Texte cité n
42 LES ÉVANGILES SVNOPTIOtES
qui se lisent dans le troisième Evangile ' ; il mentionne, comme I^uc, les amis de Jésus, mais c'est pour dire qu'ils le renièrent tous, et qu'ils s'étaient dispersés après le crucifiement ; il n'en parle pas moins de la résurrection et de l'ascension comme s'il résumait les données du troisième Évangile et des Actes -, sauf toujours certains détails qui attestent l'influence d'autres récits ou la liberté de la rédaction. Il a dû connaitre
1. Dial. i03, 13. xal yip ànoo'.ooj; to "Vtj'aa l~l tw i-ol-joio £•-£• rA-zp, s!; yetpâ; aou T:apaT'0;(j.ai xô 7:vcj[i.â jxou, (o; /.ai iy. ttov à-oavir]'j.ov£'j|i.âxwv xal touto SLiaOov (cf. Le. xxiii, 46).
2. Apol. I, 50. jj.£-à oùv TO a-auproOrjvai aùxciv xal oî yvcôptaoi aùxou Trtxvxe; àjrs'JXïi'jav, àpvr]adc[jLcvot aùxov uaxEpov 8c Èx vexptov àvaaxâvxoç xaî oœOsvxo; aùxoi; xaî xaï; "poçri- XEcaiç ivx'j/EÏv, Èv aiç -y'vxa xaO'xa nposipriXO Y£vr)a'0[jL£va, oioafa/xo; xal cî; oùpavov àvepy -[J.evûv loo'vxs; xa'i Tiiaxsj^avx:; xal ojvaatv IxsîÔsv aùxoiç TiELiçôerTav zap' a'jxou Àâ[3ovxï; xal ='.; "îy y^vo; àvOpô-ojv lÀOovti; xx'jxa loioaÇav xal à-ojx6ÀOL -poaïiyops'j- 9r]jav. Cf. Le. XXIV, 36, 44, 46-51 ; Act. i, 8-10. Pour l'apostasie générale des apôtres (Dial. 53, 15, il est dit qu'ils se dispersèrent, 'xz-k yàp xo axauproO^vai aùxov 01 auv aùxw ovxê; |j.a6T;xal aùxou otcCJX35âaOr|aav ; et Dial. 106, 5, qu'ils « se repentirent », tj.Exsvdri'jav È~l x6 àoicjxaTOai aùxoù oxt laxaupfôÔT), xal asx' aùxwv otâywv 'jtivY)!j£ xov OecIv [Le. XXIV, 45, 50?], 6k xal iv xor? àr:oavT,[xovsù[j.aji xtov à-oaxoXtov SrjXouxa!. y£y£vrîu.£vov), cf. Ev. de Pierre, 26. syto oï [Xîxà xtov ixalpwv [jio'j èXu~où(j.T)v xal x£xpw;a.ivot xaxi oiâvotav £xpujïôtj.£6a. Apol. I, 67. x-y/ oï xo'j tjXIou rj|j.£pav xoivf) -otvx£: x.'|V (juvsXe'jœiv -oioùfjîOa, i-£ior] -ptôxi) âaxlv fjfjiÉpa, Èv rj 6 Ôso; xô axo'xo; xal x/jv ùXï)v xpil-a; xJcra.av £7ïo;r|a£, xai 'IriJO'j; Xp'.^xo; o fja£X£po; aTjjx))p xrj aùxrj r)a^^? ^^ vtxpMV àvcJX7|" xrj yàp 7:p6 xv^; xpovix/j; ijxajp'ojav ajxjv xal x»^ [i.£xà x'fjv xpov.xrjv, rjxiç ho'xIv rjXloj /j|j.£pa, çay£l; xot; à~o3:JXo'.; aùxou xal [xafJrjxai'; Èoioa;; xaùra (Justin a parlé de la cène, des réunions chrétiennes, du dimanche) âz;p £■; ï-iiy.ilvj xal Gaïv àveôwxa;jL£v. La perspective paraît être la même que dans Luc et dans la finale de Marc, l'ascension ayant lieu le diinanclic, jour de la résurrection (cf. Barnabe, 15, 8, supr. p. 19, n. 3). L'insistance que met Justin à mentionner le jour du soleil ne laisse pas d'être significative, tant par rapport à l'idée même de la résurrection que par rapport à l'origine du dimanche. La formule des Synoptiques est employée Dial. 41. S-.à xo3 à~d vcXptTiv àvaaxavxo; xrj ixia twv CTaPJBaxwv f)[i.£pa 'Ir|JOÙ Xpiaxou xjù xup!ou /jatov" itla yàp xôiv aa|3|jixfov (cf. Mt. xxviii, 1 ; Le. XXIV, 1 ; Me. xvi, 2), 7:p;ijxri (i.