comme lils de Marie, et il est à noter qu'on n'en cite jamais un en particulier, pas même Jacques, comme frère du Seigneur. I/évangéliste a déjà pu entendre ce titre de frère comme ont fait plus tard les exégètes chrétiens ; après avoir parlé de Marie comme vierge et fiancée, il ne dit pas ce qui advint du mariag^e projeté : au moment de la naissance de Jésus. Joseph apparaît comme époux de Marie, sans qu on |)uisse dire comment Luc s'est représenté la manière dont Joseph a été instruit du message de (iabriel. On dirait que la situation de Joseph, dont Matthieu a senti la difficulté, lui paraît aisée à comprendre. Ne serait-ce point parce ({u'il s'est représenté Joseph et Marie dans la disposition de deux époux chrétiens gardant la continence? Marie est censée vivre en état de virginité pour être agréable à Dieu ; c'est j)ourquoi la promesse d'un fils lui paraît simplement irréalisable. Mais il est difficile de reconnaître dans l'auteur qui lui fait exprimer ce doute, où il y a plus que de l'étonnement ', celui qui a raconté le châtiment dont Zacharie a été frappé pour un doute semblable.
Si le sens très spécial du mot " connaître », dans ce dialogue, ne peut prêter à discussion, il en est de même pour les premières paroles de l'ange, qui expliquent comment Jésus sera conçu sans intervention humaine. Les termes employés par Gabriel pour signifier l'opération de l'Esprit divin sont chastes et discrets, mais ils n'en figurent pas moins de façon très nette la part du mari dans l'acte physique de la génération ; ils sont tout aussi expressifs à cet égard que le mot « connaître » auquel ils correspondent ^. (( Esprit saint )• est synonyme de « puissance du Très-Haut », et ne désigne
1. B. Wi:iss, E. 2H2, y voil une expression de simple surprise.
2. C'est ce qu'ont reconnu implicitement les anciens auteurs qui voyaient dans l'approche de l'Esprit (v. 3:i. -vîSaa àytov iTrsÀîJarsiat l-\ <ii) l'accomplissement dis. VIII, ^. Pour irz'.a/.'.otjc'., cf. Act. v, 15; la signification du mot est locale, non morale (idée de protection divine, Schanz, Lk. 89, d'après Ps. xci, 1,4), ou relig-ieuse, allusion aux tliéophanies de l'Ancien Testament, à l'apparition de la nuée sur l'arche d'alliance (Holtzmann, 309; J. Weiss, 302, d'après Ex. xi., 34; Nombr. ix, 15; 1 Rois, viii, 10). On ne représente aucunement l'Esprit descendant du ciel en forme de nuage. Noter le parallélisme du rôle joué ici par l'Esprit et la vertu de Dieu, avec celui que la tradition plus ancienne leur attribuait dans la consécration messianique de Jésus à son baptême (Act. X. 38 .
pas un être personnel, mais l'Esprit divin en tant qu'agent intei-médiaire du Créateur. Sans que l'on spécule autrement sur la nature du Christ, cet Esprit est présenté comme le principe de sa vie physique. Une telle idée, on a eu raison de l'observer', ne pouvait s énoncer en hébreu et en araméen, où le mot « esprit » est du féminin : les apocryphes judéo-chrétiens font du Saint-Esprit la mère ou la sœur du Christ. Quant au fond même de l'idée, il ne s'accorde pas mieux avec la théolog"ie juive en ce qui fait l'originalité propre de celle-ci, à savoir la notion de la transcendance divine, qui ne permet guère de concevoir Dieu comme le principe générateur, physique et immédiat d'une vie humaine individuelle. En grec et pour 1 esprit hellénique, ces embarras n'existent pas. L'apologiste Justin trouvait tout naturel de comparer la naissance de Jésus à celle des héros ou demi-dieux, nés d'un dieu et d'une mortelle -.
C'est précisément parce que l'Esprit divin tient à son égard le rôle de père, que l'être saint qui va être engendré sera appelé Fils de Dieu "^ , il sera vraiment tel. Cette notion physique de la filiation divine du Christ ne se distingue pas seulement de la notion métaphysique exprimée dans le quatrième Evangile '^, elle se distingue aussi, et plus profondément peut-être, de la notion théocratique exprimée dans le premier discours de Gabriel.
La seconde explication vient en surcharge de la première, et il n'y a pas lieu de s'étonner que plusieurs critiques ' la déclarent sura-