IdiiiiiK' dans Me. m, S
2. y.-', naar,; tf,; 'lojoaia;. ('A', i, .'> ; iv, ii- var.l ; su/ir-. pp. 27N, 'r-tii. I) omet 'i£0'/j'7y.ÀY,|j. — o'. •^À6ov. et lit : x.a''. 'xa'/.">'/ -o'ÀJ'.jv iÀy,/.jOoT'ov ztÀ.
• !. 11. lIw.VLD, ap. MoLTZxMANN, .'iS.
K Ml. \ ; cf. siipr. p. 'Md.
:;. Cf. VI, 13, 17.
542 LKS KVANCilLES SYNOPTIQUES
choisi les Douze; dans Matthieu, ce ne sont pas seulement les quatre dont la vocation a été racontée précédemment : et comme le premier Evangile n'appelle disciples que ceux qui suivaient régulièrement Jésus, il est Facile de voir que, selon l'évangéliste luimême, le discours a eu lieu lorsque le Sauveur avait déjà beaucoup de disciples attachés à sa personne, et sans doute après le choix des Douze, comme le veut l.uc. On peut même jjenser que Matthieu, en parlant des disciples, a songé surtout aux Douze, dont il ne donnera la liste que plus loin. On dirait qu'il a voulu représenter Jésus sur la montagne, comme Moïse sur le Sinaï, les disciples auprès de Jésus, comme les anciens autour de Moïse, et le peuple au bas de la montagne, comme les entants d'Israël pendant la promulgation de la loi d'alliance ' .
11 n'en reste pas moins que la combinaison parait artificielle dans les deux Evangiles; que le discours, c est- à-dire l'instruction qui a servi de base à la composition actuelle, doit avoir été adressé primitivement aux disciples; qu'il n'y avait aucune raison de mentionner spécialement ceux-ci après avoir constitué un auditoire avec la foule, si la source primitive n avait pas mis le discours en rapport avec les disciples ; qu'on voit bien l'intérêt de la combinaison dans Matthieu, où elle correspond au développement et au caractère que 1 évangéliste donne à l'ensemble de l'instruction, mais qu'on le voit beaucoup moins dans Luc, oii le discours est plus bref et n'apparaît pas comme une nouvelle Loi, opposée à l'ancienne, et promulguée avec solennité, comme la Loi mosaïque, devant un peuple assemblé.
On conçoit que certains critiques admettent aisément une influence de Matthieu sur Luc, soit que le rédacteur du troisième Evangile ait connu le premier dans sa forme actuelle -. soit qu'il l'ait connu sous une forme plus ancienne, avant l'addition des récits de 1 enfance et d'autres parties propres à Matthieu, que Luc semble avoir absolument ignorées. Du moins peut-on dire que la combinaison adoptée par Matthieu et par Luc n'est pas primi-
1. Ex. xix-xxiv, 11. On ne peut s'attendre à ce que la mise en scène soit tout à fait identique ; c'est pourquoi l'objection de Wellhausen, Mt. 13, tirée de ce que lahvé seul, en haut du Sinaï. parle pour promulguer le code de l'alliance, ne paraît pas recevable..
"2. HoLlZMANjN, ;)X.
tive; que les deux Évangiles ne doivent pas être, à cet éj^ard. entièrement indépendants l'un de Taiitre, et (jue Matthieu ne dépend pas de Luc ; mais les deux peuvent dépendre dune source commune, qui se placerait entre eux et la première rédaction des discours du Seigneur, que cette source ait été ou non une première édition de Matthieu.
Pour marquer l'importance de l'instruction qui va suivre, les évangélistes ont une formule d'introduction plus solennelle que dans les discours ordinaires. Selon Matthieu ', Jésus s'assied en présence de la foule, comme le docteur du monde, et « il ouvre la bouche » pour instruire les hommes touchant la volonté de Dieu. Dans Luc, où le discours se tient en rase campagne. Jésus est debout ', entouré des disciples et de la foule, et quand il eom mence à parler, il lève les yeux vers ses disciples \ parce ({ue, dans la réalité, c'est à eux que le discours est destiné.
