‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 287 sur 829 · JOSEPH · texte numérisé non relu

JOSEPH

(mattii. 1. IS-2o).

Les récits de Matthieu sont moins déi aillés et moins bien équilibi'és que ceux de I^uc; ils sont visiblement suboi-donnés aux prophéties qui leur servent de couronnement, et les prophéties ellesmêmes servent à justifier des données messianiques fournies par la tradition ou par la vie de Jésus. Le Christ est tîls de Dieu, car il est né d'une vierg^e : Isaïe lavait prédit, et tout s'est passé comme Tavait dit Isaïe. Le Christ est fils de l)a\id et roi : ainsi cpie Michée l'avait annoncé, il a reçu le joui- dans la patrie de son ancêtre, et confoi'mément à d autres prophéties, il a reçu les hommages des princes d'Orient. Mais le (Christ a vécu à Nazareth : cela aussi était prédit, et si sa famille a cpiitté Bethléem, c'est à cause d'Hérode qui voulait tuer le \ rai roi îles Juifs dans son berceau; les parents de Jésus se sont retirés en l'.g'vpte, et ils sont revenus après la mort d'Hérode, ce qui accomplit une prophétie d'Osée. Otte construction théologique est tournée en histoire, mais la description est plus que sobre; elle manque de vie et de couleur. On ne j)erçoit aucune trace de combinaison rédactionnelle ; le dernier rédacteur de l'^^van- ^ile a dû composer lui même, d'après les opinions qui avaient cours en son milieu, et les procédés admis par l'exégèse de ce temps, c esta-dire dans l'esprit des commentaires haggadiques de 1 Ancien Testament, une relaticm de la naissance du (Christ où le sentiment de la réalité historique est beaucoup plus etVacé que dans la narration exploitée par Luc.

Mattii. i, 18. Or hi naissance Jii (christ Jésus nrrivii ;iinsi : sa mère ayanl été fiancée à Joseph, avaiil qu'ils eussent habile ensemble elle se trouva enceinte par I l-Cspril sainl. 19. Joseph son époux, élanl lui honuiie juste, el ne \oulanl pas la diffamer, songeait à la répudier sans bruit ; 20. mais, pendant qu'il projetait cela, un an,i;e du Seigneur lui apparut en songe, disant : <■ Joseph, fils de Daxid. ne crains pas de prendre (chez, toi) Marie ta i'emine, car ce (pielle a conçu est dl'lsiirit saint; '2\. elle

enfantera un lils, el lu lui donneras le nom de Jésus, car il sjiuvera son peuple de leurs péchés » — "22. El Loul cela arriva pour que i'ùl accompli ce que le Sei};;neur avait annoncé par le prophète qui dit ; 23 " V^oici que la vier^'-e sera enceinte et enfantera un fils, et on rappellera du nom d'Emmanuel ». ce qui signifie : « Dieu avec nous ». — 24. Et Joseph, s'étant éveillé de (som sommeil, fit comme lange du Seigneurial avait ordonné, el il prit (chez lui) sa femme ; 25. et il ne la connut pas avant qu'elle mil au monde un fils, et il donna à celui-ci le nom de Jésus.

Une formule exempte de prétention littéraire rattache le commencement du premier récit à la g'énéalog'ie que révangéliste a recueillie en tête de son livre'. Marie et Joseph, étant connus par cette g-énéalogie, n'ont pas besoin d'être présentés au lecteur. On apprend, sans autre préambule, que Marie, n'étant encore que fiancée à Joseph, s'est trouvée enceinte par une influence miraculeuse de l'Esprit divin \ L'idée d'une g-énération naturelle est exclue

1. \ . 18. -où oï Xptato'j 'IrjaoO f, yÉvsat: ourf.>; rjv. \a' génitif, au commencement (le la proposition, se réfère à la généalogie, v. 1 et v. 16. xC et le plus grand nombre des témoins ont 'Iridovi Xptaxou, mais cette formule ne s'emploie pas avec l'article. B a Xptaxoij 'lY)aou. Ss. Se. et les anciens témoins occidentaux ont simplementXptaTou, qui a chance d'être la leçon primitive; dans ce cas, le V. 18 se rattacherait plus directement au v. 16 qu'au v. 1. nBC et d'autres témoins anciens lisent yivsai; ; la leçon des témoins latins, generatio, suppose cette lecture cf. Le. i, 14, nativitas). La leçon YÎvvifi<7t; est moins autorisée.

2, avrjCTTEjOstarjÇ xfjç aYjTpôç aùxoij Mapia; t(o 'T'Dirîç. rrpîv f] a'jvsXOcîv aùtoùç £ÛpsOrj iv ^aarpî s/ouaa iv. -vaûixaroç àyîoj. La suite montre que ajv£À9=ïv vise directement la cohabitation sous le même toit, et non l'usage du mariage : mais l'un n'en est pas moins censé la conséquence naturelle de l'autre, et l'esprit de ce récit n'est pas du tout celui de Le. i, 34; il est sous-entendu que la cohabitation ruinerait la preuve de la conception virginale, et c'est pour cela même que la conception est placée avant la cohabilalion. L'auteur s'abstient de dire comment la grossesse fut constatée ; el Maldonat fl, IVI) a raison de trouver peu lespectueux le pioposde S. Jérôme, in h. /o<\ : « A Joseph inventam essedicunl, qui penc liccnlia maritali futurae nxoris oinnia iioveral », attendu que cette découverte ne suppose pas de recherclu>. " iiec significatur ah eo potius quam ab alio inventam fuisse, sed vis verhi ^jOcOï, est eam subito et inopinato ita tumido apparuisse utero, ut quivis qui modo oculos adjiceret, videre posset eam fuisse j^iavidam. » Lesprit est dit '< saint » en tant que divin, non pour une raison s})éciale d'ordre religieux et moral; la préposition h/, indique la cause de la génération, mais l'idée même de cause génératrice oblige à entendre que la vie de l'être eniicndré pai- rKsprit esl (juelque chose de cet esprit même. Il est question d'iine t^'énéralion, non d'une création miraculeuse.

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