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niers temps ', qui n'ont pas parlé aux anciens, mais par Moïse et les interprètes de sa tradition, de ne point tuer, sous peine d'être condamnés par le tribunal. La citation du Décalog-ue '^ est complétée par une référence vague à d'autres passages concernant le châtiment du meurtre, et les tribunaux chargés d'en connaître ; le tout est bel et bien une citation de la Loi, non des ■docteurs juifs, auxquels Jésus ne pense pas; il accommode le texte au commentaire qu'il en va donner ^. Sans blâmer la prescription légale, il la trouve insuffisante, et il va la compléter, parce que l'on pourrait croire, et les scribes étaient assez enclins à cette interprétation, que le meurtre seul constitue une faute aux yeux de Dieu, le sentiment d'où procède le meurtre, la colère par exemple, ne tombant pas sous le coup de la justice divine. La Loi, qui s'appliquait au for extérieur , ne pouvait viser que le meurtre ; elle se trouvait défectueuse si l'on voulait en faire un manuel de morale.
Il est juste qu'un criminel soit déféré au tribunal de sa localité pour être condamné à mort ; mais non seidement il ne faut pas tuer, on ne doit pas même se fâcher contre son prochain. Le texte reçu ajoute : (( sans raison ^ », glose inutile, car la colère contre les personnes est défendue, et l'indignation légitime est hors de cause, Jésus ne peut envisager la possibilité d'un meurtre dans le royaume des cieux, ou de la part d'un candidat au royaume. Pour un disciple de l'Evangile, le seul sentiment de la colère, l'emportement de fureur haineuse contre le prochain, est déjà une faute grave. Il
1. Opinion des exégètes protestants, qui voudraient que Jésus réformât seulement la tradition pharisaïque. Mais il ne s'agit pas de réforme, et Jésus ne corrige pas une interprétation de la Loi; il entend parfaire la Loi même. Dans sa déclaration à propos du divorce, il abandonne Moïse et ne se contente pas de redresser les docteurs. Cf. Schanz, Mt. 181.