Voir, par ex., Zahn, GK. I
LA TRADITION HXCLÉSIASTIQUE 3o
précision qu'il l'audrail pour jusUlier de tels ar<;umenls , et les << mémoires » ne semblent pas être, dans la pensée de Justin, une collection traditionnellement fixe, comme celle des livres prophétiques de TAncien Testament; Justin ne les met pas comme Écritures sur le même pied que les prophéties ; il les autorise plutôt au moyen de celles-ci, et ce sont les paroles du Christ, non les relations évangéliques, qui ont par elles-mêmes une autorité irréfragable '. L'indication concernant les auteurs des « Mémoires » montre seulement qu'un intérêt s'attachait désormais à cette question d'origine : rien ne prouve que Justin ait en vue deux catégories déterminées, avec deux écrits seulement dans chaque catégorie. Il lui arrive de citer en un endroit les « mémoires >- de Pierre -, et sans doute il n'est pas plus légitime de reconnailre sous cette désignation l'Evangile de Marc, que de classer l'Évangile de Jean avec celui de Matthieu parmi les « mémoires des apôtres ». Tous les évangiles se recommandent de la tradition apostolique, et de là vient le titre que Justin emploie ordinairement; mais il n'ignore pas que la rédaction de plusieurs ne remonte pas jusqu'aux apôtres, et c'est pourquoi il lui arrive de l'aire la remarque où l'on a voulu trouver la description du canon évangélique.
Le mélange des matériaux traditionnels dans les citations ne permet guère de tracer nettement trois catégories de provenance , pour ce qui serait emprunté aux mé. noires apostoliques et serait garanti comme appartenanl aux évangiles de l'Eglise ; pour ce qui procéderait d'écrits apocryphes que l'auteur distinguerait des « mémoires », au moins dans sa pensée; enfin pour ce qui serait imputable à l'auteur lui-même, complétant et commentant librement ses sources. Justin parle de la conception virginale conformément à Matthieu, mais avec mélange de Luc ^ ; il parle