In. h. loc
2. Le. XVI, 16. ô vojj.o; zaî oî TCooçrjtai [>-i-/o>. 'I<))âvo'j.
3. V. 13. "âvxe; yàp o! TCpocprJTat xal 6 vo[j.o; èo); 'Iroâvoj £7:foçrJT£j7av. Ss. omet xal ô vdaoç.
LE MESSAGE DE JKAN-RAPTISTE 671
rÉcriture lui est comme un recueil de prédictions formelles ou typologiques ; mais le sens primitif n'est pas précisément qu'il s'est fait jusqu'à Jean des prophéties que le royaume accomplit maintenant; il s'ag-it de deux économies qui se succèdent, celle de la pré|)aration. qui atteint son point culminant dans la personne de Jean, et celle du royaume, qui commence avec l'Evang'ile. « L.a Loi et les Prophètes jusqu'à Jean ; depuis, le royaume ». Aussitôt que Jean a été emprisonné, Jésus a prêché l'Evang-ile, et l'Evangile est déjà le royaume.
Mais sur cette idée qui ne semble pas avoir entièrement satisfait les évangélistes, puisqu'ils l'ont atténuée, Matthieu, en ne marquant pas la succession du royaume à l'économie ancienne, Luc, en disant : « le royaume de Dieu est annoncé ' », se greffe la remartjue touchant l'état du royaume ; et cette remarque, où Luc a voulu voir la leçon principale du passage, pourrait avoir été comprise diversement par les deux évangélistes. Elle ne semble avoir gardé son développement original que dans Matthieu. Luc n'en retient qu'une partie, et paraît l'entendre de l'empressement avec lequel certains voudraient, pour ainsi dire, faire violence au royaume de Dieu en y prétendant sans en être dignes -, soit plutôt peut-être des violences exercées contre les disciples de l'Evangile. Le terme employé par Matthieu pour désigner les envahisseurs du royaume, <( les violents "^ », serait assez mal choisi s'il s'agissait de faire valoir l'énergie que réclament la pénitence et le renoncement évangéliques ; il ne conviendrait guère mieux pour qualifier l'impatience de ceux qui voudraient, comme Jean, voir tout de suite venir la fin du monde. Si l'on a en vue les gens qui entrent dans le royaume, on ne leur attribue pas les sentiments de Jean, qui reste en dehors.
2. Le mot [jiâ'Çszon peut se prendre au moyen, et signifier lirruption dans le royaume (cf. Ex. xix, 24. LXX), ou au passif, et marquer la pression exercée sur ceux qui entrent, d'après xiv, 23. Ce dernier sens est peu vraisemblable. Mais le premier peut s'entendre d'une irruption hostile, ou d'un empressement vers le royaume ; et cet empressement peut être conçu comme louable ou non. Comme l'évangéliste paraît vouloir combattre des gens qui ne comprendraient pas la véritable économie du salut, on peut choisir la dernière interpi'étation (cf. Le. xrii, 24) ; mais Luc peut avoir pensé aux persécutions subies par les chrétiens.
3. V. 12. 0L~6 0£ Tfôv f|ij.£pfov 'l'oâvo'j To2 |ja-T'.aTo2 jVoç àpTt fj ,ja7'.À£''x twv oùpavôiv ^tâi^exa'. xal ^lasTai àp7:aiJouaiv a.ùi:r[v. Les deux membres de ce v. se font équi-
D'après le premier Evangile, « depuis les jours de Jean-Baptiste », c'est-à-dire depuis le temps de sa prédication, qui a pris fin par sa captivité, temps qui paraît déjà fort éloigné, depuis lépoqueoù Jean annonçait la venue du règne de Dieu, et où ce règne a commencé, « le rovaume des cieux est violenté, et des violents le prennent ». La Aaolence en question ne peut être une qualité du royaume, mais un inconvénient qu'il subit. Le sens le plus naturel des mots serait peut-être que le royaume est violenté par des ennemis qui ne songent pas à en profiter, et qui le dérobent, non pour en faire leur bien, mais en tant qu'ils empêchent les croyants d'en voir la pleine réalisation •. A la vérité, on ne voit pas comment le royaume pouvait subir une violence réelle, et Jésus le dire violenté quand sa prédication ne rencontrait aucune difïiculté. Mais le Christ appréciait-il la situation du royaume comme les historiens modernes apprécient la situation du Christ? Est-il invraisemblable que Jésus ait expliqué l'état précaire du royaume dans le présent, et le retardement de sa manifestation, par l'espèce de contrainte que le monde extérieur, la force pvdilique, les autorités constituées, du seul fait de leur existence, ne laissaient pas d'exercer sur le mouvement évangélique ? N'a-t-il pas pu dire que les puissants du monde volaient le royaume au croyants, parce qu'ils mettaient provisoirement obstacle à l'avènement du règne de justice - ? N'était-il pas dans la nature du royaume d'être parfait, et s'il ne l'était pas dès le début, n'était-ce pas à raison des circonstances au milieu desquelles il avait dû commencer? Mieux vaudrait encore peut-être se placer au
libre; il n'y a pas lieu de 'supposer que le premier serait dédoublé du v. 13 (Le:. XVI, 16 a) et que le second doit équivaloir pour le sens à Le. xvi, 10 h (Wernle, Synopt. Fracje, 66).
On pouvait lire dans la source, après Mr. 7-*J, 11 : b vo|j.oç xai oi 7:poï)?iTa'. |xi/p'. 'l'oâvo-j"
v.cd PiaaTat àoTiaÇoua'-v aùxTÎv.
Venait peut-être ensuite Mt. xxi, 28-33, que l'évangéliste aura transposé et remplacé ici j)ar les vv. 14-15 ; suivait enfin la parabole de xi, 16-19.
1. Cf. Dalman, 113-116. On ne peut fonder cette opinion sur l'araméen hypothétique auquel correspondrait notre texte grec. A plus forte raison ne doit-on pas alléguer en sens contraire l'hébreu de A. Resch, 111, 441. D'autres [ap. HoLTZMANN, 237) oul VU daus les « violents » les pharisiens (Hilgenfeld, Paul), ou les hérétiques (Pfleiderer).