‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 458 sur 829 · Wernle · texte numérisé non relu

Wernle

4. V. 17. îuy.o~fÔT£pov oi li-v/ xov ouoavov /.a!. t^iV y^jv T.xoùSitbi jj Toy vciu-ou u.;av x£oa;av -sasïv.

568 LES ÉVANIJILES SYNOPTIQUES

vis-à-vis de saint Paul. On a du même penser à lui en écrivant que celui qui abrogera le moindre coniniandement sera le plus petit dans le royaume céleste ' ; car on a lair de lui emprunter ses expressions -, et l'on n'a pas seulement en vue des g-ens qvn négligent la Loi, mais qui enseignent qu'on peut la négliger, qui instruisent les autres à le faire. Néanmoins l'auteur judéochrétien ne se permet pas de damner Paul et ses adhérents ; il se contente de leur assigner la dernière place parmi les élus. Ainsi, dans le milieu judéochrétien où s'est conservée d'abord la tradition des discours du Seigneur, la rédaction dont dépendent Matthieu et Luc, on ne regardait pas le christianisme paulinien comme une erreur absolue, digne delà réprobation éternelle, mais comme une forme inférieure de vérité et de perfection.

L'hypothèse la plus vraisemblable sur l'origine de ce morceau est qu'on l'aura introduit après coup, comme une sorte de glose antipaulienne, dans la première rédaction du discours •^. Cette glose doit être ancienne, puisque Matthieu et Luc, c'est-à-dire les deux courants traditionnels que représentent ces deux Evangiles, la supposent également. Il est tout aussi facile d'en expliquer la composition, qu'il serait imposssible de la placer dans l'enseignement authentique de Jésus, sans méconnaître le sens de cet enseignement ou celui de la glose. Jésus n'a réellement abrogé aucun précepte de la Loi, et il n'a jamais eu à se prononcer sur la question des observances légales ; mais il n'a jamais dit non plus que ces observances eussent une valeur méritoire, et fussent d'obligation permanente relativement au royaume. La question ne s'est pas posée pour lui dans les termes énoncés par notre texte. Dans la perspective immédiate du royaume, antérieurement à tout essai d'évangélisation chez les Gentils, cette question n'existait pas. Jésus l'avait résolue cependant, en quelque façon, par la souveraine maîtrise avec laquelle, sans toucher à l'autorité de l'Ecriture, il avait ramené la Loi à son essence morale, et fait la critique, non seulement des observances pharisaïques , mais des prescriptions

1. Mt. 19. oc, îav o'j/ A-Jiri aiav 7o)v ivTOÀfov toj-wv twv lÀa/îarwv zai ÔioâÇr/ ouTo); TOjç àvOpdi-oj;. ÈÀx/'.cjtoç y.\rfirloz~0Li iv xfi |jaj'.À£''a Tfov o'jpavwv. Cf. Jac. ii,

2. I. CoK. XV, 9. Èytô Ycxp £'![xt o ÈÀâ/taTo; x(ov i.r.oiT'JXio'/.

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