‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 400 sur 829 · H. Weiss, .)//. il · texte numérisé non relu

H. Weiss, .)//. il

A. Cr. p. 407, 11. i-.

i. Le. '.V.t. iv ïy.z'.'/7.ii -y.:; ï,|j.£oai;.

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LES KVAN(ill.i:S SV.NOl'I'Kd KS

Marc, ii, "il. <( Nul ne coud une pièce de drap non foulé sur un ^ ieil habil ; autremeiil, le morceau neul' en emporte du vieux, et il se lait une plus grande déchirure. 2'2. Et peisonne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, le vin fait éclater les outres, et le vin est perdu ainsi que les outres. Mais vin nou- \ eau pour outres neuves. >>

Matth. i\, I(>. '< Personne n'ajuste une pièce de dra|) non foulé à un vieil habit; autrement, sou morceau en emporte du vieux, et il se lait une plus jurande déchirure. 17. On ne met pas non plus du vin non\eau dans de N'ieilles outres; autrement, les outres éclatent, le \ ni se répand, et les outres sont perdues ; mais on met le vin nouveau dans les outres neuves , et les deux se gardent. »

Lie. V. :i(). Et il leur dit aussi une parabole :

M Personne ne coupe une pièce à un habit neuf |)our la mettre à un vieil habit ; autrement, on déchire le neuf, et la pièce du neuf ne s'accorde pas avec le vieux. 'M. Et personne ne met du vin nou\ eau dans de vieilles ou très; autrement, le vni nouveau fait éclater les outres, il se répand, et les outres sont perdues ; :W. mais il faut mettre le vin nouveau dans les outres neuves. 'M).

Et quelqu'un, ayant bu (\u vieux, n'en demande pas du nouveau ; car \\ dit : " l,e vieux est bon. "

Marc n'établit aucun lien entre ces senleiices et la comparaison des garçons de noces, mais il a dû voir entre les deux un certain rapport, puisqu'il n'indique pas davantage que Ton passe à un autre sujet '. Considérées en elles-mêmes, les deux nouvelles comparaisons réclament une autre application (jue la j)récédente, el ne peuvent concerner directement la situation respective des disciples de Jean et de ceux du Christ. Les efforts qu'on a tentés pour y trouver la justitication des disciples du Baptiste n'ont donné aucun résultat satisfaisant. Soit qu'elles aient été dites dans la même occasion que la comparaison des "arçons de noces, soit qu'elles

i. Mr. le. oùôsl: oi i-i[3àXÀ£'. /.-'/.. se présente à peu près dans les mêmes conditions que Marc, le M marquant simplement la suite du discours; y voir un sifrne d'antithèse entre ce que t'ont les disciples de Jésus et ce que ne peuvent faire les jolianniles et les pharisiens B. Weiss, fi. 08) est bien subtil et arbitraire. C'est pour obtenir, dans Vie. 2t, une suite analoyiie à celle de Mr. i(i, ({ue plusieurs témoins ont voulu lire zai ojos';, au lieu dn simple oÙoï;;.

LE J Eli NE riOl

aient i-té prononcées dans une autre circonstance, elles ont un objet plus fi^énéral, et rien ne prouve que les évangélistes aient voulu les interpréter par rapport au jeûne des johannites. Luc a pensé devoir les séparer du contexte, et les présenter comme une parabole ', sans tloute parce qu'il voyait de simples métaphores dans la comparaison des noces et de l'époux ; mais cette distinction n'atteint que la l'orme et non l'objet du discours. Les évangélistes ont pensé à une justitication de Jésus et de l'Evangile, bien plutôt qu'à une justitication des disciples de Jean sur le fait du jeûne. D'ailleurs les disciples de Jean n'avaient pas besoin qu'on les justitiàt devant les pharisiens ; ils étaient justifiés par la comparaison précédente, et Jésus aurait plutôt l'air maintenant de les défendre contre lui-même. Si l'on admet ({ue Marc a inti-oduit les pharisiens à côté des disciples de Jean pour amener la question du jeûne, on sera bien tenté de peu ser {[ue sa mise en scène résulte d'une combinaison faite sur des données plus simples : la comparaison des noces répondait à cette question : pourquoi les disciples de Jésus ne jeûnent-ils pas comme ceux de Jean ? Les deux comparaisons suivantes répondaient à une question analog-ue posée à propos des pharisiens : pourquoi les disciples ne jeûnent-ils pas, selon la coutume des hommes pievix ? Marc ou la tradition qui le supporte auraient fait une seule question des deux, et juxtaposé les réponses. Cette simple hypothèse résout toutes les dilRcultés d'interprétation que l'on trouve dans celte péricope.

