Supr. p. 37, n
^. Dial. 88, 8. xaxsXÔovxo; xoy 'Iir|aoij ènl xo ûotop xal Tzùp àvr|©6rj (àvTjipOaL ?) èv xw lopîâvT], xal àvaouvxo; aùxou àra xou uSaxoç w; TTEptCTxepàv xo âyiov "vsufxa èT:t7:xT)vai è-' ajxdv (cf. Mt. m, 16; Me. i, 10; Le. m, 22) ïypaj^av oi àTzôixoXoi. ajxou xcûxcu xoij .Xpidxoj Tjawv. La construction de la plirase permet de dire que la descente de l'Esprit est prise dans les « mémoires des apôtres », mais non le feu sur le Jourdain. On peut douter cependant que Justin ait voulu faire cette distinction. Zahn, GK. \, 550, admet qu'Éphrem commente ce trait d'après le Diatessaron
LA TRAblTION ECCLÉSIASTIQUE 39
était de hi race de David ' ; quuil aux paroles du Seigneur qu'il semble avoir prises de Luc, elles trahissent parfois l'influence de Matthieu -, comme celles qu'il semble avoir prises dans Matthieu accusent parfois
de Tatien. On lit dans le nis. lat. a et dans le ms. .g', avec quelques variantes), après Mt. ni, to : u Et cum l)aptizaretur, lumen ingens circumfulsit de aqua ita ut timerent omnes qui ad vénérant. » L'auteur du De rebaptisinate, 17 (livre contemporain de S. Cyprien et conservé dans ses œuvres) dit qu'on lisait dans l'apocryphe Praedicatio Pauli (c-fjuum baptizaretur (Christusj, ignem super aquam esse visum ». On lisait de même dans l'Évangile des ébionites (Epi- PHANE, Haer. 30, 13), après le baptême, la descente de la colombe et la voix céleste : xal sùOJç -tod\^<^hs. tov tj'-ov sto; a^ya. A la place où Justin et les deux mss. lat. rapportent ce trait, il parait combler une lacune dans le récit de Matthieu. Justin a dû le trouver déjà dans quelque document évangélique, et il le rattache à la tradition des apôtres. Pour ce qui est de l'origine, on peut en dire la même ch se que de la caverne de la nativité. Dial. 88, 14. ot àv6p'o7:ot •j-cÀiu.,3avov a-JTOv slva-. tov Xptciro'v 'cf. Le. m, 15), -p6; o'j; xaî È|5oa- oùz aîal ô Xp'.^To'ç. xÀÀi çwvT] jJowvTO; (cf. Jn. i, 20, 23). f]?ï'. yàp ô tcryupoTSpd? [lou (cf. Le. m, 16), oj ojy. cliù. ixavô; -% jTwOOr^aaTa jîaaTxcra'. (cf. Mt. m, 11). /.al ÈXÔo'vto? toîj 'Ir^rsoXt ï~\ TOV 'lopÔàvTjv xal •^ou.'Zoïiv/fyj 'IwiriS to3 TixTovo; j'.oj 'j-.ipyzv/ xtÀ. (cf. Le. m, 23; Mt. xni, 55|, 20. -6 -vEoiia oùv -ô ay.ov xaî ôii toÙ; àvGpoi-o'j;, w; -ooicpriv, âv £to£t -£p'.aTspà; (cf. Le. m, 22) ïr.i~-r\ aÙTw, xaî cptovr, Ix Tt3v oùpavwv à[j.a ÈÀriÀûÔsi, fjT'.ç y.ai oià Aau^o ÀsyoïxivTi, (o; à-6 -poj(ô-oj aÙToij ÀiyovTO?, o-cO aùrw à-o xou 7:aTpo; "Éu-eXÀe ÀivsaOa'." uid; ao'j il aj, iyr'o arjijLspov YEyiwriXa <j£' tots yr/saiv autou XÉywv yivcaOa'. toï; àvOpoj-oiç, i; otoj r, yvfo^L: ajTOj ïazAAi yivcrjOa;. Même citation £)ia/. 103, 19, avant le récit de la tentation, qui est expressément rapporté aux « mémoires des apôtres ». C'est donc là (cf. Zahx, GK. I, 542) que Justin a lu les paroles du Ps. ii, 17, conformément à la lecture de Le. ui, 22, dans le ms. D et plusieurs mss. lat.
