Cf. .Tkh. xxii. -2S, 30: xxxvi, :{0-:il
GÉNÉALO(;iES DU (.HRIST 329
listes g'énéalog'iques n'aient dû connaître que la paternité lég^ale, nos évangélistes ne semblent pas avoir le moindre soupçon de ces fantaisies. Leurs listes, pour n'être pas vraiment historiques, n'en signifient pas moins une j^énération naturelle, sauf en ce qui regarde le rapport de Jésus avec Joseph, et celui d'xVdam avec Dieu. L'antiquité de lexplication proposée prouve seulement qu'on a de bonne heure essayé de les conciber, et son caractère tout judaïque vient de ce qu'elle a été imaginée en etîet par des judéo-chrétiens, les parents du Sauveur, qui l'ont transmise à Jules Africain '. Une autre hypothèse, purement arbitraire, puisqu'elle détruit \e sens naturel du texte, consiste à rapporter la généalogie du premier Evangile à Joseph, celle du troisième à Marie : celle-ci. étant tille unique d'Héli, aurait dû épouser Joseph, son plus proche parent libre, et Joseph, succédant aux droits de son beau-père et continuant sa lignée, serait devenu son fils. Le généalogiste était si peu préoccupé de cette conjecture que .loseph est dit fils d'Eli, sans qu'il soit même fait mention de Marie. On a vu plus haut que les récits de l'enfance rattachaient Marie à la postérité d'x\raon. non à celle de David, et que Luc n'a pas pris sur lui d y contredire.
Ainsi les généalogies ont été créées pour servir d'argument ; elles ne contiennent en réalité qu'une assertion : Jésus descend de David, <ui plutôt il est le fils de David, le Messie promis. Les évangélistes «int gardé ces listes parce qu'ils s'intéressaient à la preuve de la mission du ( Christ par les prophéties ; mais la transformation qu'ils font subir à la fin des séries, pour faire place à la conception virginale, ruine l'argument par rapport à l'avantage qu'on en tirait dans la controverse avec les Juifs. Ils n'ont pas songé à mettre Marie à la place de .loseph. parce ([iie la substitution ne remédiait ;t rien au point de vue polémique, le droit de la royauté messianique ne pouvant être transmis par une femme, et (|ue l'idée d une filiation légale ef interprétative leur a paru suffisante j)our l'accomplissement des pi-ophéties. (-n tant que cet accomplissement importait à l'édification de l'Eglise. Jésus lui-même ne paraît pas s'être cru fils de David aid rement que par voie d'interprétation, c'est-à-dire en tant qne (]hrisl. Son origine davidique, non garantie par lui. ne peut être acquise à l'histoire. L'absence de généalogie authenticpu^ ne prouverait pas quil n'ait pu être issu de David: mais son attitude est un