XIII
A CAPIIAR.N.AL M
(le faiblesse » , et ([ui marchait courbée depuis dix-huit ans : Jésus n a pas besoin de chasser le démon pour la ^-uérir. mais il dit luimême que Satan avait tenu, pendant dix-huit ans, cette femme liée Il est clair qu on n'est pas plus autorisé à voir des pécheurs dans tous les possédés que dans les autres malades. Pour autant que se fait la distinction des ditférents ordres dans lesquels s'exerce l'in fUiencede Satan, les miracles de guérison manifestent la ruine de la puissance du mal dans le monde physique, connne les conversions détruisent son empire dans le monde moral. Au point de vue évan jj^élique, les possédés sont l'espèce de malades en qui le pouvoir des démons sur les hommes apparaît de la manière la plus sen sible, et leur délivrance rentre dans la catég'orie des guérisons. (Jue ces cas de maladies soient en rapport avec les opinions populaires du temps et du milieu, nul ne peut le contester; mais, comme les maladies étaient réelles, les guérisons mentionnées le sont aussi, quoique l'historien ne puisse évidemment se prononcer sur la portée de chacun de ces cas en particulier.
Makc. I, 29. Et aussitôt sortis de la synagogue, ils vinrent à la maison de Simon et (l'André, avec Jacques et Jean ; ;iO. et la bellemère de Simon était couchée, ayant la Hèvre.
et dès l'abord ils lui parlèrent délie: 31. et s étant a|)pr(X"hé, il la lit lever eu la prenant par la main ; et la fièvre la quitta : et elle les servit.
Matth. \ui. 14. Et Jésus, étant entré dans la maison de Pierre, vil sa belle-mère couchée et ayant la fièvre ; 15. et il lui loucha la main, et la fièvre la quitta ; et elle se leva et le servit.
Luc, i\ , 38. El séloignant de la synagogue, il entra dans la maison de Simon ; et la bellemère de Simon était atteinte d une grosse fièvre, et ils le prièrent à son sujet ; 39. et se tenant au-dessus d'elle, il menaça la fièvre, et (la fièvre) la quitta; et se levant à rinstanl, elle les serxit.
Marc et Luc rattachent nettement ce récit au précédent. Dès <ju ils sont sortis de la synag'ogue, Jésus et ses compagnons se rendent h la maison de Simon et d'André '. 11 ne semble pas qu'ils
i. .Me. 2(1. /.a' z'Jl'j; i/. Tr,: njyx-yrp]; içcÀOo'vT;; v-Oov il; t/,v O'xiav "^vxio^/o; y.x: 'AvSpsou jAcTà 'lazfôfîoj /.y.': 'l'oâvoj. Ladverfic rjGù; se rapporte au verbe fJXGov el est expliqué par le participe if^ÀOovT-:. B lit z^îXOÔyj y.Oîv, leçon plus facile el
45i LES ÉVANGILKS SVNOPTIQLKS
y soieni venus avant d'aller à la synagogue, et ce doit èti^e la première fois que Jésus voit la belle-mère de Simon. Cette circonstance ne prouve pas que le Sauveur soit arrivé le jour même à Gapharnaûm ', car l'évang-éliste ne prétend pas renseigner le lecteur sur tout ce qui s'est fait entre la vocation des disciples et la guérison dont il s'agit. On peut croire, ou que Jésus et les disciples ont passé ailleurs la nuit précédente, ou que l'évangéliste s'exprime comme si Jésus entrait pour la première fois chez Simon, parce qu'il n'a pas dit encore que le Sauveur y fût venu, ou bien encore qu'il intervertit l'ordre réel des faits, afin de commencer par le plus significatif.
Marc tient à dire que c'était la maison de Simon et d'André, et à rappeler la présence des deux autres disciples. De là cette phrase singulière : « Ils », c'est-à-dire Jésus et les quatre disciples. « vinrent"' à la maison de Simon et d'André », deux de ceux qui viennent, « avec Jacques et Jean », les devix autres compagnons de Jésus. La singularité de la tournure favorise l'idée d'une transposition qui aurait induit le rédacteur à répéter les noms de tous les disciples. Il est clair que Simon et André avaient offert l'hospitalité à Jésus, et que Jacques et Jean ne le quittaient pas. On apprend que Simon était marié, ou l'avait été : sa belle-mère était chez lui, exerçant les fonctions de maîtresse de maison. Ce jour-là, elle était malade, ayant la fièvre, et même une grosse fièvre ', d'après Luc. ((ui fait ressortir le miracle en augmentant la maladie. Les fièvres paludéennes sont, dit-on, assez fréquentes aux environs du lac de Tibériade, et peuvent aisément devenir dangereuses.
Les disciples, c'est-à-dire Pierre et André, parlent tout naturellement à Jésus de la malade '. car on n'a pas lieu de supposer que l'accès vient de la prendre, et que les deux frères n'ont connu son indisposition qu'en rentrant. 11 est bien probable aussi que l'évan-
(jui peut être correction de l'autre; elle est nioiiis naturelle au fond, puisque trois personnes seulement vont à la maison, tandis (juil y en a cinq en réalité. Ss. trahit aussi l'embarras de la rédaction : u Et U sortit do la synagogue, et tls vinrent à la maison de Sin>on Pierre et d"André,et Jacques et Jean étaient avec lui. »