1. Dial. 100, où l'auteur explique le titre de « Fils de l'homme » en rappelant que Jésus descend, par Marie, d'Abraham d'abord et aussi d'Adam. Mais Marie seule appartient à la race de David ; on a pu voir précédemment (p. 37, n. 6) que Joseph appartient directement à la tribu de Juda. Très libre interprétation des généalogies, qui toutes les deux aboutissent à Joseph. On lit de même Prot. Jac. x. Map'.iu. dn v ix rTÎ; çjÀt;: Aajio, et nulle part il n'est fait mention de la descendance de Joseph. Justin envisage donc cette question de la même manière que l'auteur de l'évangile apocryphe, et il traite les données de Luc et de Matthieu avec la même liberté. Ce trait éclaire passablement l'attitude générale de Justin à l'égard des évangiles.
2. Ainsi Dial. 17, 17. ojai jjjïv, ypaa;j.aT3rç xaî sap-.aaïo'., j-oxpiTai, oti à-oo£xa- -o\J-s TO f,ô'joa;jLov (cf. Mt. xxiii, 23; xaî to nrjavov, ttiV os oL^i-r^-i -ou Ôîoîj xal Trjv
xpiaiv où xaxavostTE (cf. Le. xi, 42) xaî toî; ypau.u.aT£3î7'.v oôaî Ciaïv OTt xàç xÀsTç
'ÉyÉTc xal auTol oùx si'iipyE'jGc xaî Toù; î'.dcp/oaÉvoj; xwÀjîte (cf. Le. xi, 52; Mt. xxnr, 13', ôoTiyoî TJSÀoî (cf. Mt. xxni, 24). Justin dépend de Le. xx, 35-36, dans Dial. 81, IS. ojTc ya[xr|jo-jJiv ojT£ ya[j.T|OriaovTa'., àXXà [ai-y'-tAoi 'saovTai, TÉxva tou OeoCÎ Trj; àvaJTaJc'jj; ovtsç.
40 LES ÉVA>'GlLp;S SYNOPTIQUES
rinfluence de I^uc ; il clécril rinsliLuLion eucharistique coul'orniéuieiit à la recension commune dû troisième Évangile ', avec la recommandation qui vient de TÉpître aux Corinthiens - ; il semble dépeindre Tagonie de Gethsémani d'après Luc, tout en prenant la prière de Jésus dans Matthieu ^ ; il dit que Pilate envoya le Christ à Ilérode, et qu'il le lui envoya enchaîné ', que Jésus fut crucifié par les Juifs, du commun accord d'Hérode et de Pilate •, que les Juifs avaient fait asseoir Jésus au tribunal de
1. Apol. 1, 66. 01 yàp à^oTTOÀo'. èv toÎ; Yevo[j.évoiç Ot:' au-wv ar:rju.vïjaove-jij.acj'.v, a xaXsixai eùayysÀta, o'jxtoç -aoÉowzav èvTEiâXOai auToi;' tov 'Irjaouv Àa[io'vxa apiov £yy aptarrjaavxa Ht-Hv touto T.o\ii~£ £t; Tr|V àvâij.vYia'.v JJ^'j'j, tout'I ïizi xo ao;aâ u.o'j' xai tÔ "ox/Jptov ô[i.o;'(0(; Xa|jo'vTa xa'. sùyapia-r[aavTa EÎrrcTv toùto in-'.y aifxâ [jlo-j (cf Le. xxii, 19-20; Mt. XXVI, 28; Me. xiv, 24), xai ]j.o/oi; aÙTroi; [jLîxaoo'Jvai. OTzep xal èv tûï; xou Mt'Opa rj^udxripîot; rapÉôfuxav y-ve-jOai ii.'.ULr|axij.cvo'. oï ~ovr|pot ôa'[i.ov£ç" oxi yàp àpxo; xal Tcoxrîp'.ov {ioaxo; xîôexat Èv xa!'; xoCi [audulÉvou xsXcxat; [xïx' £7:'.Xdywv xtvôiv, r\ È-:axaaOc rj u.a6eïv BuvasOs. Dial. 70. Trspî xoij apxoy, ov -apJO'oxsv fjijLÏv 6 fjixixspo; Xpiaxoç "oteïv £i; àv7'avr|(T'.v xou Xc rjM[xazo~0'.r[ay.'s()7.'. auxo/ oià tou; TriîiJJûvxa; et; ajxo'v, ôt' o'J; xaî TcaÔTixo; yÉyove, xaî —spî xoù' "ox/iptou, o eî; àviav-Cjaiv xou a'.'fxaxo; aùxou "apiSwxev eùyapiCTxoOvxa; Tzoïv.v. Dial. 116. Tzirsa.; oùv otà xo'J ovo'fxaxo; touxou ôuaia;, aç Trapiôwxev 'IriCTOu; 6 Xpiaxo; ytveaOai, xouxéTX'.v È~'. ttJ sùyaptcjxîz xoO' àpxou xal xou 7i;oTT)piou, xà; Èv Tïocvxt xo'tko x'^ç yrî; yivoij-éva; utuo X(ov Xptaxtavtov, 7:poXa[jtov 6 ÔeÔ; [xaprupet EÙapÉaxou;
UTzypytiv aùzu) xaûxa yàp (j.'iva xal Xotixtavol -aaiXa^io^/ ro'.siv, xal kr.' àva[j.vrîaEi.
