Cf. Me. II, 14: siipr. p. i
'.i. 'AÀ3;aïoç correspond à "E^n ; K/.''(-à-: K/.Ho-à;. KÀ^oTiaipo; est un nom grec ; " Marie de Clopas » Jn. xix, 2.") n'est pas la mère des fils d'Alphée: et l'on peut en dire autant de " Marie, inère de Jacques le petit et de José » (Me. XV, 40), quand même celle-ci ne serait pas la même ([ue Marie de Clopas. « Jacques le petit ■> était ainsi appelé à cause de sa petite taille, sans comparaison avec un grand Jacques; lien ne prouve qu'il ait été apôtre plus que son frère José. On n"a aucune raison d'admettre que Jacques « frère du Seigneur », Jacques d'Alphée et Jacques le petit ne sont pas trois personnages différents.
532 LiiS KVAXMLlvS SVNÔPTIOUES
Le Thacldée de Marc t'ait jDlace à Lebbée dans la plupart des témoins de Matthieu ', et à Jude de Jacques dans Luc. Il n'est pas très facile de rapporter ces trois noms à un même individu. On a dit que Thaddée et Lebbée étaient deux synonymes -. qui pouvaient s'échanger et servir de surnom à Jude, tîls ou frère de Jacques ■■. Thaddée serait plutôt le nom grec Theudas ' : que ce nom ait été celui de Tapotre dont le nom araméen était Le])bée. ce nest qu une hypothèse ', d'ailleurs vraisemblable ; et que ce Lebbée soit Jude, c'est une autre hypothèse, peu compatible avec la première, car l'apotre en question n'a pas dû avoir deux noms araméens. Si cet apôtre était frère de Jacques d'Alphée, Marc l'a ig-noré, car il ne connaît que deux couples de frères dans le collège apostolique. Mais la critique est beaucoup moins autorisée à préjuger une ignorance de Marc qu'une liberté des deux autres Synoptiques. Le Lebbée de Matthieu n'a pas beaucoup de consistance, et 1 on peut douter que l'évangéliste ait voulu s'écarter de Marc.
Il en va tout autrement de Luc, qui n'a pas mis sans intention Jude de Jacques à la place de Thaddée. Mais, bien qu'il semble regarder comme un apôtre Jacques frère du Seigneur, et (ju'il s'abstienne de mentionner dans les Actes sa parenté avec Jésus, il est bien difficile de croire qu'il ait voulu l'identitier à l'apôtre .lacques d'Alphée, et introduire aussi dans le coUèg-e apostolique un autre « frère du Seig-neur », Jude, resté célèbre dans la tradition de Jérusalem, en marquant seulement sa parenté avec Jacques ''. II a suivi une tradition dont on ne peut vérifier l'origine.
1. xB onl Thaddée; 1), l.el)l)t'e : la leçon eoniimme, (jiii seni])le ronnée des deux autres, est Waooa'V;; o l-iyOafid; A£,';[Ja'.o;. Ss. a <> .lude lils de Jac(iues >. dans Mt. 4, comme dans Le. 16. au lieu de Thaddée, qui est maintenu seulement dans Me. IS.
2. 8aôoatoç serait i-n, de IT) <■ mamelle •> hél)rt-u ir . M^^t-Io; serait ^2^, de 2^ « cœur ».
:?. Voir SciiANz, Ml. 2S.J-286.
K (-)iJoi;. Dalm.vn, 1, 40. On i)eut demander cependant pourciuoi Marc ne la pas ck-rit comme Luc dans Act. v, 3().
:;. Dalman, lor. <•("/., et HoLTZMANN, 12fi, radmeltent. Mais Asi5[3aio; n'aurait-11 pas été simplement une fausse lecture de 0aooavoç ?
(•). Il faut dire cependant que 'lo-iôa; 'Ia/.(.'>[3o-j, serait plutôt à traduire « Jude lils >., et non « frère de Jacques » (cf. n. 1). Gal. i, 19 ne prouve i)as que Paul ait mis Jacques parmi les Douze, et sig-nifie plulôt le contraire : mais Act. XV, doit le compter avec Pierre parmi les apôtres.
LKS DOUZE ri 3 3
Le surnom de lapùtre ShiKin garde sa forme sémitique dans les deux premiers Evangiles ' ; il est interprété dans Luc -. Ce surnom ne signifie pas homme de Canaan, ni homme de Cana ou de Canan, mais plutôt le « zélateur », ou le i< zélote ' », ainsi que 1 entendait la tradition de Luc. Comme on ne dit pas que ce surnom ait été donné à Simon par Jésus, on peut croire qu'il lui venait de son existence antérieure. On appelait <' zélotes », depuis la révolte de Judas le Caliléen, les hommes du parti avancé, adversaires fanatiques de la domination étrangère ; Simon appartenait sans doute k cette faction, et peut-être même avait-il pris part au soulèvement du Galiléen. Judas, ou Jude, celui qui devait trahir le Sauveur, était surnommé Iscarioth ', c'est-à-dire <* homme de Kerioth », sans doute parce qu'il était de la ville judéenne ainsi appelée. Cette formule hébraïque paraît avoir été incomprise de bonne heure , et Matthieu la traite en adjectif '.
Cet évangéliste distribue les apôtres pai- couples : d'aljord les deux frères Pierre et André, puis les tils de Zébédée, et les huit autres, deux par deux. Sa relation étant parallèle au passage où Marc '' dit que Jésus envoya les apôtres deux à deux prêcher en Galilée, on peut croire que cette indication du second Evangile a déterminé l'arrangement du catalogue dans lé premier.