‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 498 sur 829 · IIOLTZMANN · texte numérisé non relu

IIOLTZMANN

traire, il n'y a plus que ténèbres pour l'individu tout entier; et si ce qui devrait donner la lumière se fait ténèbres, quelles ténèbres cela fera-t-il, et quel espoir d'en sortir? Le texte ne distingue pas deux sortes de ténèbres ' que l'on comparerait entre elles. 11 ne fait ])as non plus de différence entre l'œil et la lumière qui est dans l'homme, car l'œil est précisément cette lumière -, et, qu'il s'agisse de comparaison ou d'allégorie, le discours manquerait de suite si l'œil, le corps, la lumière et les ténèbres n'avaient pas la même signification au commencement et à la lîn de la sentence. Mais j a-t-il comparaison ou allégorie ? Dans la pensée de l'évangéliste, il doit y avoir allégorie, parce que l'épithète : « simple '^ », appliquée à l'œil, s'entend naturellement au sens moral, et que la locution : t< mauvais œil », s'entend de la jalousie '\ Matthieu paraît avoir compris que la loyauté de l'œil, c'est-à-dire le désintéressement à l'égard des biens terrestres, est la condition dune vie sans tache, tandis que le mauvais uùl, l'avidité jalouse de l'avare, souille toute son existence. Ainsi s'explique la place qu'il adonnée à cette réflexion. Mais, sauf les deux épithètes attribuées à l'œil, le texte ne s'adapte pas naturellement à son interprétation ■'. L'on peut croire qu'il y a eu d'abord une comparaison dont le ternie spirituel était sous-entendu, et où il était question des qualités j)hysiques de l'ieil. De même que l'anl, s'il est sain, éclaire le corps eiitier, et, s'il est obscurci, le met tout entier dans les ténèbres, de même, si la conscience est claire et droite, toute la vie morale est dans l'ordre, et si la conscience est ténébreuse et tortueuse, la vie n'a plus de direction sûre.

Pour amener la même sentence, dans un contexte tout différent, Luc l'a rapprochée du dicton sur la lampe qu'on doit mettre sur le support ''. Il a dû faire cette combinaison parce que, de part et d'autre, il était question de lumière. Mais on ne peut considérer cet arrangement comme primitif, ni supposer que le rapport des deux comparaisons se fonderait sur ce que celui qui n'a pas une conscience

1. Comme paraît les distinguer la Vulgate (Mr. 2:^) : .' Si cigo lumen ((uod in te est tenebrae sunt, ipsae tenebrae quantae enint ? »

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