0£ xrj; xpoçTÎç aùxwv Çnpa; xc xal uypa; (notez ces expressions, où Ton voit que Justin conserve à l'eucharistie le caractère de repas véritable), Èv Vj xal xou -âôou;, 0 TiÈTtovôe ôt' aùxoùç 6 uloç xou 6eou, u.É|j.vy|Xat.
2. I Cor. xr, 24-25. Pour le texte de Le. xxii, 19-20, voir le commentaire.
3. Supr. p. .34, n. 8. Noter que Justin ne parle pas de sang, et qu'il met au contraire l'incident en rapport avec la prophétie (LXX) : coael uowp ÈçsyùÔTi/.
4. Dial. 103, 13. "^Hpwoou ôi, xoù 'ApyiÀaov oiaÔE^atAivou, Àapo'vxoç x/jV ÈÇouatav xrjv à7;ov£jjLT|6sïaav aùxw, w xal EltXàxo; yapti^jaevo; osôsaivov (cf. Jn. xviii, 24. qui pourrait bien avoir emprunté ce trait à la même source (jue Justin) xov 'iTjaoO'v ÏTzvxiz (cf. Le. xxin, 7, où il n'est pas dit cependant que Pilate ait fait cadeau du Christ à Ilérode; ce détail pourrait venir aussi du document où Justin a trouvé que Jésus était <( lié »), xal ■zo^xo ysvriaoasvo^j -posiôtlj; 6 ôeo; sîpr/.st ouxoj;' xal ys aùxov et; 'Aajupt'ou àTcrîveyxav ^evta xw jJaCTtXei (Os. x, 6, où on lit dans le grec : xal aùxôv et; 'Aaauptou; Orjuavxe; àrrjvcyxav Çivta xw paatXei 'lape.jx).
5. Apol. l, 40, 6. xat "to; ixr]vÛEt x/|V y£yevri[i.£Vï|v 'Hpojoou xoù jJatjtXiw; 'louSattuv xal aùxôjv 'louôattov xal IltXdtxou xou uaexepou 7:ap' aùxoi; ysvoaivou è-txpo'ou aùv rot; aùxoû axpaxttôxat; xaxà xoù Xptaxoù auvéXeujtv. Emprunt probable à Act. iv, 27, avec référence à Ps. ii, 1-2; les soldats peuvent venir de Le. xxiii, 11; mais la façon dont on parle d'Hérode « roi des Juifs » (on a pu voir, n. 4, que Justin le présente comme successeur dArcliélaus), pourrait accuser l'influence de l'Ev. de Pierre ou d'une source apparentée.
