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32fi LES ÉVAN(.1LI-:S SVN(tl'TigrKS
Evang-ile, naura peut-être j)as eu, en remontant sa liste jusqu'à Adam, d'autre intention que celle d'être complet, mais Iaic a jju y rattacher l'idée du Sauveur et du salut universel.
La formule d'introduction ' paraît avoir subi le même Iravail d'adaptation et de retouche que la conclusion de Matthieu. On lit dans la version syriaque du Sinaï : '< Or.îésus, âgé d'environ trente ans (était?), comme on le nommait, lils de Joseph. » La leçon du coder Bezae paraît signifier : « Jésus, au commencement de sa trentième année, était, comme on le croyait, tils de Joseph - ». et l'en» a pu se demander s'il n'y avait pas là une opposition voulue entre la filiation naturelle de Jésus et sa filiation divine, qui serait rattachée au baptême et à la descente de rKs|)rit. (élément d'Alexandi-ie a lu que Jésus, « venant ' » au baplème, avait trente ans. Il est évident que la généalogie de Luc, jias plus que celle de Matthieu, n'a été composée pour déclarer qui' .lésus n'était tjuc h' lils |>utalit de Joseph, et le relier, par ce père qui n'est pas le sien, à une série d'ancêtres remontant jusqu'à la ci-éation du monde: mais il est possible quelle ne vienne pas de la même source (pie les récits de l'enfance, et qu'elle ait été rattachée au baptême, connnencement de l'Évang^ile d'après Marc et la tradition apostolique, dans la source où Luc l'a trouvée. Là elle rappelait l'oi-igine terresti-e de Jésus, en regard de sa consécration messianique, son orig-ine humaine à côté de sa liliation divine : <■< Jésus, (puind il ^ int au ba]>téme avait trente ans, et il était, comme son nom l'indiquait, lils de .losej)li » : et la g'énéalogfie suivait son développement ascendant juscpi au premier homme et à son créateur, la génération spirituelle du second Adam faisant pendant à la création du premier.
On ne saiirait dire si l'indication concernant l'âge de Jésus vient de la même source que la généalog-ie. Elle i)ourrait proNcnir d'un calcul de l'éx ang'éliste ', soucieux d'établir lui rapj)ort entre la date
I. V. 2;{. /.y.'. aJTo: y,v "It,:;oj: àv/o;j.3V'>; ro7£'. Itmv tv.âx.ovTa. '•>'/ -j'.o:. t'-t; ;vo;j.:'-'£to. 'l'..^r;c.
2. Y,v 01 Itj'JOjç '•); îTfov TV.a/C'j'/Ta acyo;j.;vo: to; ivo|j.'.-£to
même ms. lil, an v. 22 : « Je lai en^tnidiv nujoiiid'luii. ^
3. èpy6[xr/oç au lieu de àp/o;j.£voç ; Ihi'-.née, Huer, u, 22, 5. est donlcux). (!i.i;- MENT, I Strom. xxi, 14"). (Vêtait la leçon du Diatessavoii, dapii-s iM-iiiiiiM (Moesinger, il ; de même Aphraatks (Wright, 40:)-i-06).
i. Un ra])port avec là^e fixé poiii' leutréo en fonctions des léxilcs (Nomiîi;. IV, :i, 2'i) t'sl peu vraisemblable.
<iK.NKAI.(M'.li;S m CIIKIiST -î^T
assiifnée au ministère de Jésus e( les récits de reufance. et avoir été insérée par Luc dans un récit qui se bornait à prouver la descendance davidique de Jésus, a|)rès avoir prouvé sa qualité de tils de Dieu. La computation de Luc se donne comme approximative ; elle est assez inexacte si Jésus est né avant la mort d'Hérode ; dans ce cas, il ne pouvait g'uère avoir moins de trente-deux ans à la tin de Tan 28. Si Jésus était né h répoc[ue du recensement de (}uii'inius, il n'aurait eu que ving-t-deux ans quand il fut baptisé, et la notice de Luc serait fausse. L'évang'éliste ignorait sans doute et l'âge de Jésus et la date de sa naissance. Il savait seulement, ou crovait savoir, que Jean et Jésus étaient nés au temps d'Hérode ; c'est de cette donnée vague, combinée avec la date de la passion, qu'il aura déduit ses » trente ans environ <>.