Les deux dernières comparaisons ne font pas valoir l'incompatibilité de la joie et de la tristesse, mais celle du vieux et du neuf; elles ont donc une plus grande portée que la première, puisque leur applicatiou ne regarde pas seulement la situation des disciples, mais la nature même de l'Evangile, qui est cpelque chose de neuf par rapport à la tradition du judaïsme pharisaïque en général, et à celle du jeûne en particulier. Si l'on met une pièce de drap brut pour boucher le trou d'un vieux manteau, la pièce neuve emporte lattaclie, et il se fait une plus grande déchirure dans le vieux vêtement '. Si l'on met du vin nouveau, du vin doux, sortant du pres-

1. \, 36. i/,î-fï/ oï /.ai -aoai5o/./|V rroo; ajTOj; on oùoêU ktÀ.

2. Me. 21. ojoii; i-:|3Àr,|i.a bi/.ojç àyvâoo'j i~:oi-.-v. ÏtzI îijlzt'.ov -aXaiov :• oi arj, aVp£i 70 -/.rîvoaa lo morceau qui remplit le trou) à-' aùtou ro /.xi^ôv tou -aÀatoj (construire to rr/.r^'oaa to /.a'.vov x.~' ajTOj to-j r.x/.oi'.oj. Los mots to za'.vov toi

soii', dans de vieilles outres, le vin, en fermentant, fait éclater les outres, et tout est perdu; à vin nouveau, outres neuves ^ Rien d'allégorique dans ce discours. La pointe des deux paraboles est la même : incompatibilité du neuf et du vieux, présentée sous deux formes différentes, celle d'une partie qui jure avec le tout et qui le compromet, celle d'un contenu qui brise le contenant trop faible pour le g^arder. De même la nouveauté de l'Evangile ne peut s'allier aux observances pharisaïques, sans inconvénient pour elle-même et pour les observances dont il s'agit. Les paraboles ont une signification générale , mais elles ont pu être dites à propos d'une remarque particulière sur le jeûne ou quelque observance du même genre. Si l'on applique la comparaison du vieux au judaïsme en général, la pensée de Jésus sera ici plus radicalement novatrice que sa façon pratique de se comporter envers la Loi '-. Mais il faut tenir compte de la liberté avec laquelle le Christ interprète et complète la Loi, pour l'opposer au judaïsme des pharisiens.

Matthieu '■'■ suit Marc de très près. 11 développe un peu la seconde comparaison, par l'indication de ce qui advient du vin et des outres, selon qu'on prend celles-ci vieilles ou neuves ; par là il sort un peu du thème primitif, oïi 1 on n'est pas autrement préoccupé de la conservation durable du vin et des outres, mais de l'impossibilité pratique de concilier ces deux termes, vieilles outres et vin nouveau.

Luc a tellement modifié la forme des deux paraboles qu'il est

naÀafoj ont lappareuce dune j^lose explicative. Weli-iiausen, Mc.2i) xa'i /v.wi 'j/'.'ju.x 'rbnxi.K. Mt. 16. aiçi£'. yào to -Arjof.jij.a aùxoi à.r.ô xoS î[i.aiîo'j signifie ég'alement que la pièce mise à l'habit enlève quelque chose de l'habit même.

1. Me. 22. xai ojoï'.ç ,6âÀÀ£'. o'.vov viov tlz atjy.oùç — aXaioûç* v. ht [xr^, h,T^zv.(j oivo; toO; àa/.oûç, xal 6 oîvoç à;:oÂÀuTai xal oi kiv.ol. aAÀà. olvov viov sî; aaxoù; xaivoû:. Le texte de la dernière proposition est celui de N B. La leçon de plusieurs témoins : ô oivoç Èx/sÏTai /.aï O'. àijxoi à-oXÀj/Tai, vient de Mr. 17 ; l'addition de ^\r\-iw, à la fin du V., vient de Le. 38. Ss. suppose les deux additions, mais plutôt [iâXXoua-.v dans la seconde. D et plusieurs mss. it. omettent la finale àXXà olvov viov xtÀ..et il est possible que ce soit une ancienne glose. Bien qu'on puisse voir dans cette remarque la confirmation de ce qui précède, on ne s'attend pas plus (jue dans le cas précédent à l'indication des choses compatibles, et l'application de la comparaison est plutôt gênée que facilitée par là. Cf. Jui.icuer, II, 194.

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