LA TRADITION ECCLÉSIASTIQl K il
Pilale en lui disant : " Ju^e-nous ' » ; que le Sauveur fut attaché à la croix avec des clous - ; que les Juifs se partagèrent ses vêtements •*; qu'on peut vérifier la réalité de ces traits en interrogeant le rapport officiel de Pilale '' ; les dernières j)aroles qu'il attribue au Christ mourant sont celles
1. Apol. I, 35. xai 0 u.'i-i Aajio, ô |îajiÀHJ; xal -pocprlT.-,;, o v.t.m-i rajra (Justin vient de citer Ps. xxii. 6, 18), oùîèv toJtojv k'-aOiV 'Iï,jo'j; oè Xoitto; âçeTaôri xà; yeïpaç, aTauptoOsi; ut.6 Ttov 'louoaifov àvx'.Àsyovudjv auTfo xal cpaazdvxwv aï) slvat auxov ypiarov. xal yàp, w; el-Ev 6 TipocpTiTY);, ôiaCT'jpovTEç aùxov Ixaôiaav etîI pr|u.axo; xaï eiTiov xpTvov T)[jLÏv. x6 5e- wpu^àv |j.ou ysïpaç xal izôoclç, £^r|yr,a'.; xwv âv xw axaupw 7:ayiVXoiy iv xaï; 7£p<JÎ xal xotç Ttoalv ajxoû TJXtov fjv. xai [jisxà xô TxaupwTai auxov sJiaÀov xÀrjpov £— l xôv iaxxta;j.ov aùxou, xal £|x£p:aavTO éa'jxoi!; o'. axa'jptÔTavxï; ajxo'v. xal xaOxa ôxt y£YOv = ÔjvajOs aa6=ïy âx xôiv i~l Ilovxiou IltXâxoj y£vou.ivtov axxojv (cf. supr. p. 37, n. 6) Revenant plus loin (38) sur les mêmes faits, il ajoute : âxiva -âvxa oxt yiyovev utio xwv 'louoa.ojv Tw Xp'.crxfj), aa^Eiv oJvajOE, référence implicite aux mêmes actes de Pilate. Le Christ, les mains étendues en croix, accomplit la prophétie d'Is. lxv. 2 (LXX). i^iT.i-JiiT. xi; "/£l'pâ; [J-rJ oXtjv x/jV f,;j.£pav -po; Xaov à-E'.OoOvxa xat àvxiXÉyovTa, xoïî -op£'jû[i.£vo[; 6o(T) où xaX^. A ce texte Justin en a rattaché un autre, Is. lviii, 2, qui se lit dans le grec : alxoja.v txi vjv xpiiiv o'.xa a/, xal iyyîÇEiv Gew £-iOjaojj'.v, et il trouve dans celui-ci l'accomplissement d'un autre détail de l'histoire évangélique, Jésus traîné par ses bourreaux, installé au tribunal et invité à juger comme un roi. Jn. xix, 13-14, offre un trait analogue, Jésus installé au tribunal de Pilate par le procurateur lui-même, qui dit au Juifs : « Voici votre roi » (pour l'interprétation de celte scène, voir QÉ. 866-871). Justin se représente les choses tout autrement : il suppose Jésus aux mains de ses exécuteurs, entre la condamnation et le crucifiement, comme lEv. de Pierre, 6. oi oï Xà^ovxs? xov x'jptov wOoov aùxov xpfyovxE; xal sXEyoV Tjpwp.£v (ms. £'jpw;i.£v) xov ulôv xoO 6£oCi £?o-j7Îav aùxo'j £ayr,xôicç, 7. xal -opïûpav aùxov -£pl£[3aXXov xal ÈxxÔiaav auxov £7:1 xa9£Ôpav xptaE(i); X£y&vx£;- otxalfo; xptvE, [îaT'.XEj xoO 'lcjpa-,|X. Le rapport est frappant, incontestable, quoique Justin omette oixalw; dans le discours des bourreaux, comme il a omis ov/.x'.-lv dans sa citation d'Isaïe, et que le « tribunal » de Justin, que celui-ci pourrait d'ailleurs avoir préféré à la paraphrase de l'apocryphe, puisse sembler primitif relativement à la « chaire du jugement ». L"apocryphe, qui ne cite pas Isaïe, se rapproche plus que Justin du texte prophétique. Si Justin ne dépend pas de l'Évangile de Pieri-e, il dépend d'ime source évangélique dont le pseudo-Pierre dépend aussi.
2. Texte cité n. 1 ; cf. supr. p. 37, n. 1. Pour les clous, voir Év. de Pierre, 21. xal x6x£ à-£a-ac;av xoj; f,Xoj; à-o xrov yEjprov xo'j xupîo'j. Ou l'auteur a pensé que les pieds n'étaient pas cloués, ou il néglige de dire qu'on les a décloués, ou le texte est incomplet.
3. Texte cité n. 1. Dial. 97. o[ crxaupoWavxs; aùxov Èaipiaav xà laâx-.a aùxoO' Éajxoi;, Xayu-ov pâXXovxEç Éxa^xo; xaxà xr,v xo2 xXrlpoii È7:i[JoXr|V o ÈxXiÇadOa-. èJÎePoùXtjxo. Le motXayao; est rare, et il se trouve justement dans od. de Pierre, 12. xal xEÔEtxoxe; xà £voùu.axa "Éa-pocrOïv aùxoû' o-.Eu.Ep-'javxo xal Xayaov ïjJaXov l~' ajxol'^