‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 276 sur 829 · J. Weiss · texte numérisé non relu

J. Weiss

3. Les « entrailles » ^-Àséy/va, sièg'e du sentiment, s'entcudenl ici, comme l'hébreu D"'Qm. au sens de « bienveillance, compassion » ; mais iXéou; a dû être ajouté devant 6îou pour atténuer Tanthropomorpliisme , et parce qvie iTzXdyya. seul n'exprimerait pas suffisamment l'idée que représente □"'am. ('1. Col. III, 12, a-Xây/va oîy.t'.p[i.oj. Quand il s'agit de Dieu, LXX traduit □IQÎT^ pai o'.XTtpaoî.

4. nBL (Ss. lisent l-'.isy.v\ii-x'., qui est réclamé par le contexte; la leçon commune iTiEaxÉ'^aTO est pour la conformation avec le v. 6H , et parce qu'on ne comprenait plus qu'il s'agissait de la parousie.

5. Le verbe 2:wtax£t{(£Ta'. a pour sujet àvaToXr;. iÇ j^ouç se rattache plus facilement à àvaToXrJ qu'à im'syJ'lcTa.:, et limage n'est pas : « un soleil qui se lève d'en haut » mais « un lever d'astre qui vient du ciel » (cf. xxiv, 49), bien que Ton songe à une aurore, non au lever d'une étoile. Ni l'étoile de Balaam, ni l'étoile des mages ne sont en cause. Outre que le mot àvaroÀT, s'emploie couramment pour désigner le lever du soleil ou l'orient, un lever d'étoile n'est pas ce qu'il faut pour éclairer le monde.

6. V. 79. È-[çàva'- toïç =v (7/.o't£'. /ai cr/.'.à Oavarrrj za'J7]|jivo'.;. 1,'inlinitif 3-ia-àva'. marque le but de '< la visite » ; et de même dans le second meml)i-e. tou xatEu- Ouvat Toùç -ooa: f,afov eÎç ôoov £ipr|vr|ç, le but de <• l'illumination >> l'st indiqué par xoû zaTsuÔuvat ; ce sont les ténèbres ([ui empêclient de marclier. Le premier membre se réfère implicitement à Is. ix, I (cf. Job, m. o; Ps. cxii, K», 14), dont Mt. IV, IC). fait application au ministère de Jésus. « Le chemin île la paix » est le chemin qui conduit à la paix, et cette paix n'est pas sim]ilemenl la tranquillité, mais le salut messianique.

7. B. Weiss, J. Weiss, lloltziiiMiin. Sclian/.. Maldonai. Il, 77 : <• N'ocat enini C-hristum tacite solem. »

314 LES évanCtICes synoptiques

nique '. non \v Messie lui-même. Un sujet personnel convient mieux pourtant au verbe « visiter », et rien n'empêche de voir dans cette expression une désignation personnelle du Messie, sug'g'érée par certains passages des Septante '^.

Le Benedictus, abstraction faite de la strophe relative à Jean, est un psaume judéo-chrétien, qui suppose, dans ses premières strophes, la venue du Christ, et qui regarde, dans la dernière, cet avènement comme futur, les deux avènements étant d'ailleurs coordonnés l'un à l'autre dans la perspective, et le premier n'étant que la condition du second, qui est proprement la venue du Messie. L'intrusion de la quatinème strophe ne modifie pas le point de vue primitif, qui reste encore celui de Luc ; mais l'évangéliste a pu entendre des Gentils le passage concernant ceux qui sont assis dans les ténèbres ; il faut dire même que tous les éléments judéo-chretiehs ont dû prendre dans sa pensée un caractère figuratif dont le texte ne nous donne pas la clef.

La notice concernant lenfance et la jeunesse de Jean-Baptiste est évidemment destinée à rattacher les récits merveilleux de sa naissance aux faits de sa carrière publique. On aura pensé qu'il avait dû rompre de bonne heure avec la société, pour s'adonner au genre de vie extraordinaire que fait connaître la tradition apostolique de l'Evangile '■. Peut-être aussi a-t-on supposé que Jean n'avait pas dû rester longtemps dans son pays natal, parce que ses relations ultérieures avec Jésus montrent qu'il ne l'avait jamais vu avant leur rencontre au bord du Jourdain, lorsque Jean était dans le plein exercice de son ministère,^ et que Jésus vint se faire baptiser par lui. Les indications ont le caractère vague qui convient à leur nature. L'enfant grandit ; son développement intérieur suivit celui de son corps; on ne dit pas au juste depuis quel temps il vécut dans les déserts; ce fui seulement quand il fut devenu grand; les déserts sont ceux de Juda, à l'ouest de la mer Morte. Il y avait des esséniens dans cette région, mais Luc n'a pas songé que Jean aurait pu

1. On renvoie à Mai,, m. 20; Is. lviu, 8; lx, 1-2; Jug. v, 31.

2. Jéh. xxiii, 5 ; Zach. III, 8; vi. 12. On objecte que l'hébreu a, en ces endroits, le mot n;2À* « rejeton », dont le sens ne convient pas ici. Mais il ne s'agit pas du sens de l'hébreu. Le lecteur de LXX entendait àvaToÀT)' au sens ordinaire, et voyait dans « orient » un nom du Messie (cf. Is. iv, 2. LXX). « L'orient d'en haut » est .' le Messie de Dieu ^>. Dalman, l, 183.

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