Dans un évan^j^ile où était racontée la conception virg^inale. la coïncidence de la consécration messianique avec la descente de l'Ksprit s'évanouissait, et l'assertion impliquée dans le nom de m tils de Joseph » réclamait une atténuation. La formule : « comme on l'appelait », était susceptible d'interprétation: mais c. comme on le croyait » répond mieux à l'idée d'une libation putative. Encore est-il que la correction demeure équivoque ; car le lecteur non averti p<un lait penser que Jésus était réellement ce qu'on le croyait être, tandis que l'intention du correcteur a été de signitier le contraire, à savoir ({ue Jésus était « selon l'opinion ». mais non pas en réalité, lils (le Joseph. La g-aucherie de l'indication montre qu'elle est venue après coiq) pour écarter l'idée de (iliation naturelle, cpie suggérait d'abord le texte de ce passage.
( )n ne saurait cinicilier la généalogie de Luc avee celle de Matthieu. La ditliculté ((ui résulte du nombre ditîérent des générations qui correspondent à une même j)ériode serait aisément écartée, puisque Matthieu a omis volontairement plusieurs noms, et (jue. les personnages n'étant pas les mêmes de part et d'autre, il n'est pas nécessaire que le nombre des générations comprises entre David et le (Christ soit identique. Mais la contradiction principale vient justeni'.Mit de ce que les deux généalogistes, énumérant les ancêtres de Joseph, (|ui sont, par là même, censés les ancêtres de Jésus, présentent, à partir de David, deux listes dilférentes : Matthieu donne, poui- le temps compi'is entre David et la captivité, une liste incomplète (les rois de Juda, qui se termine à Jéchonias, père de Salathiel, tandis (juc Lucab(>utit, par une autre série de générations, la lignée
de Nathan, tils de David, au même Salathiel, si c'est le même, et ce doit être le même, puisqu'il a pour tîls Zorobabel, un pei-sonnage bien connu de 1 histoire juive ; les deux listes se séparent de nouveau après Zorobabel, pour se rejoindre seulement à la fin, sur le nom de Joseph. (Qu'elles aient été construites indépendamment Tune de l'autre, on ne peut g-uère en douter; que chaque évang^éliste ait connu seulement celle qu'il rapporte, rien n'est plus vraisemblable, quoique l'hypothèse d un choix ne soit pas impossible. Gomme elles résultent, en grande partie, de combinaisons et de conjectures qui n ont rien à voir avec l'histoire, elles ne sont pas obligées de s'accorder historiquement. Si Matthieu a supprimé quelques rois. Luc les a évités tous. On dirait que sa liste a voulu faire droit à une interprétation des prophéties qui faisait descendre le Messie de David par une branche collatérale '. Salomon et la plupai^t des rois de .luda n'avaieut-ils pas été infidèles, et .lérémie -' n"avait-il pas maudit Joachim. Jéchonias et leur postérité ? 11 n en coûte g-uère plus d'inventer une série de personnag^es inconnus que d'en supprimer plusieurs dans une série coiniue. Le maintien de Zorobabel et de Salathiel, si extraordinaire qu il paraisse, peut se justifier par le désir de conserver dans la généalog-ie du Christ le restaurateur du temple. (Test perdre son temps que de chercher un accord ferme entre des données qui n'ont pas de consistance. Les hypothèses par lesquelles on a essayé de les accorder ne sont rien moins que satisfaisantes. Il sulfit de mentionner celles qui ont eu pendant long-temps la faveur des exég-ètes. La première est fondée sur la loi dite du lévirat. On suppose que Jacob, père de Joseph, d'après Matthieu, et Eli, père de Joseph, d'après Luc, auraient été frères utérins, nés d'une femme qui aurait épousé successivement Mathan, père de Jacob, et Mattat, père d'Eli. Eli étant mort sans enfant, son frère Jacob auraitépousé sjt veuveet aurait eu d'elle Joseph, réputé légalement tils d'Eli. Le même jeu s"ap|)liquei'ait à Jéchonias et à Néri. frères utérins, dont l'un. Néri. serait lég-alement, et l'autre, Jéchonias, réellement frère de Salathiel. (^utre (jue l'oblig-ation du lévirat pour les demi-frères n'est pas établie, et que les
1. Iai laïuille de Natliau est inenlioniiée, /.ach. xii, \1, ;i côté (\r celle de David; peut-être le généalogiste s'est-il inspiré de ce passa^je.