‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 279 sur 829 · Rom. i, 3; snpr. p · texte numérisé non relu

Rom. i, 3; snpr. p

4. AcT. Il, 30; xui, 23; snpr. p. II. .">. lîrsÈBK, ///s/, t'cri. 1,7.

GÉNKAI.OGIES DU CHRIST 317

une objection non moins sérieuse que sa patrie g-aliléenne. A cette seconde difficulté on réj)ondait par les récits de la naissance à Bethléem; les généalog-ies vinrent d'abord, pour suppléer à l'insuffisance de la première tradition. Leur antiquité relative semble résulter du fait qu'elles aboutissent toutes les deux à Joseph, en sorte que les récits de la conception virg-inale les rendent superflues. Autant il est certain que les évangélistes ont trouvé moyen de leur conserver une valeur probante, en attribuant à la paternité putative de Joseph une signification juridique, autant il est clair que ion n'aurait jamais songé à dresser de pareilles listes en vue d'un si maigre résultat. L'idée de la conception virginale est en rapport avec la notion du Christ fils de Dieu, qui doit sa dignité à une origine surnaturelle ; comme l'idée johannique de l'incarnation du Verbe, elle éclipse et annule, en quelque façon, l'origine davidique. Quelle que soit leur date, de pareils essais correspondent à un degré inférieur et tout primitif de la pensée chrétienne sui- le rôle messianique de Jésus. Le Messie est encore et surtout le Sauveur d'Israël, le roi qui s'assiéra, comme héritier naturel et légitime, sur le trône de David. Saint F*aul, qui a brisé ce cadre pour faire place aux Gentils, le garde comme point de départ et comme dernier terme de sa théorie du salut. Les généalogies n'ont de sens que par rapport à l'idéal messianique des Juifs, et c'est en vue de la controverse avec les Juifs qu'elles ont été composées. Elles sont restées dans les Evangiles de Matthieu et de Luc, écrits au point de vue du christianisme universel , comme des morceaux de tradition incomplètement assimilés. (]elle de Matthieu ne fait pas corps avec le récit, et celle de Luc y est insérée par un artifice de rédaction que l'évangéliste n'a pas cherché à dissimuler. Elles existaient avant les Evangiles qui nous les ont conservées, et qui n'v ont guère fait d'autres modifications que celles qui étaient indispensables pour les adapter aux récits de la conception virginale '.

Matth. I. 1. ("lénéalogie de Jésus- Lvv. ni, '2'S. El Jésus lui-même, en

(>hris(. tils de Diivid. fils d'Abra- commençant, avait environ trente

ham. ans, étant le tils, à ce qu'on croyait,

■J. Abraham engendra Isaac : de Joseph, (fils) d'Héli, 24. (fils) de

Isaac- engendra Jacob; Jacob engen- Matlat, ifils) de Lévi, (^fils'i de Mel-

dra .luda et ses l"rèi-es : '.i. Juda elii, (filsi fie Jaanaï, ( fils de Joseph,

1. Si- repfjiU'i-, pour Lue. ;iu coniiiieiilaiii' de i, .'i'i-.i;i, s///*/-, pp. 29()-2'.H.

engendra Phares et Zara, de Thamar; Phares engendra Esron; Esron engendra Aram ; 4. Aram engendra Aminadab ; Aminadab engendra Naasson ; Naasson engendra Salmon 5. Sahiion engendra Booz, de Rahab Booz engendra Obed, de Ruth Obed engendra Isaï; 6. Isaï engendra David le roi ; David engendra Salomon, de la femme d'Urie; 7. Salomon engendra Roboam; Roboam engendra Abiam ; Abiam engendra Asa; 8. Asa engendra Josaphat ; Josaphat engendra Joram ; Joram engendra Ozias ; 9.

Ozias engendra Joalham; Joatham engendra Achaz; Achaz engendra Ezéchias; 10. Ezéchias engendra Manassé ; Manassé engendra Amon; Amon engendra Josias; 11. Josias engendra Jéchonias et ses frères, dans la déportation à Babylone ; 12, et après la déportation à Babylone, Jéchonias engendra Salathiel; Salathiel engendra Zorobabel ; J3.

Zorobabel engendra Abiud; Abiud engendra Eliakim; Eliakim engendraAzor; 14. Azor engendra Sadoc ; Sadoc engendra Achim ; Achim engendra Eliud; 15. Éliud engendra Éléazar ; Éléazar engendra Mathan ; Malhan engendra Jacob; 16. Jacob engendra Joseph, l'époux de Marie, de laquelle est né Jésus, qu'on appelle Christ.