£V0U3a xwv -aiwv f/i-Epiov, xaxà xôv apifijiov rrâX'.v xwv -aawv fjixïptov x^; xuxXoçop;'aç ciySoïj xaX^ïxa- xal -pajxY) ou^a tilvH'.. On lit dans le De resiirreclinne, attribué à Justin, et qui a été composé vers 150-180 (cf. Harnack, I, 50,S-510) : xai xj-Jx-i jS'juXoar/'j; ~i3Xj7:'jLrjaai, xrov |j.aOr|Xo/ aùxou [j."', 7:'.(jx£uo'vxwv (cf. Le. XXIV, 41), î'. aXTjQtS; a liaax; àvfjrr,, 3X£t:ovx'ov aùxwv xal oiTxa^o'vxwv (cf. Mt. x^viii, 17) £i7ï£v aùxoi;" ojtz'o i/ezi "laxiv (cf. Me. iv, 40), stitIv, 'io£X£ ox'. sytii £tjx'., xal '|rjXaçà'v aùxo/ £-£xp£~£v aùxoï; (Le. xxiv, 39). xal xoù; xÛ7:ou; xôJv fjX(i>v £V xalç yzpQVJ i~£^£'xvuv£ (cf. Jn. XX, 20, 25). xal -avxxy iOsv aùxov xaxavoTÎciavx£ç, oxi auxo'; âaxi xa'. £v xoi aoi[i.axt (cf. Le. xxiv, 39), xap£xâX£^ïv aùxov sayslv u.£x' aùxtov, Iva xal oià xojxou [îïpa'to; aàOwjtv oxi àX-rj^w; aapxtxài; avi^xr), xal '^îay£ xrjpiov xal îyOûv (cf.
Le. XXIV, 42-43; noter que, dans Luc, c'est Jésus lui-même qui demande à
Marc ', mais ce qu'il dit des surnoms attribués à Simon et aux fils de Zébédée pourrait bien ne pas venir du second Evangile - ; il dit, comme Marc •^, que Jésus était charpentier, mais il dit aussi que Jésus fabriquait » des charrues et des jouf;s ' », ce qui n'est pas dans Marc; il signale, comme celui-ci. le lieu où était attaché Tâne sur lequel devait monter le Christ, mais il dit que c'était « à la vigne •'• », pour accomplir la prophétie de Jacob ^ ; il parait s'inspirer de la finale deutérocanonique du second Evangile " : il cite des paroles du Seigneur qui ne sont dans aucun livre du canon ^.
La critique ne peut se flatter d'expliquer toutes les particularités de ce témoignage. Il est impossible de prouver que Justin entend, par « mémoires des apôtres », les quatre Evangiles du canon traditionnel, et ceux-là seulement. Il parait, au contraire, tout à fait vraisemblable qu'il n'a pas compris sous ce titre le quatrième Évangile, et qu'il associe aux
manger; pour la mention du miel avec le poisson, voir le commentaire), zal ojtojç £-iO£iça; «Ùtoï;, oti aÀT,6oj; •jao/.oç àvâ-jTaai; kizi, ,jOjÀotjL£vo; i-coîiÇxt y.aî touto, ' zaOto; îVpïjXEv £v oupavw T7]v zaTOtV.r,atv 7)[i.Gv u~!Xp^civ (cf. Jn. xiv, 2), oti oùx àoûvaiov /.al ij.oy.\ Et; oùpxvov àvEÀOeïv, àvsXrJçOT] (cf. Act. i, 2, 11 ; Me. xvi, 19) [ÎAs^dvTwv aJTojv (Act. i, 9; £■'; tov ojpavo'v, foç r,-/ iv zf, ^soLpyJ.. L'auteur de ce passage dépend sans doute des quatre évangiles canoniques, et de ceux-là seulement; il doit être postérieur à Justin, et il écrit dans l'esprit d'Irénée.
1. On peut trouver un écho de Me. x, 17-18, dans^4po/. 1, 16 ; de Me. viii, 31, dans Dial. 76, 100 (cf. supr. p. 39, n. 1); surtout de Me. xvi, 20, finale contestée, dans Apol. I. io. xrJj 'IîpouCTaXr]u. oî a-oaToÀo; aOroj =rîÀ6o'vT£: -avra/oij ixrîp'j^av.
2. Dial. 106, siipr. rit. p. 35, n. 2. La référence aux « mémoires » de Pierre ne concerne que le surnom donné à cet apôtre, et ailleurs (Dial. 100, 12) Justin rapporte le surnom à la circonstance indiquée dans Mt. xvi, 16-18. Ce qui est dit du surnom attribué aux fils de Zébédée peut venir de Me. ni, 17, sans qu'on en puisse rien conclure pour l'attribution médiate du second Evangile à Pierre.