V. 29. /.al Yjv oyÀoç "oXùç tsX'.)vwv xal àÀX'ov y.TÀ
3. On voit par la suite que [xi-' aÙTtov fv. 29) comprend les disciples avec Jésus. Wiii.i.uAusEN, Le. 18.
4. V. 10. /.al iyivïTO aùroù àva/.î'.|j.ivoj ;v if^ oixia, iooj rroÀÀoî tJÀfTiva'. /.ai âaaoT'it- ÀO". ÈÀ'iovT;; luvavi/.s'.vto no 'Ir,70j xal toï: [jLaO/,Taï; x'jtoj.
LKS PUBLIC AINS i89
a l'air d'avoir appelé Matthieu en sortant de la maison, tout aussitôt après la g-uérison du paralytique, et de rentrer ensuite dans la même maison pour le repas où fii^uient les publicains. Il est possible aussi que, la vocation de Matthieu ayant été dûment sig-nalée, l'on n'ait pas voulu montrer Jésus entrant dans une maison de publicains ; il sutlisait que Matthieu fût bien converti, et que le Christ ne refoulât pas les pécheurs. Le récit, d'ailleurs, offre ainsi plus d'unité que dans Marc, où la vocation du j)ublicain et le repas sont mal soudés ensemble.
Les convives étaient attablés à la mode du temps. c"est-à-dire étendus sur des nattes ou des coussins, la tète appuyée sur le bras «gauche, en face d'une table peu élevée sur laquelle étaient les mets. Ils se trouvaient dans une grande salle où l'on avait facilement accès du dehors. Une signification importante s'attachait à la communion de la table chez tous les peuples anciens, et il en reste quelque chose même chez les peuples modernes. Les publicains sont venus chez Lé\ i parce qu'ils ont ressenti au moins vaguement 1 honneur fait à leur confrère, et ils se croient à moitié réhabilités eux-mêmes par le seul fait d'être admis au repas de Jésus. Mais l'espèce de caractère religieux qui s'attachait au repas commun n'était pas moins vivement senti par les Juifs piétistes, qui, si méticuleux pour ce qui regardait la provenance des aliments et la fréquentation des personnes, se seraient crus souillés devant Dieu et déshonorés devant les hommes, s'ils avaient mangé avec des gens qui ne vivaient pas selon la Loi. Quelques scribes ou pharisiens ', qui étaient entrés dans la maison, et qui virent Jésus mangeant ainsi avec des publicains et des pécheurs, furent grandement étonnés, et ils ne purent s'empêcher de manifester leur surprise aux disciples. Ils n'osent pas encore s'adresser directement au Maître ;
I. Me. le», (lit : /.a'', o'! yo x;j.;j.xt£'.; T(Î)v 'l>aoiaa'.f.iv. Cet le tonnult:' iiisoliU" csl corrigée, dans Adèle, en oi Yç,aa|j.aT£i; x.ai <■/'. (|>ao'.aaio'.. I.c. .{(1, eonflrme indirectement la li'çon primitive de Marc, tout en la modifiant : /.xl i^o^yurov o- <I)ap[aa!:o'. x.al oi '^ç,ji>j.'j.7.--Aç ajT'ov. Mr. It, simplifie: /.al îoo'/tî; o! ft>aG'.j7.lo'.. 11 y a beaucoup de confusion dans les témoins de Marc an comniencenuMit du v. Ki. I,a meilleure leçon est celle de B; x L, omettant oi devant ypaajxaTslç, /.t.: après 'l'ïpiaairov, de façon à lire : ■< Car ils (probablement les publicains) étaient nom- Ijieux, et des scribes, des pharisiens l'avaient suivi aussi ictiez Lévi); et voyant etc. )) Coml)inais()n artificielle pour expli({uer la présence des scribes dans la maison de Lévi.
tOO LES ÉVANGILES SYNOPTIQUES
mais ils vont déjà plus loin que dans l'atlaire du paralytique, où ils s'étaient contentés de penser défavorablement du Sauveur. Selon Marc ', ils témoigneraient leur étonnement de ce que tait Jésus. D'après Matthieu % ils demanderaient la raison de sa conduite. Luc -^ tourne la question de telle sorte que Jésus ne semble pas en cause, mais seulement les disciples, dont il n'avait pas mentionné la présence. Ce détour est peut-être un peu subtil, et même la question de Matthieu, supposerait-on, ainsi qu'on le doit, que les interrogateurs ont l'intention de formuler un reproche et n'attendent aucune explication satisfaisante, est moins naturelle que la simple observation de Marc, faite sur le ton aigre-doux de dévots scandalisés.