17. Ainsi toutes les générations, d'Abraham jusqu'à David, sont quatorze générations; et de David jusqu'à la déportation à Babylone, quatorze générations ; et de la déportation à Babylone jusqu'au Christ, quatorze générations.

•25. (fils) de Mattathias, (fils) d'Amos, (hls) de Naoum, (fils) d'EsIi, (fils) de Naggaï, 26. (fils) de Maat, (fils) de Mattathias, (fils) de Séméïn, (fils) de Josech, (fils) de Joda, 27.

(fils) de Jean, (fils) de Résa, (fils) de Zorobabel, (fils) de Salathiel, (fils) de Néri, 28. (fils) de Melchi, (fils) d'Addi, (fils)deChosam, (fils) d'Elmadam, (fils) d'Er, 29. (fils) de Jésus, (fils) d'Eliézer, (fils) de Jorim, (fils) de Mattat, (fils) de Lévi, 30.

(fils) de Siméon. (fils) de Juda, (fils) de Joseph, (fils) de Jonam, (fils) d'Éliakim, 31. (fils) de Méléa, (fils) de Menna, (fils) de Mattata, (fils) de Nathan, (fils) de David, 32. (fils) d'Isaï, (fils) d'Obed, (fils) de Booz, (fils) de Salmon, (fils) de Naasson, 33. (fils) d'Aminadab, (fils) d'Aram, (fils) d'Esrom, (fils) de Phares, (fils) de Juda, 34. (fils) de Jacob, (fils) d'Isaac, (fils) d'Abraham, (fils) de Tharé, (fils) de Nachor, 35. (fils) de Sarug, (fils) de Ragau, (fils) de Phaleg, (fils) d'Éber, (fils) de Sala, 36. (fils) de Cainan, (fils) d'Arphaxad, (fils) de Sem, (fils) de Noé, (fils) de Lamech, 37. (fils) de Mathusala, (fils) d'Hénoch, (fils) de lared, (fils) de Malaleël, (fils) de Cainan, 38.

(fils) d'Énos, (fils) de Seth, (fils) d'Adam, (fils) de Dieu.

CiÉNÉALJGIES Dl CHRIST 319

La généalogie de Matthieu est pourvue dun titre particulier ' que Tévangéliste a pu trouver joint à la liste même, et qui ne vise pas autre chose. Ce titre est imité de celui des sections généalogiques de la Genèse "-, bien qu'il n'ait pas tout à fait le même sens que la formule correspondante de Ihébreu-'^ Il doit se traduire : « Livre de l'origine de Jésus-Christ, fils de David, fils d'Abraham », et l'on entend par origine la descendance généalogique^. Jésus-Christ est le nom solennel du Messie des chrétiens. Paul emploie déjà cette formule, qu'on ne trouve pas dans Luc, et que Marc a seulement dans le titre de son Evangile. On a dit d'abord <( le Christ Jésus » ; puis on a fait de Christ une sorte de nom propre que l'on a transposé après Jésus, comme un surnom, pris de la qualité de la personne, pour s'ajouter au prénom ^. Le mot hébreu correspondant était venu de la formule « oint de lahvé » '', qui désignait, en style relevé, le roi d'Israël ; l'emploi de cette formule pour désigner le roi des élus, le prince des saints dans le royaume de Dieu, n'est pas très anciennement attesté ; comme on évitait de prononcer le nom de lahvé, on en vint à dire simplement " l'oint ». Le titre de « fils de David » était plus populaire, et l'on a soin de le rappeler ici dès l'abord, le but de la généalogie étant de montrer que Jésus peut ])ien être le roi-Messie, puisqu'il est descendant de David. On croyait, en effet, que le Messie ne devait pas seulement être investi de la royauté, comme David, mais être né de son sang. La mention d'Abraham comme père de David ^, et conséquemment de Jésus, est faite aussi dès l'abord, et la série généalogique part de ce patriarche, parce que la généalogie a été composée en vue du Messie d'Israël.

1. BîjBXo; -[vdiî'oç 'Iriaoîi Xotorou utoîS Aausto 'j'.ou 'Appadia.

2. Cf. Gen. V, 1 (LXX). (xuTri r) |j;j3Àoç yEviaswç àv6poj7:cov.

.3. Les miSin de la Genèse s'entendent de la succession des générations, tandis que Matthieu donne la liste des ascendants de Jésus. Il y a en commun ridée de succession généalogique.

4. On a voulu voir dans ce titre celui des récits de l'enfance, mais « l'origine >• n'est pas la naissance; ou même de tout l'Évangile (notamment Zahn, II, 270- 271), mais « l'origine » n'est pas l'histoire. L'imitation des généalogies de la Genèse est voulue, et l'exemple qui est cité plus haut, n. 2, ne vise qu'une série généalogique.

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