‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 515 sur 829 · Cf. p. 628, n · texte numérisé non relu

Cf. p. 628, n

un serpent a lenfant qui lui demande un poisson. Le pain et le poisson étaient la nourriture ordinaire du peuple dans le voisinaii;e du lac de Tibériade. On les retrouvera dans les récits évang'éliques '. La pierre s'oppose au pain, parce qu'il y avait analog'ie de forme et de couleur^; il ne s'ag-it pas d'une pierre jetée, mais dune pierre donnée, qui serait inutile pour la nourriture. Pour le poisson du lac et le serpent, il y a la même ressemblance extérieure ; mais c'est une chose dang-ereuse qui serait donnée au lieu d'une chose mangeable. Luc a un troisième exemple, celui du scorpion donné au lieu d'un œuf : exemple moins bien choisi, parce que la ressemblance extérieure faisant défaut entre l'objet demandé et Tobjet donné, l'enfant ne pourrait pas s'y tromper un seul instant. C'est comme bête nuisible que le scorpion fait pendant au serpent. L'exemple du pain manque dans quelques témoins ' de Luc, et il a dû être ajouté, d'après Matthieu, dans le texte ordinaire. Luc, sans ég-ard à la couleur locale et à la vraisemblance, allég-uait la sid^stitution de deux bêtes nuisibles à deux aliments utiles ; peut-être a-t-il cru fortifier l'antithèse, et trouvé que la pierre ne disait pas assez.

Si les hommes, bien que méchants, ne refusent jamais de donner à leurs enfants ce qui est bon, ce qui convient à leur besoin et à leur santé, à plus forte raison Dieu donnera- t-il ce qui convient à la nécessité spirituelle et corporelle de 1 homme qui le prie. Les hommes sont dits (^ méchants ^ » par conqoaraison avec Dieu, qui seul est bon -'. Il serait arbitraire de trouver dans cette épithète une allusion au péché orig-inel, ou à la condition morale des auditeurs, qui peuvent tout aussi bien être les disci]>les que le peuple. Tous les hommes sont dits méchants, comme les serviteurs de Dieu sont dits ailleurs 'J inutiles. L'antithèse est entre les parents de la terre, imparfaits comme tous les hommes, et le Père céleste, qui est parfait et parfaitement bon. Ce Père n'est pas seulement celui des croyants et des justes, mais de tous les hommes ; tous sont ses enfants, et, Juifs ou païens, justes ou pécheurs, sont plus sûrs

i. Récits de la multiplication des pains, et Jn. xxi, 9, 13.

2. Sur ce rapport de pierre et pain, cf. Mt. iv, 3, et Le. iv, 3 ; su/)/-, p. i-17.

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