Jésus, qui les entend, se défend par une comparaison où Ion peut voir l'application d'un proverbe populaire. Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin de médecin, mais ceux qvù sont malades; de même ce sont les pécheurs qui ont besoin d être appelés au salut, non les justes '» ; c'est })ourquoi Jésus s'approche des pécheurs, et les laisse s'approcher de lui. En parlant de sa venue, le Sauveur ne suggère pas l'idée d'une préexistence éternelle, mais celle de sa mission divine. Il entend par pécheurs les personnes que les pharisiens ont désignées : mais on ct)nçoit qu'il ne nomme pas les publicains dans sa réponse. Et comme la mention des pécheurs vise les publicains, celle des justes vise les pharisiens, sans que Jésus veuille définir les conditions de la vraie justice, ni affirmer que ces conditions sont remplies par ses interlocuteurs. Mais le discours signifie qu'il y a des justes, comme il y a des gens bien portants •\ et Jésus laisse supposer que ces justes n'ont pas besoin d'être appelés, comme il dira dans une autre occasion, à propos de la brebis perdue, que les justes n'ont pas besoin de conver-
1. V. !(>. iÀsvov -oit aaOy,Taï; x-j~(rj o-t 'J.i-k T(ov TîX'ovtov /.y}. â[j.aoT'')À(T)v ï'^h:i: (xBD). I^a plupart des lémoiiis ajoulonl zai -ivhi. La leçon or; BLi iulrodiiil le blâme, comme au v. 7 ; il n'est pas utile de la tourner on interroi^ation, comme dans ix, 11, 28, ou de lui préférer ri on (AC), ou oià t; (X ^■
2. y. 11. ôtà TÎ ;x£Tà Tfov TsXwvfov xal à[j.apTfoX(ov laôîs'. 6 S'.oaT/.aÀoç i'xor/ : Ss. ; i< Pourquoi mang-ez-vous » etc., sans doute d'après Luc.
■i. V. .30. O'.à TÎ ULSxà Tfov -îXrovfov zat àaaoTfoÀrov £30i£T£ zai -;v;tc.
4. Me. J7. où /f/îiav ifOMi'M of W/xiOv-i^ îa-po3 àÀA' o! y.'xvj'k i/rrnz;' o'jy. -/{/Jiiri ■/.iKz'jy.'. O'.y.yJ.'jj; àÀXà xiJ.apT'oÀoj:. Ss. ajoute : « nu re|*)entir >>, dans Mr. I •{ l'I'. n. 2).
."). .Iùi,ic:iii:ii, II, 17.i.
LES PUBLICAINS i9 1
sion '. Il ne song'e pas à faire, dans le présent, de l'adhésion à sa personne une condition absolue de salut ; il déclare seulement être venu pour appeler les pécheurs à la justice et au salut par la repentance, Laddition de Luc : « à la pénitence - », est donc conforme à la pensée dvi Christ ; mais Tévangéliste paraît lavoir faite pour empêcher qu'on n'interprétât trop largement cet appel des pécheurs. Rien ne fait supposer que Jésus ait usé d'ironie '', pour donner une leçon d'humilité aux pharisiens, et leur faire entendre qu'ils pourraient, avec leur orgueil, être plus loin du royaume de Dieu que les publicains et les pécheurs, objet de leur dédain. La sentence est le principal de l'anecdote ; si elle ne s'accorde pas bien avec la circonstance, puisque c'est Lévi qui a invité les publicains et Jésus lui-même, c'est que la mise en scène a été conçue pour le raccord avec la vocation de Lévi '.
Le premier Evangile intercale entre les deux parties de la comparaison une citation de l'Ancien Testament qui sera répétée plus loin •• et qui est empruntée au livre d'Osée ^, probablement d'après les Septante '' . Le grec peut se traduire : « Je veux la miséricorde, non le sacrifice >), et c est ainsi que lévangéliste a dû l'entendre, pour que la citation prophétique justifie l'attitude de Jésus à l'égard des publicains. Il serait bien risqué de recourir à l'hébreu, sous prétexte d'interpréter la citation au sens de Jésus, et de voir là une antithèse de la vraie piété, qui serait l'amour de Dieu et ilu prochain, et de la piété des pharisiens, dont les pratiques, qui ne sont pas inspirées par la charité, ne sauraient être agréables au Seigneur. Cette citation n'est pas à sa place, puisqu'elle coupe une comparaison dont les deux termes ne demandent qu'à se rejoindre, et il n'y faut pas chercher d'autre sens que celui que Lévangéliste a voulu v mettre. Celui-ci ne s'est pas aperçu de l'incohérence qu'il