‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 340 sur 829 · Weiss, X\i · texte numérisé non relu

Weiss, X\i

A. LoiSY. — f.es Evunifiles siinopltifues. 26

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tisera », aura voulu interpréter le feu par l'Esprit, comme fait Marc, ou bien associer l'Esprit au feu, comme font Matthieu et Luc ; et il est possible que les évangélistes n'aient pensé ([u'au baptême chrétien, à cause de la Pentecôte, nonobstant le commentaire que l'allég-orie du van donnait au baptême de feu. Le baptême chrétien ne s'oppose pas réellement au baptême de Jean, comme l'Esprit à l'eau. La différence a été trouvée après coup. Quoi qu'il en soit, Jean, parlant du baptême de feu, n'entendait pas que les justes y seraient plongés, puisque la paille seule doit être brûlée, et que le feu c[ui la consume ne s'éteindra pas. Le Baptiste parle à une masse de pécheurs, et il ne s'arrête pas au sort des justes, qui ne feront que traverser les épreuves du grand avènement, être secoués dans le van du Messie, sans être jetés dans le feu qui brûlera toujours.

Au point de vue de l'interprétation chrétienne (ki texte, Marc pourrait sembler postérieur à Matthieu et à Luc, puisqu'il ne connait plus que le baptême d'Esprit, et qu'il oppose le simple baptême d'eau, comme un .symbole i[ui a fait son temps, au baptême chrétien inauguré par le baptême de Jésus. Mais il aura sans doute substitué le baptême d'Esprit au baptême de feu, et les deux évangélistes plus récents auront combiné la leçon de Marc avec la leçon primitive, chrétiennement interprétée. L'antithèse du Baptiste était beaucoup plus énergique : ou le baptême d'eau pour la pénitence, ou le baptême du feu éternel pour le châtiment, (x)mme c est à Dieu, plutôt qu au Messie, qu'il appartient de donner un tel baptême ', si l'on entend ainsi le discours de Jean, l'on est amené à supposer que la tradition chrétienne lui a fait dire du Messie ce qu'il avait dit de Dieu même.

Avant de raconter le baptême du Christ, Luc, qui n a pas lintention de dire plus loin les circonstances de la mort de Jean, poursuit la notice du Précurseur jusqvi'à son emprisonnement, date assignée par Marc "^ au début de la prédication évangélique.

Li;c, in, 18. C'est ainsi (|ue, donnant encore beanconp d'autres exliorliilions, il évangélisait le peuple. 19. Mais Hérode le tétrarque ayant été

1. Cf. Mai,, m, 1-3. La combinaison du baptême d'Esprit avec le baptême do feu peut être antérieure à Matthieu et à I^uc; mais ce n"est pas une laison pour supposer avec Wellhausen. E. 74) une source antérieure au recueil de discours, et la dépendance de celui-ci à l'égard de Marc.

BAPIÈMK DK JÉSUS i03

i-éprimauclé par lui au sujet d'Hérodiade, la femme de sou frère, el au sujet de tous les méfaits qu'avait commis (cet) Hérode, '20. ajouta encore ce (crime) à tous (les autres), d'enfermer Jean dans une prison.

Cette notice anticipée ' dérange l'équilibre du récit, et Luc va être oblij;^é de revenir sur ses pas pour raconter le baptême du Christ. Il semble avoir voulu dire ces choses pour n'avoir plus à y revenir, et nullement pour laisser dans le vague la date assignée à l'incarcération du Précurseur % Pour lui, aussi bien que pour Marc et pour Matthieu, la captivité de Jean est un fait acquis avant la prédication de l'Evangile, et cette circonstance n'est pas sans signification |>our l'historien. La tradition apostolique, dont Matthieu'- et surtout le quatrième Evangile '* voudront corriger les données, admettait que Jean ne connaissait pas Jésus, ou du moins ne le connaissait pas comme Messie, avant d'être mis en prison, et qu'il était lui-même hors d'état d'enseigner quand Jésus commença d'annoncer 1 avènement prochain du royaume des cieux. Dans la perspective des trois Synoptiques, le baptême de Jésus, l'incarcération du Baptiste, la prédication de l'Evangile sont des faits qui se suivent de près. Mais le point qui paraît le mieux fixé dans le souvenir traditionnel est que Jean était captif quand Jésus prêcha. Combien de temps s était écoulé entre le baptême de Jésus et l'incarcération de Jean, ou bien entre cette incarcération et le moment précis où Jésus se mit à prêcher, il semble que nul n'aurait pu le dire. La notice de Luc est rédigée avec une certaine négligence ; l'évangéliste s'abstient de dire qu'Hérode avait épousé Hérodiade, comme si le lecteur ne |)ouvait pas l'ignorer ; il semble surtout préoccupé de donner la plus fâcheuse idée du tétrarque, que l'on trouvera plus loin"' en rapp(n't, non plus avec Jean, comme dans Marc et dans Matthieu, mais avec Jésus lui-même. Cette attention au personnage d' Hérode pouvait caractériser une source particulière du troisième Evangile.

1. Cl'. M<;. VI, 17-20; Mr. xiv, 3-;). !><:. 19. /.ni zêpî -xvt")v ov £-oir,a£v ^ovr,^o)v IlpfoOï,;, semble l'aire écho ;'t Me. vi, 20. y.al àxouaa; aÙToi -oÀÀà Ir.o'.n.

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