‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 367 sur 829 · Sur la thèse de Wrede, cf. aupr. p · texte numérisé non relu

Sur la thèse de Wrede, cf. aupr. p

2. \V. Bacon, art. cil. Mais il ne s'ensuit pas ((ue le seid v. 21 soit secondaire dans Me. 21-28.

A CAl'HARNAUM 451

obéir : d Un ton menaçanl, il ordonne au démon de se taire, j)uisque c'est lui qui est censé parler dans rhonime, et de laisser sa victime '. Lliomme est saisi d'une convulsion violente et s'agite avec des cris affreux '^ ; Luc va jusqu'à dire que Thomme est jeté à terre '■ : cest le démon furieux qui le tourmente avant de le quitter. Puis l'homme redevient calme et de bon sens ; Luc observe que sa chute ne lui a fait aucun mal ; le démon est parti.

Grand émoi de l'assistance, ({ui admire maintenant les deux choses extraoï'dinaii'es dont elle a été témoin : un enseignement d'une puissance et dune autorité inouïes, et ce pouvoir absolu sur les mauvais esprits '. Luc confond en une seule cette double impression, et, la rajjportant au miracle, présente seulement comme objet d'admiration finale 1 autorité avec laquelle Jésus se fait écouter des démons ' ; il fait ainsi disparaître l'espèce de superposition et d'incohérence qui est sensible dans la rédaction de Marc. A la suite de cette affaire, la renommée de Jésus se répand dans cette région de la Galilée, aux alentours de Gapharnaûm 'K Selon Marc, cette histoire prouve la messianité de Jésus par l'autorité incontestable de sa parole et par le témoignage exprès du démon.

1. \ . 2ii. /.a' ïr.zii'^j.i^'jv/ xùiM o 'Iti^oj; Àiyojv manque dans xA, cl pai'ail avoir ('lé ajouté d'après Luc, ou pour plus de clarté] ■ çvj.r>')(h,-'. -/.il ïhXHi i? aOroj.

2. \ . '2i'>. -/.al (7r:aoa?av ajrov to nvrCJa?. ro a/.âOaoTov x.a( Çfovr^^av sftv/ri asviXr, l?f|ÀO;v

•5. \ . i{.">. /.T.: dï'iav auTOv to oa'.aov.ov îiç to [zicrov âçï|ÀO:v j.tz' auToG, arjokv (3Àâi|av aJTov. Luc ifrossitle miracle en compensanlla transposition des ci'isi p. 449, n. '.Vj.

L \ . 27. Tt iixv/ toj-o ; oioayr, zaïvr, y.aL~' Èçouaîav ' /.il toïç — Vc-ju-aa'. to'.ç à/,aOàp- To;: i-'.xii'Ji'. y.-'/.. La leçon du texte reçu : xiç yj Ôtôa/T, f, y.avn, aCitr, ox-. xai' ifoulioL'j /.TA. a été influencée par Luc. Marc se refermant au v. 22, il vaut mieux, conlormément à la distribution naturelle du texte, rattacher xaT* l?ojc;;av à ce qui précède (|u'à ce qui suit, la nouveauté de l'enseignement consistant surtout dans riÇoj'jia qui y i)arail B. Weiss, E. I7o . Ss. D, plusieurs mss. lat. omettenl tî èjtiv toùxo.

i). ^ . '.V.^. Tt; 0 Àoyo: ojto; ot'. av =?0J7'!a y.7.i ojva;A£i È-irâaa;'. ktÀ. Luc substitue le XoYoç à la oioa/r; de Marc ; mais le Ào'yoç n'est pas l'enseignement de Jésus ; c'est la chose (jui vient de se !|)asser (cf. supr. p. 448, n. 4). 11 est arbitraire d'entendre par Àoyoç l'ordre donné par Jésus, à l'exclusion du fait i H. Weiss, K. :i()(>i. Les (lapharna'ites ne s'émerveillent pas de l'ordre comme tel, mais de ce (|ue Jésus le donne elficacement.

f». Me. .{8. i'.; ôÀr,v T/|V -tpi/'<iow tï;Ç raX'.Àai'aç, non aux alentours de la Galilée, mais aux alentours galiléens de ( lapiiarnaum. Le :{", évite ré({uivo((ue en (''cri\ ;iiil simplement : d: navxa to-qv t?,; -;o [/'.ipou.

452 LES I^VANGILES SVNOI'TIOl KS

Les phénomènes morbides qui accompagnent toujours la possession diabolique ne s'en distinguent pas dans la pensée des évanjj^élistes. Les possédés sont des malades. Cependant tous les malades ne sont pas des possédés au sens ordinaire et complet du mot. Le caractère pathologique de la possession consiste dans l'éclipsé totale ou partielle, continue ou intermittente, de la personnalité ; c'est une forme particidière d'aliénation ou de débilité mentales, où le sentiment de l'individualité propre se trouve étoutTé ou gêné par l'idée fixe d'une individualité étrangère et malfaisante qui se substitue ou se surajoute à celle du sujet. Non seulement la folie, mais les maladies nerveuses en général, notamment l'épilepsie, étaient considérées comme des cas de possession diabolique. La multiplication de ces maladies au temps de Jésus est attestée par la place que les guérisonsde possédés tiennent dans l'histoire évangélique, et par le fait qu'il existait alors chez les Juifs des exorcistes qui s'employaient à chasser les démons.

(]ette idée de la possession et la profession d'exorciste se rattachent plus ou moins directement aux plus vieilles croyances de l'humanité. Dans la conception des peuples primitifs, toute maladie était l'œuvre d'un génie malfaisant. La médecine a été d'abord une magie où les incantations reinplaçaient les remèdes, ou s'y associaient, pour chasser en même temps le démon et la maladie. Il est probable que le grand développement de l'angélologie et de la démonologie chez les Juifs, depuis le temps de la domination persane, n'a pas été sans influence sur les idées cjui avaient cours en Palestine touchant la possession diabolique. Mais l'ensemble des croyances populaires dont dépendent ces idées se retrouve beaucoup plus anciennement dans la tradition d'Israël. Quoique la Bible ne mentionne aucun cas de possession proprement dite, on y trouve la trace de l'opinion vulgaire qui mettait les fléaux, la peste, les maladies, spécialement la folie, en rapport avec l'action directe d'un pouvoir surnaturel '.

Dans le Nouveau Testament. surt(jut dans les Evangiles, les maladies ordinaires sont regardées comme un eifet de la puissance diaboliqiie. Luc ' parlera plus loin d'une femme (|ui avait « un esprit

1. {'.(. Il Sam. xkiv. 17; II Hojs. xix. .'Ul. Tob. m. X. csl beaucoup plus rticent. l.a maladie de Saiil, 1 Sam. xvi, 14-I(i. 28, esl attribuée à un mauvais esprit divin.

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