Wernle
telle mesure que l'on se sert pour juger, et de là vient que Luc a soin de dire auparavant : « donnez, et l'on vous donnera ». La forme primitive de ce passage doit avoir été gardée dans Matthieu.
Mattii. vu, 3. ce Et pourquoi reyardes-tu le fétu qui est dans l'œil de ton frère, tandis que tu ne remarques pas la poutre qui est dans ton œil? 4. Ou comment diras-tu à ton frère : « Laisse-moi ôter le fétu de ton œil », pendant que la poutre est dans (ton) œil à toi ? 5. Hypocrite, ôte d'abord de ton œil la poutre, et alors tu verras à ôter le fétu de Tœil de ton frère. »
Luc, VI, 39. Et il leur dit aussi une parabole : « Un aveugle peutil conduire un aveugle? Ne tomberont-ils pas tous deux dans la fosse ?
40. Le disciple n'est pas au-dessus du maître, el tout (disciple) parfait sera comme son maître. 41. Et pourquoi reg"ardes-tu le fétu qui est dans l'œil de ton frère, tandis que tu ne remarques pas la poutre qui est dans ton propre œil? 42. Comment peux-tu dire à ton frère :
« Frère, laisse-moi ôter le fétu qui est dans ton œil )i, ne regardant pas la poutre qui est dans (ton) œil à loi? Hypocrite, ôte d'abord la poutre de ton œil, et alors tu verras à ôter le fétu qui est dans l'œil de ton frère. »
Certaines personnes, qui aiment à s'occuper des défauts du prochain, pourraient vouloir s'excuser sur le désir quelles ont de les corrig-er. Ainsi faisaient les pharisiens qui cherchaient à promouvoir en même temps l'obserA-ation minutieuse de la Loi et leur propre influence. Jésus pense que ce beau zèle doit s'exercer d abord sur celui qui en est possédé, d'autant que la matière ne manque pas. On voit dans l'œil du prochain une esquille de bois ou un fétu de paille', et l'on a dans le sien une poutre- que l'on ne veut pas remarquer. Que l'on se regarde soi-même, avec les grands défauts dont on est affligé ; il est plus pressant d'y remédier que de prétendre soulager autrui de ses imperfections. Ce souci alFecté de la correction fraternelle part d'un principe d'orgueil beaucoup plus blâmable que les menues fautes du prochain ; il ne tend pas réelle-