‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 549 sur 829 · Cf. Mekx, II, I, lÙO · texte numérisé non relu

Cf. Mekx, II, I, lÙO

point de vue des premiers chrétiens, argumentant contre les Juifs, spécialement contre les sectateurs de Jean, et déclarant le royaume venu avec le Christ, mais entravé, comme la manifestation glorieuse du Sauveur lui-même, parla malice des hommes.

Si l'on ne veut pas que telle soit la pensée de l'évangéliste ni celle de Jésus, si Ton croit que ceux qui volent le royaume le prennent sans doute pour eux, rien ne faisant entendre que la manifestation du royaume soit retardée par l'espèce de violence qu'il subit, on pourra dire que les « violents » sont ceux qui adhèrent à l'Evangile ; mais ils ne sont pas qualiiiés ainsi pour être loués ' ou blâmés 2, à raison de leur empressement. Jésus vise plutôt la qualité que les dispositions intérieures des personnes dont il parle. Le royaume est violenté, parce que ce ne sont pas ceux qui semblaient y avoir droit et l'attendre qui s'en emparent ' ; ce sont des conquérants d'aventure qui le prennent, publicains et pécheresses, et qui ont l'air de voler ce qui revenait à d'autres ; ainsi le royaume est comme au pillage. Cette hypothèse semblera probable, si l'on admet que la parabole des Deux fils, avec application au judaïsme officiel et aux pécheurs qui formaient la clientèle de l'Evangile, s'est lue d'abord en cet endroit. Mais la question est de savoir si la sentence sur les rapports de Jean avec le royaume, et la parabole des Deux tils ont même origine, si la sentence ne serait pas postérieure à la parabole dans la tradition, même écrite, de l'Evangile.

Quoi qu'il en soit, Matthieu a traité la sentence comme accessoire, ou bien il a cru devoir la pallier en dissimulant, pour ainsi dire, la situation du royaume derrière le rôle de Jean-Baptiste. On dirait (|ue l'état du royaume n'est exposé que par rapport à lui, et pour compléter les renseignements que l'on donne à son sujet. L'cvangéliste a écrit que le plus petit dans le royaume était plus grand que Jean ; il glisse aussitôt la parole concernant la violence subie par le royaume , puis il amène la réflexion sur les Prophètes et la Loi, qui aboutissent à Jean, afin de terminer le développement en

1. HoLTZMANN. loc. cH., soit <]u"il s'iiyisse des cflorts uiénloires delà pénitence (Keil , ou des sacrifices extraordinaires accomplis pour lÉvangile, et de la loi (jui anticipe raccomplissenient du royaume fBaldensperger, Wendt).

2. B. Wf.iss, E. 71, disposition des zélotes qui voudraient amener par la force la réalisation du royaume.

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