‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 33 sur 829 · JÛLICHER · texte numérisé non relu

JÛLICHER

3. Les Àoyia /.uptazoc sont proprement les « oracles du Seigneur ». Cf. Abbott, EB. II, 1810, n. 3.

cours bien plus qu'en récits, a écrit eu hébreu << les sentences du Seig'neur », on a voulu signitier simplement que Tapotre, auteur du premier Évangile, avait composé dans sa langue maternelle son livre tout entier. Supposé que ce livre ne soit pas de Matthieu, qu'il soit une compilation faite d'après Marc et une autre source, l'assertion de Papias tombe comme renseignement traditionnel sur l'origine du premier Evangile. L'idée d'un recueil de sentences qui aurait été rédigé d'abord en hébreu ou en araméen par l'apôtre Matthieu, et qui, une fois traduit en grec, serait entré, a^ec des modifications plus ou moins importantes, dans la rédaction de l'Évangile, n'est qu'une hypothèse critique, avantageuse pour la solution du problème svnoptique, mais qui ne devrait pas s'autoriser de Jean l'Ancien et de Papias. Elle peut néanmoins servir à expliquer comment l'on a pu recommander d'abord le premier Évangile du nom de Matthieu, puis parler de rédaction originale en hébreu, bien c[ue l'attribution soit fictive, et que l'existence d'une première rédaction sémitique pour les discours [du Christ ne soit pas autrement garantie^.

Ainsi le premier témoignage explicite concernant deux Évangiles du canon a un caractère tendancieux et apologétique ; pris tel quel, on ne peut dire qu'il soit réellement historique et purement traditionnel. Il s'est formé en quelque sorte lui-même, dans le temps et le milieu où s'est déterminé le choix des Évangiles ecclésiastiques. Si Papias a écrit vers 140-150^, il a pu entendre vers IIO-I^O les « anciens » qui étaient censés garder les traditions de Jean et des hommes apostoliques.

Hermas-* paraît imiter les paraboles du Semeur, du SéneA'é, de l'Ivraie,

1. Cf. JïiLicHER, 259-264. Qu'une certaine défaveur soit jetée sur les traductions grecques de Matthieu, au profit d'un autre évangile de tradition apostolique, inaltérée, c'est ce qui ne résulte pas nécessairement du texte. L'hébreu appelle la traduction, et comme on ne pouvait désigner le traducteur, comme il existait peut-être des recensions plus ou moins différentes l'une de l'autre, on a pu parler des interprètes et de leurs divergences, sans autre préoccupation que de rendre compte des faits actuels, à moins encore, et plus probablement, que, l'apôtre Matthieu étant mort depuis longtemps, et l'évangile étant relativement récent, on n'ait voulu pai'ler d'interprétations orales (cf. B. Weiss, 493; Zahn, U, 256-257; Stanton, 55. Papias, en effet, dit qu'on traduisait, non le livre, mais les sentences, et w; r]v Suvatô; sxaaToç convient mieux à la prédication orale ; on n'a guère pu affirmer ainsi la multiplication indéfinie des versions écrites), pour garantir l'authenticité du livre en indiquant les circonstances de sa conservation avant qu'il existât réellement en grec.

2. Harnack indique 145-160; Stanton, 140-150 ; Abbott, 115-130 ; Zahn, 125. Ces dernières dates ne peuvent convenir qu'au temps oii Papias prenait ses informations. Cf. Harnack, I, 357.

3. La date du Pas/eur est incertaine : Stanton, 110-125; Zahn, vers 100; Harnack, vers 140 (mais en admettant que certaines parties peuvent remonter jus(pi'à ii;">-l20) ; cette dernière date est plus communément admise.

des Vig^nerons, du Fij^uier, des Mines ; il s'inspire des paroles du Christ sur les enfants, sur le divorce, sur le riche; il présente çà et là des réminiscences du lang-ag-e évang-élique^ . Marc et Matthieu devaient lui être familiers. Les traces de Luc sont beaucoup moins sensibles. Vu le caractère du livre, on n'a pas à s'étonner de n'y trouver aucune citation expresse.

Des citations se i^encontrent dans l'ancienne homélie dite seconde Épître de Clément ; mais ces citations ne viennent pas toutes de sources canoniques, et l'auteur allèj^ue le tout comme Evangile ou comme Ecriture, ou même comme parole de Dieu. Son témoignage n'en est pas moins significatif et instructif pour ce qui est de l'usage chrétien vers 130-150 ^.

