Cf. JiiLicHER, II
•S. Mt. 22. iàv ouv f, ô ôsQaÀao'ç aou àjzÀoj:... 23. éàv o'; ô ôiOaAao: aou Tzovripoç rj
Les mêmes termes sont employés dans Le. 3i. 4. Cf. Mt. XX, lo.
i). JÛLICUEH, II, 102.
(i. Cf. siipr. p. "rôS.
droite ne voit })as la lumière de la vérité '. L'idée générale de lévang-éliste paraît être qu'il faut répandre la lumière autour de soi, et la garder, l'aug'menter en soi, progresser dans l'amour et la pratique du vrai, afin d'avoir une vie toute de lumière, tout éclairée, toute lumineuse. La comparaison devient une allégorie plus vague que celle de Matthieu, et où se conserve d'ailleurs l'essentiel de l'application morale. Mais le texte ordinaire de la conclusion propre au troisième Evang-ile, qui est sans relief et dépourvue de netteté, ne paraît pas sûr -. On peut y soupçonner un mélange de leçons parallèles, la rédaction primitive de Luc ayant été surcharg'ée par l'addition d'éléments venus de Matthieu.
Mattii. VI, '24. « Nul ne peut Luc, xvi, 13. « Nul domeslique .servir deux maîtres : car ou il haïra ne peut servir deux maîtres : car Tun et aimera l'autre; ou il s'atta- ou il haïra l'un et aimera l'autre, ou chera à celui-ci et méprisera celui- il s'attachera à celui-ci et mépriselà. Vous ne pouvez SLM'\ir Dieu et ra celui-là. Vous ne pouvez servir Mammon. » Dieu et Mammon. »
L'occasion historique de cette déclaration est impossible à déterminer. Matthieu et Luc procèdent d'un même texte grec ; le premier met la sentence parmi des avertissements contre l'amour et la préoccupation des biens de ce monde, et le second au milieu d'instructions concernant les richesses ^ ; tous deux se règ'lent sur l'analog-ie des
t. B.Weiss, E. 3")9.
2. A la remarque expressive de Mt. 23, v. ojv tô -sio; to èv irA '^■/jj-fj; iixi'/, to a/.dxoç tzo'tov, I^c. 35, substitue le simple conseil : ly/i-i: ryxi ar, to z>m; to sv aoî azoTOç Z'jx'v). Puis il ajoute, v. 36 : û oùv to crwaa ctou oÀov cpw-stvo'v, <x.r\ ïy'<yt \xiooc, xi axoTEivov, cTTa'. ocotelvov ôXov w; dxav o Xj/voç xr^ a.ixoa.T:î\ çfoxcÇr] ae. Ss. (confirmé par deux mss. la t.) lit ainsi ce v. : << Si donc ton corps, (juand il n'a pas en lui de lumière qui brille, est ténébreux, ainsi, quand ta lumière brille, elle t'éclaire. » Jûlichiîm, II, 107-108, conjecture que la sentence a dû être rédigée d'abord eu cette foi'me : (34 a) « Le flambeau de ton corps c'est ton œil. 36, comme dans Ss.) Si donc ton corps, etc. (35). Prends donc garde que la lumière qui est en toi ne soit ténèbres. » Le v. 34 h viendrait de Matthieu, et le texte ordinaire du v. 36 serait glose parallèle à 3* b. L'avertissement s'adresserait aux gens qui ont des yeux pour ne pas voir, ou bien signifierait qu'il faut garder, dans la vie de l'âme, la lucidité de conscience qui y est aussi indispensable que la santé de l'œil à la vie corporelle. Blass (Lucas, 54) omet simplement le v. 36, avec D et plusieurs mss. lat., en retenant le v. 35, que les mêmes témoins remplacent par Mt. 23 b.
3. Le rattachement de cette sentence à Le. xii, 34 (Holtzmann, 64 , ne s'impose pas.
sujets ; mais si cette analog-ie est plus intime dans Matthieu, plus extérieure dans Luc, on n'en peut rien conclure touchant la disposition de la source commune.
Le même homme ne peut servir deux maîtres. Luc dit : « le même homme domestique ' », et il est certain que Jésus song-eait à un esclave. L'assertion n'est indiscutable qu'à cette condition. Le même esclave ne peut pas être au service de deux personnes ; en effet, si l'on admet ce cas d'un seul serviteur pour deux maîtres, il y en aura un des deux qui sera sacrifié à l'autre, selon le goût du serviteur, et par conséquent un seul des deux maîtres sera servi réellement, pendant que l'autre sera nég-lig-é. L'affection ou l'aversion d'un esclave n'ont de sens que par rapport à son service -. Le maître aimé sera celui que l'esclave préférera soigner; le maître haï sera celui qu'il délaissera pour l'autre. Tout cela doit s'entendre au sens propre, et ne signifierait rien comme allég-orie. C'est le premier terme d'une comparaison, dont le second est : « Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon '■^ . >> Il est tout aussi impossible à un homme quelconque de servir Dieu et Mammon, qu'à un esclave de servir deux maîtres à la fois.
Mammon est un mot araméen ^ qui sig-nifie « richesse », et qui représente ici la fortune comme une espèce d'idole, l'opulence personnifiée. C'est la richesse en soi, et non seulement la richesse mal acquise, ou bien il faut dire que l'on ne conçoit pas de richesse bien acquise. Si on l'appelle « Mammon d'iniquité '' », c'est "en tant que puissance souveraine dans un monde livré à l'injustice ", et plus encore parce que l'injustice est comme naturellement liée à la recherche, à la possession, à l'usage de la richesse ~. A plus forte raison Mammon n'est-il pas le diable. L'incompatibilité est absolue entre le service de Dieu et la poursuite des richesses. Il serait arbitraire d'entendre qu'on ne doit pas servir à la fois Dieu et Mammon,
1. oùôti; o'.xiTï];. Mt. ojôsf;. Rien ne prouve que le mol ol/A-r^i ait été ajouté par Luc.