Matth. V, ;{. » Bienheureux les Luc. vi. 20. « Bienheureux éte^^-
l)auvres en esprit, parce que le vous), pauvres, parce que le
royaume des cieux est à eux 1 royaume de Dieu est à vous !
i. Bienheureux les afflif^és, parce 21. Bienheureux, (vous) qui êtes
qu'il.'j seront consolés 1 maintenant affamés, parce que vous
serez rassasiés 1
r>. Bienheureux les doux, paice Bienheureux, ivousi qui pleurez
qu'ils posséderont la terre! maintenant, parce que vous rirez!
6. Bienheureux ceux qui ont 22. Bienheureux serez-vous faim et soif de la justice, parce quand les hommes vous haïront, qu'ils seront rassasiés ! quand ils vous excommunieront,
7. Bienheureux les miséricor- vous outrageront et rejetteront dieux, parce qu'ils ohliendronl votre nom comme mauvais à cause miséricorde ! du Fils de l'homme ! 23. Réjouis-
8. Bienheureux les purs de sez-vous en ce jour-là et tressaillez c<eur, parce qu'ils verront Dieu ! d'allégresse, parce (jue votre ré-
1. V, 1. xai /.aO'.aavTOç auxoj "ooTrjXOav ajxôi oî aa6r,Ta'I aùroS. 2 /.a! àvoiça; -o ^Toua auTOj sotôaaxsv ajToù; X^yrov.
2. Cf. p. 539, n. 7. On dit que le mot larr, marque le point d'arrêt de la descente, et que Jésus s'est assis ensuite pour enseigner. Mais Lue paraît avoir songé que, pour parlera une foule réunie dans une plaine, l'orateur ne pouvait pas être assis. Le. iv, 20, présente un cas tout différent. Que la plaine en question soit un plateau de la montagne, l'évangéliste ne le dit nullement ; s'il fait descendre Jésus, c'est à cause de la foule, et aussi de Me. ni, 7.
•{. V. 20. /.a'. «ÙtÔç îr.io7.ç toJç oajOaX|j.oJj ■xùrou su zoitç aaOïiTà; ïjto'J ïXevîv.
lr;s isvangiles svN(ii'ri()Li-:s
y, Bieiiheui-eux les paciliques, parce qu'ils seront ap})elés Hls de Dieu 1
10. iiieuheureux les persécutés pour la justice, parce que le royaume des cieux est à eux!
il. Bienheureux serez -vous quand on vous outragera, qu ou vous persécutera, et qu'on dira [mensonj^èremeiitj toute sorte de mal contre vous, à cause de moi !
12. Réjouissez-vous et soyez dans l'allégresse, parce que votre récompense est grande dans les cieux; car c'est ainsi qu'on a pei-sécuté les prophètes daNant vous. »
compense est grande dans le ciel; car c'est ainsi que leurs pères traitaienl les prophètes.
'2i. Mais malheur à vous, riches, parce que vous avez reçu votre consolation !
25. Malheur à vous qui êtes maintenant rassasiés, parce que vous serez alfamés!
Malheur à vous qui riez mainlenanl, parce que vous serez affligés et que vous pleurerez 1
26. Malheur [k vous), quand tous les hommes diront du bien de vous!
car c'est ainsi que leurs pères traitaient les faux prophètes. »
On a pu compter sept, huit, neuf ou même dix béatitudes dans Matthieu, selon qu'on a considéré tout ce qui reg'arde les persécutions comme une transition au discours direct, ou bien qu'on a pris ce cjui s'adresse aux disciples comme une application de la huitième béatitude, ou que l'on s'est réglé sur la répétition du mot « bienheureux », ou que l'on a compté i< Réjouissez-vous », dans le développement final, comme 1 indice d'une béatitude distincte. Cette dernière combinaison n'est ^uère soutenable ; mais les précédentes s'appuient sur certains détails qui ne manquent pas de signitîcation. A n'envisager que la structure extérieure du discours, il y a neuf béatitudes '; à regarderie fond, il n'y en aurait c[ue huit, ou seulement sept ; on peut douter que le rédacteur ait attaché quelque importance au chill're ; dans ce cas, il se serait réglé sur la forme autant que sur le fond, et l'on devrait compter neuf béatitudes, comme on en compte quatre dans Luc, la dernière béatitude étant la même dans les deux Evangiles. Le total de huit béatitudes n'est aucunement assuré dans Matthieu par la présence de quatre béatitudes et de quatre malédictions dans Luc.
Chaque béatitude exprime un trait distinctif des vrais disciples, et une promesse concernant la récompense cjui leur est réservée.