‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 457 sur 829 · Mt. XXII · texte numérisé non relu

Mt. XXII

3. V. 20. Xiyo yàp •jji.ïv OTi Èàv ar, "îpiacjsûaT] uatov f, Sixaioaûvïj v.tX. Cf. l'emploi de O'.xatoTJVT] dans m, lo ; v, 6, 10, où le mot et l'idée sont aussi de l'évangéliste. L'omission du v. 19/) (o; o'av 7:o'.rJair] y.tX.) et de tout le v. 20 dans D paraît due à une erreur de transcription (homéotéleuton Tfov oùpavtov), et il n'y a pas lieu d'en conclure (avec Wellhausen, E. 79, Mi. 19) l'inauthenticité du v. 20.

justice ne l'emporte sur celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux. » Cette explication ne peut se rapporter naturellement qu'à ce qui pi^écède ; on la met en rapport avec le début du discours *, parce que l'idée qu'elle exprime s'accorde mieux, en réalité, avec ce début qu'avec la recommandation d'exacte fidélité à la Loi ; mais cette recommandation ne se présente pas comme une parenthèse, ni comme un morceau intercalé après coup dans le texte de l'évang-éliste ~, et la réflexion sur la justice des pharisiens ne vient pas comme une transition nécessaire entre le principe énoncé en tête du discours et ses différentes applications. Celui qui l'a écrite avait dans l'esprit ce qui vient d'être dit sur le plus petit et le plus grand dans le royaume des cieux ; pour passer delà aux instructions particulières, il a ramené l'idée du commencement, véritable exorde du discours, en la traduisant à sa manière, et la mettant en rapport avec l'admission au royaume : pour entrer dans le royaume, ne faut-il pas réaliser la Loi en sa plénitude idéale, qui est l'accomplissement de tous les préceptes, petits etg"rands? Cette liaison, est artificielle, mais l'évangéliste l'a voulue ; il n'entendait pas, il ne voulait pas qu'on entendît la négligence et l'observation des menus préceptes par rapport à la lettre de la Loi ; il a tiré le meilleur parti possible d'un texte qu'il ne croj^ait pas devoir omettre, et dont la signification réelle le déconcertait.

Ce texte est antérieur à Matthieu •', qui l'a trouvé dans sa source, où Luc le lisait pareillement. Luc '* s'est permis de le transposer et de n'en garder qu'une partie, mais il témoigne à sa façon contre l'addition : « jusqu'à ce que tout arrive », en montrant que l'équilibre primitif de la sentence était fondé sur le parallèle établi entre la durée indéfinie du monde et celle de la Loi. Tout le passage n'en est pas moins étranger à l'enseignement du Sauveur et à la première rédaction du discours sur l'accomplissement de la Loi par l'Evangile. S'il ne correspond aucunement à l'attitude de Jésus à l'égard de la Loi, il correspond fort bien à celle des judéochrétiens

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