1. Vis. III, 6, 3. o'jxo'' eîaiv 'syovTs; [xvj "îa-'.v, k'yovTs; oï xal ;:Xoù'tov tou aîwvoç

TOjTO'j" 0-av y£vr,Ta'. 6Xït]/'.;, à-apvouvTa'. xôv xûp'.ov aùxwv. Sim. ix, 20, 1. ol [j.£v

ToiSoXoî £'.Tiv oi "Ào'ja'.oi, ai oÈ àzavOa; oi £v Txt; TToaYaxTîîat; ~7.'.; -O'.xiXa'.; £;x~cÇjpjj.£-

vo'. 2 àr:o7:Àavcov-ai "V'.yojjLEvoi 'jkÔ twv -pàïîfov auTtov. 21. 1 xi os TZpà^ xa?;

fî^a;; ,T|pâ, t'.vî; o: /al à-ô tou rjÀiou Çr,pa'.vdix£va'. 3. oÏt-jo yàp aùttov aï po-âvat

fjX'.ov îôoOaa'. s?rjcâv6r,aav.... Cf. Me. iv, 6-7, 18-19; Mt. xiii, 6-7, 21-22. Sim. vin,

3, 2. '6 ôsvopov ToijTO TO aiya to (TXî~ârov — toîa voij.o; Ôsoij Èarîv.... oi os u~o Tr|V

ay.ir.r^w Àao-. ovtcç.... Cf. Mt. xhi, 31-32; Me. iv, 30-32 (Le. xiii, llti. Sim. v, "i, 1.

lr.:X-ji(') no: -r,v -xpa!jOÀr,v tou àypoij 2. ô àypoç 6 x.oufj.0; ojxo; Itt'.v. Cf. Mt. xiii,

36, 38. Sim. v, 2, 2. v.yé T'.; àypov xai oouÀou; ttoÀÀoÙ; zat [J-ipo; ti toj aypou Èç'jxeu-

(T£v à;j.-êÀ(ova' y.ai ÈxÀ£?a;j.jvo; OOuXov xiva ;:iaTOv • Xi[jZ tov à[j.-£Àwva rourov, ov

is'jTE'jja /.al yapâ/.coaov aÙTOv, sw; £pyo[xai ôÇ-^'ÀÔe 0£ 6 ÔEa-OTTi; to2 OO'jXou si; tyiv

à;:oor|aiav... 4... "£'j/.a'|£ tov àar:£Àwva 6. "poazaXsjàuievo; ojv tov uiov auxoù tov

àya-7)To'v, ov eI/s y.Àrjpovojj.ov. Cf. Me. xii, 1, o-7 ; Mt. xxi, 33. 38; Le. xx, 9, 13- 14; xiii, 6, 8; xix, 13, 17. Sim. ix, 29, 1. w; vr|-ta Pp£?7) elaiv, oi? oùoctAÎa y.axia

àva[3aiv£i ï~\ tT|V xapoiav 2. oi toiojtO' oi;v àoKJTaxT'o; xaTO'.xrJŒO'jT'.v iv ttj [jauiXsta

TO'j Ocoij 3 ;:âvTa yàp xà ppsçi svôo^Jt saTt ~apà tw 6cài xal -pwTa Tiap' auToJ. Cf.

Me. X, 14; Mt. xviii, 3, 10. Mand. iv, 1, o. Èàv o'£ ixtj jjL£xavorJ(jri tj yuvT]', àXX'

£;Tt[j.£VT) x^ ropvsia aùxî)? 6 ànoXuaâxw... aùxrjv xal 6 àvîjp èo' Éauxw aevéxw sàv

8È à;ToX'j(ja; tïjv yuvaîxa £X£pav yajirJaTj, xat aùxo; aot/àTai. Cf. Me. x, 1 1 ; Mt. v, 32; XIX, 9; Le. XVI, 18. Sim. ix, 20, 2. oi 8k -Xoua'.o'.... ÔjaxôXw; ci-JîXEjaovTat £t; xrjv jja(JtX£iav Tou ôsou. 3. oiti-Ep yàp £v xptjîdXo'.; yj^ivoï; ttotI ;:£pi-aT£Ïv ôjaxoXo'v iaxiv, O'jxw xal xoT; xoioûxoi; oûaxoXo'v Èaxiv =!; x/jv paaiXciav xoiï (ïzoîj sîucXOsrv. Cf. Me. x, 23-24. Mand. xii, 4, 4. oi Ô£ £;:l xot; yeiXcatv "iyovxs; xov xûpiov, xr,v 0£ xapoiav aùxwv -£7:wp'j)|X£vrjv xal [jLaxpàv ôvT£ç à7:o toj xjpioj. Cf. Me. vi, 32; vu, 6; viii, 17. Sim. VIII, 2, 9. Xajjo'vxa xi pajîoia xajxa ixaâôa. Cf. Le. vin, 6. Sim. ix, 23, 1. ex oï xoCi opo'jç xo2 oyôo'o'j, où fj'jav ai -oXXal ~r|yal xal izS.ix î] zxiatç t:o\î xupiou Itzoz'X^xo £x xwv Ttïiywv, oi ~i'3X£j'3avxE; xoioùxoi £Î7tv. 2. àrrôaxoXot xal O'.oâaxaXoi oi xr;pj?avx£; £i; oXo-/ xôv xoatj.ov xal oi oioâÇavxs; Oéavw; xal àyvto; xôv Xo'yov xoij x'jpiou..., àXXi — otvxox£ £v otxaioTJvr, zal àXr|6£ia "opeuGÉvxe;, xaOw; xai -apcXajîov xô T:v£ij;xa x6 ay;ov. Cf. Mr. xxvin, 19-20; Me. xvi, 15, 20; Act. ii, 4 (Jn. xx, 22). Le rapport avec la finale de Marc est assez frappant et ne doit pas être fortuit.

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