LES MAGES ET LA FUITE EN KCYPIE
MAI l'H. ir. 1-23
Il va de soi pour Matthieu que Jésus uaisse à Bethléem, puisque Joseph y habite. C'est pourquoi la naissance à Bethléem n'est pas l'objet d'un récit particvilier, comme dans Luc. Mais on va expliquer pourquoi le Messie, né dans la ville de David, n'a pas |)u y demeurer : ce sont les honneurs mêmes dont son berceau a été entouré qui ont obligé sa famille à s'éloigner. Hérode régnait en ce temps-là, et fut fort étonné, un jour, d'apprendre, par des mages arrivés d'Orient, qu'il venait de naître un roi des Juifs '.
Matt. u. I. El Jésus étant né à Belliléem de Judée, ;iu leuips (]ii lui Hérode, des maj^es dl )rient tirrivèrenl ti JérusnlcMTi, "i. disant : < ()ii f^l le roi des Juifs qui vient de iiaitre ? riw nous avons vu son étoile se lever, et nous sommes venus lui rendre h<juunage. » 3. Et en entendant (c-ela) le roi Hérode fut troublé, et Jérusalem entière avec lui: i. et ayant assemblé tous les chefs des prêtres et les scrdies du peuple, il > informa près d'eux où le Christ devait naître; 5. et ils lui dirent : <■ A Bethléem de Judée; car voici ce qui a été écrit par le prophète : 6. « Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n'es pas la moindre i)armi les chefs-lieux de .Inda ; car de toi sortira le chef qui doit |)aître mon peuple Israël. » 7. Aloi> Hérode, ayant fait appeler secrètement les maj^ies. leur demanda le temps précis où l'étoile était apparue ; 8. et les envoyant à Bethléem, il dit : (i Allez, informez-vous soigneusement de l'enfanl, et quand vous rame/ trouvé, avertissez-moi, pour que j'aille aussi lui rendre hommage. > '.>. Et ayant entendu le roi, ils s'en allèrent, el voici qiie létoile qu'ils avaient vue se lever les précédait, jusqu'à ce que, arrivée à l'endroit où était l'enfant, elle s'arrêta; 10. et en voyant l'étoile, ils furent très grandement réjouis; 1 1 . et étant entrés dans la maison, ils virent l'enfant avec Marie sa mère, et se prosternant, ils lui rendirent hommage, et ouvrant leurs
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cassettes, ils lui ollVirent des [)ré.sents, de lor, de leneens el de l;i myrrhe . l"i. Et avertis en songe de ne point retourner près d'Hérnde, ils rej^ag^nèrent leur pays par un autre cheniiii.
Le nom de mag'es a été employé pour désigner la caste sacerdotale des Perses ; dans la Bible, au livide de Daniel ', il s'entend des prêtres chaldéens, devins et astrologues, et. au livre des Actes -, des astrologues et des magiciens asiatiques, sans acception de nationalité. Les mages dont il est ici cfuestion ne sont pas des sorciers vulgaires ; ce sont des hommes considérables et dont l'évangéliste fait évidemment grand cas; mais on ne saurait dire s il voit en eux des mages chaldéens ou des prêtres d Arabie ; peutêtre n'avait-il pas lui-même d'idée précise sur leur pays d'origine. La tradition les a pris pour des rois, en partant de certains passages de l'Ancien Testament ■ oii il s'agit, en général, des hommages rendus par les (ientils au Dieu d'Israël ou au roi messianique. D'après leur nom. qui peut être emprunté au livre de Daniel ^, ce seraient plutôt des (Chaldéens ; et si l'on en juge par les présents qu'ils apportent, ce seraient plutôt des Arabes '. Leur nombre n'étant pas indiqué, la tradition n'a pu le fixer que par conjecture, et. non sans quelque hésitation, à trois, sans doute d'après le nombre des présents qu'ils ont offerts à Jésus, et Ion a fini par en faire les représentants des trois races issues de Xoé".
La date de leur visite à Bethléem n'est pas non plus fixée avec précision ; ils arrivent au moins quelques mois après la naissance de Jésus, Hérode n ayant pas dû faire tuer tous les enfants jusqu'à l'âge de deux ans. si quelques jours seulement s'étaient ('coulés depuis l'apparition de l'étoile. (]ar, pour les mages aussi bien que pour Hérode, et conséquemment pour l'évangéliste, l'apparition de l'astre a coïncidé avec la naissance du (]hrist. Les mages eux-mêmes le font entendre (piaud ils disent : " Nous avons vu son étoile se