Cf. Zahn, Gesch. d. neuf. Kaiionfi
4. On lit ainsi le texte dans Grégoire de Nysse, Maxime le Confesseur et le ms. 700 : ÈXQÉtfu xo âytov ::v£ij[j.a a-ju âo' r]aà; (Maxime n'a pas âcp' ri[i.à?) xal xa6apiaâxw fjU.à;. Marcion n'avait sans doute pas le dernier membre de phrase. Ce doit êti-e par l'influence de cette lecture qu'on lit dans D : ây' riaàç iXôixt-) aou 7] pad'.Xe'a.
g-oire de Nysse, tout en conservant la première demande, lisait ces paroles à la place de la seconde. Marcion n"a pas dû les inventer, et l'on doit y voir au moins une variante fort ancienne ', explication spirituelle de la première ou de la seconde demande, sug-gérée •' par la conclusion du discours : « Combien plutôt le Père du Ciel donnera-t-il l'Esprit saint à ceux qui le lui demandent '. » Mais si la variante était mieux attestée, l'on pourrait tout aussi bien, et plus naturellement peut-être, voir dans cette conclusion une référence directe au texte de la prière tel que le lisait Marcion ; et la leçon canonique aurait été empruntée à Matthieu.
« Que ton règ-ne arrive *. » Ce règ-ne est celui que Jésus a prêché, dont il préparait l'avènement, dont il invite les fidèles à espérer et à souhaiter l'accomplissement prochain. Si l'on veut rester dans le sens historique de la prière, il ne faut pas retirer à cette formule sa signification eschatolog-ique. Le règ-ne de Dieu y est, comme ailleurs, la consommation de la justice éternelle, et l'inaug-uration des joies célestes. Il est évident que le texte même présente le règ^ne comme à venir, non comme déjà présent. S'il s'ag-issait du règne spirituel de lEvangile et tle la régénération morale de l'humanité, on ne dirait pas que le règne arrive, mais qu'il saccroisse. Ce qu'on demande directement est donc l'avènement du règne glorieux, et la sanctification des hommes ne peut être visée qu'implicitement. Luc l'aurait exprimée dans la demande de l'Esprit, si cette demande était authentique. La préoccupation du présent comme condition de l'avenir, du progrès de la justice sur la terre comme condition requise pour l'accomplissement du règne de Dieu, apparaît dans la troisième demande de Matthieu, qui manque dans Luc :
« Que ta volonté se fasse sur la terre comme au ciel '. « Cette
i. Blass {Lucas, 51 j y retrouve le texte authentique de la seconde demande dans Veditio romana de Luc.