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364 LES ÉVANGILKS SYNOPTIQUES

lever ' •'. Toute l'antiquité croyait au rapport des phénomènes célestes avec les événements qui s'accomplissent sur la terre, et spécialement au rapport des étoiles avec la naissance et la destinée des grands hommes. Suétone - et Tacite ^ racontent, à propos de Vespasien, que. suivant une opinion répandue en Orient, des hommes venus de Judée devaient prendre l'empire du monde, (^ette opinion avait son orig^ine dans la dispersion des Juifs, qui était la dispersion de l'idée messianique. Mais le récit est fondé .sur quelque chose de plus précis que ces croyances.

D'après la tradition chrétienne, les mages n'ig-noraient pas les prophéties de Balaam, où il est question d'une étoile qui doit surgir de Jacob '\ Rien de plus aisé à concevoir, pensait-on, puisque Balaana était de leur pays '. L'oracle de Balaam se rapporte à la victoire de David sur les Moabites ; mais on en avait fait une prophétie messianique ''. 11 est très vraisemblable que l'évangéliste et déjà la tradition qu'il leprésenle ont prêté aux mages la connaissance de la prophétie ; voyant se lever un astre nouveau, les mages en ont conclu avec certitude que le « roi des Juifs » était né. On ne trouvait pas la moindre difficulté à cette combinaison, qui ne serait pas facile h. concevoir au point de vue de l'histoire réelle. La tradition n'a vu que la prophétie : une étoile devait être le signe du roi Messie ;elle se lèverait naturellement à l'est, et comme d'autres oracles annonçaient que le Messie recevrait les hommages de l'Orient, on a mis l'étoile en rapport avec les mages d'Orient, grands astrologues, plus capablee que d'autres d'èti'e fra])pés par un tel signe. 11 serait inutile aujourd'hui de discuter les hypothèses savantes

1. V. 2. £i6o;j.cv vàp xjTou tov àaiipa Èv tt; àvaToÀr). Les mages parlent le langage de l'astronomie ; ils ont observé l'astre « au lever » : Matthieu emploie le pluriel (v. 1) pour désigner l'Orient, et il n'y a pas de raison pour que les mages disent qu'ils ont vu son étoile " à l'Orient »: leur discours est, au contraire, tout à fait significatif si la première apparition de l'étoile, objet de l'observation astronomique, coïncide avec la naissance du Christ. Le v. 9 s'entend très t)ien dans le même sens, les mages n'ayant vu l'éloile que dans ce « lever ».

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