LE JEÛNE
Marc, ii, 18-22: Maïth. ix, li-17; Luc, v. 33-;V.I.
Le début de ce récit dans Marc laisse entendre que ce n'est pas un rapport chronologique bien étroit, mais une certaine analog'ie de sujet, qui le rattache au précédent. Lévang-éliste veut amener la question du jeûne après celle de la fréquentation des publicains, et. sans autre liaison, il dit que, certain jour où les disciples de Jean et ceux des pharisiens jeûnaient, on demanda à Jésus pourquoi les siens n'en faisaient pas autant '.
Matthieu et Luc ont voulu mettre plus de précision et de suite dans leur narration : dans le premier Evangile, ce sont les disciples de Jean qui posent la question, et 1 on dirait qu'ils la font à l'occasion du repas que prend Jésus, comme s'ils arrivaient pendant qu'il est encore à table - ; la suture de Luc est plus courte encore puisque les mêmes pharisiens, qui viennent d interroger les disciples touchant le repas qu'ils prennent avec les publicains. s'adressent ici à Jésus, afin de savoir pourquoi il ne fait pas jeûner ces mêmes disciples ^ Le caractère artificiel de ces combinaisons fait voir que Marc est primitif relativement aux deux autres Synoptiques.
1. V. 18. x.al ïjdav oi |i.xOY,Tal 'Iwàvou v.tX (A «tapidaîoi vïjaTîJOvxEç, xaî ïp/ovTX'. zxt Xévouatv aù-fo /.tà. Ce ne sont pas les mêmes personnes qui jeûnent et qui viennent trouver Jésus, mais celles-ci parlent des premières. L'équivoque de la construction peut servir à expliquer la façon dont Matthieu et Luc ont traité ce passage. On peut croire que, dans la source Logia'l), cet échange de propos commençait par : i< On dit à Jésus : Pourquoi » etc. Cette circonstance explifjuerait le raccourcissement du préambule dans Matthieu et dans Luc.
2. V. 14. TÔre — poaépyoviai aùxw oi u.xih^x'y.]. 'l'oi'v'/j Àsvovtsç.